VIE PRIVEE DE FR. FOUCQUET
Foucquet s'y rencontrait avec un de ses alliés, Daniel Hay ', abbé de Chanibon, doyen de Vitré, académicien et mathématicien.
Cette mission dut être un délassement et une satisfaction d'amour - propre pour notre conseiller d'État , homme d'études et de savoir, il possédait une collection de cartes, les deux plus beaux {}lobes alors connus, l'un géographique, l'autre astronomique, il formait une nombreuse bibliothèque. Ses livres, soigneusement choisis, étaient richement reliés et marqués de deux ^^ enlacés, lettres initiales de son nom.
François Foucquet était effectivement, comme le disait Goulas, « un bon homme tout chrétien et tout vertueux » . Quant à sa femme Magdelaine, c'était une sainte. Lorsqu'en 1G34 le Père Vincent fonda l'œuvre des Dames de la Charité, elle fut l'une de ses premières assistantes, avec Elisabeth d'Aligre, femme du chancelier Séguier, avec Anne Pitou, sœur du président Machault, avec Mme de Lamoignon. Au point de vue mondain, l'œuvre procurait de belles relations; mais, en vérité, l'amour du bien dominait dans ces âmes d'élite. Jamais piété ne se montra plus sincère ni charité plus délicate. Le premier soin de ces nobles femmes fut de libérer les malades pauvres de l'obligation de se confesser en entrant à l'Hôtel-Dicu ^.
Le ciel récompensait les Foucquet en augmentant leur famille. En 1635, ils comptaient autour d'eux six fils et six filles, reçus avec joie, élevés avec soin. On ne perdait pas de temps pour établir les enfants. Dès 1631, avant la naissance de ses deux derniers frères, Louis et Gilles', l'aîné des garçons, François Foucquet, cinquième du nom, était déjà
I Olivbt, Histoire de C Académie française, p. 337. C*cta!t le frère de Paul Hay, académicien.
* Vie de MUe Legras, p. 118, d'après des manuscriu conservés aux archives de la Mission.
* Louis, né le 16 septembre 1633 ; Gilles, en 1633.
pourvu d'une charge de conseiller au Grand Conseil *, « en considération des services de son père » .
On ne s'occupa pas avec moins de diligence d'ouvrir une carrière à son frère puîné Nicolas.
En Fait, c'est ce putné qui devait, avec ses bénéfices et ses charges, en bien comme en mal, recueillir l'héritage de la famille Foucquet. A chaque page qui va suivre, le lecteur reconnaîtra l'influence dupassésurle présent, tant il est vrai que rien dans la vie des hommes, pères et enfants, familles et individus, n'est produit sans cause et ne reste sans effets.
^ Kibl. nat.. Cabinet des titres, Pièces orijjinnlcs, dossier Foucquet, p. 387 h 396. Extrait des titres servant ^ la preuve de la noblesse de Louis- Charles- A u{vusle Foncquet, comte de Belle-I^le, etc. F. Fouccpiet fut pourvu le 4 décembre 1631 et obtint lettres de dispense d'à(>e le 2 août 1632. Dans rinventaire après décès des biens de F. Foucquet, son KIs reconnaît que sa charge appartenait à son père, ipii l'a payée. Cote 9 de l'Inventaire. Etude Lefebvre, a Paris.