DIFFICULTES AVEC TALON
tout prêta à ces derniers son appui dans le Parlement '.
On avait saisi à Abbeville, sur des Hollandais, certaines huiles entrées en fraude. Un huissier du Parlement s'y rendit, requit la force armée pour faire lever, en vertu d'arrêts de la Cour, une saisie pratiquée au nom du Roi. Le commandant d' Abbeville déclina discrètement la réquisition de cet huissier, qui revint à Paris sans avoir rien fait. Aussitôt, Talon entra dans la Grand' Chambre, fit décréter contre le commandant d'Abbeville. Il en écrira au Roi, au Cardinal; il prend sur lui de faire autoriser ce que le Parlement résoudra. Sur sa parole, sur cette garantie donnée par un homme parlant au nom du Roi, la Cour rend un arrêt conforme aux réquisitions de Talon *.
Autre conflit. Des officiers des eaux et forêts de Paris ayant pris des bois de chauffage au delà de leur titre, un arrêt du Conseil d'État les condamne. Plusieurs s'exécutent. Quelques-uns trouvent accès auprès de Talon, qui reçoit leur requête, et, sans la communiquer au procureur général, surprend un arrêt du Parlement défendant d'exécuter celui du Conseil. « Votre Éminence, écrit Foucquet, void par là que touthomme connu de M. Talon ne paye plus que ce qu'il veut, et que les arrêts du Conseil ny les ordres du Roy ne le retiennent pas. On ne les oze plus exécuter que soubz son bon plaisir. Les advocats (généraux) qui l'ont précédé n'ont jamais entrepris d'escrire au Roy à mon préjudice. C'est à moy seul h le faire quand il y a chose qui le mérite ou qui est ordonnée; mais luy, il s'offre et se charge d'obtenir des révocations d'affaires bien establies. Si cela estoit reçu etavoit son effect, son authorité seroit grande pour destruire les finances, et la mienne foible pour les soutenir. » Foucquet espère donc que le Cardinal « mettra des bornes aux entreprises téméraires
* Foucquet, en recevant ccg lettres, dcclare qu'il fera le possible pour n'en pas user et inénn{;er Tautorité du Roi. Lettre du 26 mars 1660. s Foucquet à Mazarin, 22 août 1660.
d'un jeune homme qui veut acquérir de la réputation aux despens de Tauthorité royale ' » . Dans une lettre adressée à Le Tellier, dont il recherchait Talliance, il ajoutait que derrière les opposants se trouvaient des étrangers*. Il disait vrai. Les Hollandais, jugeant la mesure propre à fovoriser la marine française, la traversaient tant qu'ils pouvaient *.
Mazarin, au Fond, se défiait de cet avocat général, trop r.élo : « Si la bonne volonté de M. Talon, disait-il, doit s'acheter au prix de mon silence dans les entreprises qu'il fait au prt^udice du service du Roy, dans le Parlement, je m y oppose *. » La lettre de Talon fut renvovée « non ouverte » , ce qui en était la plus sévère condamnation. Foucquet prétendit même qu'il fut question de destitution. Mais Mazarin n aimait pas les mesures aussi radicales.
Au reste, le procureur général ne négligeait rien pour prouver son zèle et son dévouement. La police surprenait-elle quelque exalté se répandant en paroles exécrables contre la Ueine et le ministre, on logeait sans bruit le quidam à la Bastille. Le sub>titut de Langres ayant consulté son chef sur certaine affiiire quon nexplique pas. Foucquet consulta à son tour Mazarin, mais en donnant son avis. Il ne convenait pas de * laisser juger cet homme r ; en appel, son procès viendrait au Parlement, où « ces sortes de fous disent des sottises qui sont désagréables « . Selon le châtiment ordonné par les juges et les différents avis, « on peut avoir du chagrin t . « U faudrait tirer par ordre du
* V.v^.^ur: à MJuana. 22 jkv:i 16^. Cf. \ttire ém% mifs 16et Je F^
* Lrïirc d^' F,^ac^raM À Le T«ltî«r. S mAÎ i6$IL Khlwtfcè|— »^ fr., <i«fcS. f» 1?7.
* V. U fv.--v->ycwt>3jiiK* «mirv d*- \Vi« « Va» Be^anuig, C^rretpÊmdmmce Je