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PROJET ÉCRIT PAR FOUCQUET

Si l'on se contentait de les tenir resserrés, lui et son frère, sans autre persécution, il faudrait laisser passer deux ou trois mois, sans que les amis fissent voir de mécontentement inquiétant. On ne prendrait que des mesures préparatoires.

Ce plan de défense est en vérité bien anodin et ne répond pas à la hardiesse du préambule. La suite n'est pas moins surprenante.

Le premier défenseur nommé, le chef de la défense, est une femme, Mme du Plessis-Bellière, « à qui, disait Foucquet, je me fie de tout, et pour qui je n'ai jamais eu aucun secret ni aucune réserve, seroit celle qu'il faudroit consulter sur toutes choses, et suivre ses ordres si elle estoit en liberté, et même la prier de se mettre en lieu sûr » .

Mme du Plessis-Bellière était veuve depuis dix-huit mois (décembre 1655) du lieutenant général de ce nom, mort à Naples dans l'expédition du duc de Guise. Elle appartenait, comme on Ta déjà dit, à la famille de Bruc, de noblesse bretonne, ce qui explique ses rapports avec les Foucquet, et en particulier le soin qu'elle prit de la fille ainée de Nicolas. Bien qu'elle ne manquât ni d'agrément ni d'ingéniosité dans l'esprit, elle était surtout connue par son courage et par son aptitude aux affaires de finances. Aussi bien avait-elle besoin de compter serré : son mari, bon soldat, n'ayant gagné que la mort au service du Roi, la laissait veuve, avec des enfants h établir. Mazarin lui avait bien fait de grandes promesses, mais elle connaissait la valeur des promesses de Mazarin. Née en 1605, de dix ans plus âgée que Foucquet, elle entrait dans sa cinquante-deuxième année. Sa réputation était intacte, et n'a été contestée que longtemps après par des écrivains ignorants ou prévenus.

Suivant le cours de ses imaginations, Foucquet, après avoir nommé sa généralissime, chercha des lieutenants, désigna d'abord le père de son gendre, le comte de Charost,

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gouverneur de Calais. Son gendre conduirait dans celte place sa femme, fille de Foucquet. Mme du Plessis-Bellière était chargée de rappeler à la jeune marquise ses obligations envers son père, Thonneur qu'elle acquerrait en tenant par ses caresses, par ses prières et sa conduite, monsieur son beau-frère et son mari dans les intérêts du surintendant»

Puis, venait M. de Bar, gouverneur d'Amiens ; par lui, o» aurait peut-être M. de Bellebrune, gouverneur de Hesdin, et Mondejeu, gouverneur d'Arras. C'était encore Mme dit Plessis-Bellière qui devait obtenir de M. de Bar > tout ce que dessus » . £n troisième ligne , Foucquet songeait à MM. de Créqui, Feuquières, Fabert, d'Estrades. Pures chimères.

Quelques hommes de main, du Fresne, Lagarde, Devaux^ Bellegarde , des sergents de la compagnie de Maupeoii devaient se jeter dans Ham, qui appartenait à l'abbé Basile.

On préviendrait Deslandes, capitaine de Concarneau, petite place sans dehors, sans réduit, que Foucquet venait de reprendre, il y avait six mois, au président Foucquet- Chasiain, en payement de vieilles dettes. La transmissioi» n'en était pas même régularisée. Deslandes, plus particulièrement domestique de l'abbé, y commandait en attendant le jour où l'on pourrait donner ce gouvernement au dernier frère de Foucquet. Au surplus, le surintendant ne voulait point d'éclat en Bretagne. Ordre de ne pas parler, de se tenir en repos, pour ne pas donner de prétexte contre les prisonniers; Deslandes devra seulement fortifier sa place ei> secret, rassembler ses vaisseaux, se préparer « pour quand* il seroit temps ' » .

Du Fresne se tiendra dans Tombelaine, et y amassera des vivres.

I Défenses^ t. Y, p. 49. Le traité est du 8 décembre 1656. Lecat et Le Sommelier, notaires à Paris. Défensesy t. X, p. 255. La démission de Chalaio

en faveur de inessire Foucquet (le prénom en blanc) est du 18 juillet

1657. Ibid,

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