MAISON DE FOUCQUET A PARIS
Sa générosité ne se bornait pas à mettre de l'argent à la disposition des peintres et des sculpteurs. Il discutait leurs plans, leurs esquisses, leurs maquettes. C'est même ce qui le perdit. Tout ce qui ne satisfaisait pas son idée était condamné, démoli, effacé, jeté au rebut, puis recommencé, jusqu'à ce qu'on eût trouvé Tidéal du maître. Architectes et artistes ne sont que trop enclins à ces grandissements de projets, à ces raffinements du goût ' .
Ce n'est pas à Paris que Nicolas se livra à sa passion. De la maison paternelle, rue de Jouy, il passa dans celle de sa seconde femme, rue Vieille-du-Temple *, habitation modeste, mais entourée d'assez vastes jardins. Puis, se rapprochant du Palais et du Louvre, il vint, vers 1658, habiter rue Saint- Honoré, dans une maison que lui vendit, moyennant 300,000 livres, son frère l'archevêque de Narbonne*. Il s'y plaisait^ mais Mazarin, voulant l'avoir plus près de lui, le contraignit en quelque sorte à acheter, au prix de 370,000 fr. , l'hôtel d'Émeri. C'était une construction entièrement moderne, que le surintendant de ce nom avait fait élever sur les terrains déclasssés des anciennes fortifications de Paris. On l'appelait VUôtel commode^. La porte d'entrée donnait sur la rue Croix-des-Petits-Champs, avec une sortie sur la rue des Yieux-Augustins. Il était mitoyen avecThôtei de La Vrillière. Les jardins, assez grands, couvraient le tiers de la place actuelle des Victoires \
1 « Ceux qui sont employez h ces ouvrages engagent toujours les hommes par de petits commencements, plus avant que n*estoit la première proposition. » Défenses, t. IX, p. 50.
* Elle est indiquée sur le plan de Paris par Gombaut, dressé en 1685. Un hfite\ existe encore sur cet emplacement, dans la rue Courtanvillain, aujourd'hui rue MicheULecomte. L*bAtel de Foucquet occupait le coin des trois rues actuelles : Michel-Lecomte, Vieille-du-Temple et Montmorency.
* Défenses, t. VI, p. 177. Cette maison avait appartenu à M. de Mauroy, et passa ensuite au financier Monnerot.
^ BoEiRAFFÉ, Le surintendant Foucquet, p. 12. V. État des biens de M, Fouc* tjuet, 4661. Bibl. Arsenal, ms. 7167.
* V. dans les Mémoires de la Société de Paris et de t Ile-de-France, 1889, une excellente monographie de U place des Victoires et de la place Vendôme
fiîO NICOLAS FOUCQUET-
Miil(;ri$ lit vMtnmodiUi si vantée de rinstallation première, il y i;iji lii!ij (le ri^|>{irer le lo{;is, cjui fut livré aux maçons; on ra|;randit )iur Tacquifition de plusieurs maisons voi- Aini;»'. (Cependant, Foucquet ne parait pas avoir beaucoup liidiité rii^tel d'l<!meri. Il avait d'ailleurs, comme surintendant, firoit il un lo{;ement dans le Louvre, et, en fait, il d(!nieuniit presque toute Tannée h Saint-Mandé.
Il y avait a(:(|uis l'ancien domaine de M. de la Galissonnièroet de M. de Hcauvais; il rau{;menta de quelques galerioN, mais sans donner h rien une forme monumentale. Ma/<arin y était venu donner son avis sur le bâtiment, sur la r.li^ture*. La grande dépense consista dans un travail de riunblai : on combla la vallée qui se trouvait en cet endroit. Aujourdluii, on chercherait à mouvementer le terrain. On lit le contraire : tout un grand jardin avec des allées planes et tir(W)s au cordeau s'étendit vers Paris sur plus de trente arpents". Le princ^ipal ornement consistait en plantes exotique», et surtout en deux cents orangers. Foucquet était serviteur de Ponione et de Flore; il faisait venir des pays étrangers des graines de plantes rares ^. Un Hambourgeois, Uesseman, veillait sur les serres.
A rintérieur, pas d\)rnements, si ce n'est dans la bibliothtH|ue« composée de trente mille volumes et qui occupait une galerie ornée de statues. Citait la pièce d'attente pour le,> viNiteurs, hommes de lettres et poètes. Dans le surplus
|vAi^ M X lU l)oi«U«lt(». L'hAic^l «l*liiii«'ii «M ^«lement figure «ar le plan de Gonbaut. ^ V, IVfrKt#««t, V« p, â4t« riit(» MiAÎMin et un jeu de paume furent ackecês «mu \t \\\\\\\ \U J^iuiart kU M. do Ni^uuoiid et de Mlle de Ljuimm^oo, pour le prix df» 75«lHls^ l^re*, Kl*«l ^tt MVhj».,.. nw» AnenaL n* TICHT.
• ly/^H^^*, t IX. p. Itt.
* LViuidji^Hi^nirui de la umimmi de Saint-Mandé ett asact facile i dêoeffvûocr eiui^ U \Mt \W rKpîiii^Ur et Tavenue llerbillon^ un peu au deU de cette aTenae. V TK^e Hx^avan A»We« ^iJUv^nfues «ur Àinl«JllM«re\ Saint-Mandé^ ittS. te plan M^«ne de U wmîaw et jjirdin «e tnMve «nr un plan de Pans et des eH\MAM%» dii^isM' eu iTJMk Y en«^Mre i IUM$u«ts« T^tf^fm^U «le L «r^net»^
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