‹ Nicolas FoucquetChapitre 13 sur 183 · FOUCQDET COLONISE LES ANTILLES. ETC · texte numérisé non relu

FOUCQDET COLONISE LES ANTILLES. ETC

Ils faisaient de leur mieux, dans ces temps difficiles où le principe d'autorité dominait et écrasait celui du droit'.

On vient de voir la vie de François Foucquet dans sa partie la plus dramatique comme la plus fâcheuse. Elle eut une autre face, moins pénible, remplie par des occupations plus honorables, où Ton retrouve cet homme vraiment remarquable appliqué tantôt aux missions diplomatiques, tantôt aux entreprises commerciales.

En 1627 (30 mars), il contresigna les lettres patentes établissant une fabrique de tapisserie à la Savonnerie^. En 1630, à Roanne, il présenta à Richelieu revenant de Pigneroi des observations sur le traité de Ratisbonne'. On le trouve ambassadeur auprès des cantons suisses ^. Mais la grande occupation, Tœuvre de sa vie, ce fut l'organisation de la marine marchande et la colonisation des Antilles.

On se souvient de l'expédition partie sous la conduite de Belain d'Esnambuc. Elle emportait cinq cents hommes, pour la plupart pauvres gens ramassés sans choix, peu accoutumés aux fatigues de la mer. Les 38,000 livres d apport en argent avaient été si mal ménagées qu'à peine à deux cents lieues des côtes, les vivres manquèrent; on dut rationner le pain et Teau. Un grand nombre des émigrants périt en chemin. Sur les soixante-dix hommes de la Cardinale, seize seulement débarquèrent à Saint-Christophe ^.

Comme on Ta dit plus haut, cette île, occupée simultanément par les Français et les Anglais, avait été partagée entre

' Dans le Supplément a t histoire de France du président Hesmaclt (Paris, 1756, p. 143), on lit ce qui suie : « M. d'Ormesson résista avec fermeté aux ministres f)ui vouioient le faire périr (N. Foucquet). M. Foucquet, père du surintendant, s'étoit fait le même honneur dans de pareilles circonstances. »

* Lacordairb, Notice historique sur les Gobelins.

* Lettres de Richelieu, t. III, p. 948.

^ 29 avril 1629, Fr. Foucquet demande de rar{>ent pour se rendre, comme ambassadeur, à Soleure. Archives du ministère des affaires étrangères, France, 790, f** 139. Pièce communiquée par M. A. Moran ville.

^ Du Tertrk, Établissement des Français aux Antilles d'Amérique, t. I, p. 15.

les deux nations; mais là où le colon français arrivait épuisé, sans ressource, sans instruments de travail, 1 Angleterre envoyait des hommes soigneusement choisis au départ, solidement nourris pendant la traversée, bien équipés au débarquement. Aussi, au bout de peu de temps, ces derniers commençaient à crier tout haut qu'il n'était pas raisonnable qu'une si cljélive colonie que la Française les empêchât de s'étendre sur un territoire dont elle ne savait pas tirer parti*.

L'inFatigable d'Esnambuc remit à la voile pour la France, excita l'amour-propre du Cardinal, Tamour du gain des seigneurs de la Compagnie. Six vaisseaux du Roi, aux ordres du commandant Cahuzac, furent chargés de défendre les colonies contre les Anglais et les Espagnols (juin 1629). Le concours de l'Etat, s'il ne coûte rien, n'est guère efficace. Le chef de l'escadre royale, après une leçon donnée aux Anglais, ne voyant pas venir les Espagnols, abandonna Saint-Christophe pour courir la mer à son profit*. Tout aussitôt, les Espagnols arrivèrent, chassèrent les Français, qui, abandonnés par la mère patrie, ne reprirent possession de leur île qu'avec l'aide de négociants hollandais, très entendus au trafic colonial'.

Ce fut encore François Foucquet que Richelieu chargea, à la sollicitation de d'Esnambuc, de réorganiser la Compagnie des Cent Associés, qui devint la Compagnie des îles de l'Amérique*.

Dans l'acte passé devant Cousinet, notaire à Paris (mai 1635), on retrouve le caractère national avec ses qualités et ses défauts. « Les sauvages convertis seront réputés François, capables de toutes charges, honneurs, successions,

* Du Tkbtre, Êlahlissement des Français aux Antilies (TAme'rirfue, t. I, p. 22.

^ MinCRY, Les Normands aux AntiUes, p. 33. Les détails de cette période de Phistoire de la colonisation ne sont pas encore très bien précisés^ mais Tensemble est indiscutaMc.

* De Tertrk, t. I, p. 36.

^ Di' Tertre, t. I, p. 71.

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