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SON PROJET DE DÉFENSE A GOURVILLE. ADJUDICATION DES

GROSSES FERMES. PROJETS FINANDERS DE FOUCOUET. MAU- VAIS RAPPORTS DE FOUCQUET AVEC LAMOIGNON ET TALON.

SITUATION DIFFICILE DE FOUCQUET. — IL ÉCRIT A LA REINE MÈRE. — MARIAGE DE GILLES FOUCQUET.

(Janvier-avril 1660.)

Optimiste et inquiet à la fois, Foucquet, ma]{jrc sa victoire sur Colbert, ne se dissimulait pas la gravité du péril couru. De toute part, de Paris surtout, des avertissements étaient venus, un entre autres, le plus significatif de tftl^. Ses commis ne trouvaient plus d'argent. Son crédit périclitait, et le crédit, c'était tout Tliomme.

Les épreuves abattent les uns, surexcitent les autres. Foucquet s'irrita.

C'est, en effet, vers ce temps-la que, conférant avec Gour ville, dans son petit cabinet de Saint-Mandé, de l'autre côté de la route, et pour prouver à son confident qu'il n'était pas homme à se laisser si facilement renverser, il montra son plan de défense » en cas d'oppression » . Il se mit à le lire; mais, à mesure qu'il lisait, toutes ses combinaisons semblaient se transformer en chimères. C'était comme un grand jour dissipant les vapeurs de la nuit. Le sceptique Gourville ne dissimula pas son sentiment ni le peu de secours que « le patron » pouvait tirer de lui. Tel gouverneur d'Amiens, sur qui l'on faisait fonds, arrêterait l'agent du surintendant.

498 MCOLAS FOUCQUET.

Le fait est que Foucquet n'avait guère suivi son idée. Madame d'Asserac avait vendu Tile Dieu. Deslandes n'occupait plus Concarneau. Belle-Isle n'était pas en état. Lamoignon, réputé jadis une des colonnes de la défense, affectait Tindifférence, La Rochefoucauld également. Restaient quelques clients de second ordre, lés uns plus, les autres moins surs, tous sans valeur.

GouiTille n'eut pas de peine à démontrer l'inanité du projet. Foucquet, d'ailleurs, en convint. Homme de bon sens et de décision, il résolut de brûler immédiatement cette élucubration malencontreuse. Déjà une bougie était allumée. Une visite survient, la bougie est éteinte et le papier fatal hâtivement caché derrière une glace *.

Aussi bien, esprit vif et ingénieux, le surintendant avait déjà imaginé un meilleur moyen de consCàVer sa puissance.

Tout d'abord, par un procédé qui lui était ordinaire, plus on le discuta, plus il se montra impérieux. Ne pouvant toucher à Colbert, il s'en prit à Herwarth, qu'il savait bien qu'on ne défendrait pas *. Il l'écarta des affaires; il voulut même rembourser ce préteur sur gages, retirer des diamants consignés au Francfortois par la Reine et par son ministre. Plutôt que de solliciter les traitants, il usa ses dernières ressources personnelles. Tant d'assurance étonna, et la confiance fut encore une fois reconquise. Alors, comme s'il eût eu de l'argent plein ses caisses, Foucquet tenta ui> coup de partie. Une clause du contrat des grosses fermes, aides et gabelles en permettait la résiliation dès que la paix serait faite. Les baux sont résiliés et de nouvelles adjudications annoncées pour janvier 1660. Les traitants, vieux routiers, se tinrent sur la réserve. Foucquet, aussi fin qu'eux, avait pris des mesures contre cette grève. Aujourd'hui, les ministres des finances soutiennent les cours de la rente. Le surintendant se munit d'avocats qui soumission-

» GounviLLE, Mémoires, p. 530; Défenses, t. XVI, p. 158. « Vcfcnses, t. V, p. 32.

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