‹ Nicolas FoucquetChapitre 14 sur 183 · COLO>IES DU CAISADA, DE LA GUYANE · texte numérisé non relu

COLO>IES DU CAISADA, DE LA GUYANE

donations. Les prélats, ecclésiastiques, gentilshommes, officiers peuvent s'associer sans diminuer en rien leur noblesse, qualités, immunités» , etc. '. Tous les principes de la société anonyme se retrouvent nettement énoncés dans ces statuts.

François Foucquet, conséquent avec ses principes, s'employa pour obtenir l'envoi à la Guadeloupe, à la Martinique, de missionnaires soit Dominicains, soit Jésuites ^, Jésuites surtout, et il u fit en sorte que les seigneurs de la Compagnie traitassent avec ces derniers » . Deux Pères y furent massacrés. Les Dominicains se plaignirent d'autant plus de l'espèce d'exclusion dont ils avaient été l'objet.

En 1G35, à côté de la Compagnie des Antilles, on établit celle de « Sénégal, Cap Vert et Gambie » , où Foucquet possédait un trente-deuxième d'intérêt'; la Société du Miscou, nom donné alors au Canada. En i()38, les vues se portèrent vers le cap Nord et « le Maroni » , aujourd hui la Guyane^, où des marchands rouennais trafiquaient depuis

* Art. III des statuts. M. Mai*gry a consulté les registres de la Compa{>nie des i:$les, qui avaient été conservés chez N. Fouc(|uet jusqu'au tem])S de sa disgrâce. C'est là que le Père du Tertre les avait vus. L'étude de M. Lefebvre, notaire .1 Pari^, garde dans ses minutes des actes très nombreux relatifs à cette Compagnie. Les plus importants sont indiqués dans l'Inventaire après décès de F. Foucquet, en 1640.

* F. Foucquet eut commission de s'adresser au R. P. Carré, supérieur du couvent du faubourg Saint-Germain, « du<|uel il avoil entrepris l'établissement •aydé des libéralités de M. le Cardinal • . ■ M. Foucquet, qui aymoit la Compagnie desRR. PP. Jésuites, fit en sortequelesseigneurs traitassent avec eux. » Du Tertre, t. I, p. 71, 118, 119.

* 27 janvier 1635, titre cité dans l'Inventaire après décès de F. Foucquet. Le créateur de l'affaire était un sieur Rozée, de houen. On y cite encore « un livre in-folio couvert de parchemin, dans lequel sont escriptes les affaires de la mer, dont les pièces ont esté cy-dessus inventoriées, inventorié sur la couverture 75 • . Étude de M^ Lefebvre, à Pari^.

' Vers la fin de 1638, « M. Foucquet, conseiller d'État, assez connu par sa grande capacité dans les affaires, porta Messieurs de la Compagnie d'Amérique ù demander à nos Pères pour assister les François et travailler à l'instruction des sauvages, et comme il avoit une trè.H grande affection pour la conversion des infidèles, il voulut lui-même en faire la proposition à nos supé. rieurs n . Missions de Cayenne, Paris, 1857, Justin Lasnier, éditeur. Dans cette édition, on n confondu François Foucquet avec Nicolas Foucquet, son fils.

60 NICOLAS FOUCQDET.

1633. Trop de fougue à l'entreprise; pas assez de persëvérance à Texécution. A peine venait-on de lancer TafFaire de Cayenne, que Ton recevait de la Martinique des nouvelles alarmantes. L'honnête président était plein d'illusions, dit un missionnaire contemporain. Le reproche paraît fondé. Cependant, c'est aux efforts de François Foucquet que notre pays dut ses premières colonies. Il y expédia plus de dix mille émigrants. Émigrants, disons-nous, et non pas colons. De cet amas de pauvres diables, ce qui n'était pas mort en route traînait à terre une vie de naufragés. Plus encore que les conquêtes belliqueuses, l'occupation pacifique des terres nouvelles demande des vaillants et des forts, plus que des forts et des vaillants, elle exige des laborieux et des obstinés. Il y faut planter, non des branches desséchées, mais les rejetons les plus vivaces des familles. Or, dès ce temps-là, à l'exception de quelques cadets normands, on ne voit pas un seul fils de père aisé traverser la mer. A ces petits messieurs, on gardait en Europe des places lucratives ou honorifiques parmi les seigneurs des Compagnies. Là se borne trop souvent l'effort de notre génie colonisateur.

Foucquet, chargé de la direction des affaires de commerce et de marine, posséda en fait, sinon en titre, la fonction de président de section dans le conseil d'État*. C'est au même titre qu'il fit partie, en avril 1634, de la commission chargée de déterminer la ligne méridionale, « hors de laquelle tout estoit de bonne prise sur mer » , et d'indiquer comme premier méridien celui qui passe à l'île de Fer*.

On trouve parmi les membres de cette commission des noms devenus illustres, ceux de Pascal et de Du Quesne. François

* Dans VEiat au vrai de la marine pour 1635, Foucquet père est nommé « conseiller du Roy en son Conseil d'Estat et de la marine • , avec 2,000 livres d'appointements. Correspondance de Sourdisy t. III, p. 366; Collection des Documents inédits relatifs h Vhistoire de France. Cf. Savahy, Pratique du commerce, t. I, p. 204, 207.

' Mercure, t. XX, p. 182. Jal, dans son Abraham Du ^luesne, ne mentionne pas ce fait.

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