‹ Nicolas FoucquetChapitre 157 sur 183 · DESCRIPTION DU CHATEAU DE VAUX · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DU CHATEAU DE VAUX

« N. Foucquet a eu le bonheur, pour la gloire de ce grand dessein, de trouver un excellent homme, capable d'exécuter ses grandes intentions, et d'inventer heureusement tout ce qui pourroit servir à Tembellissement d'un si beau lieu, w II s'appelle Lebrun (Méléandre), le même qui a peint le cabinet de la généreuse dame de Plessis-Bellière (Mélinthe).

a il est né avec un grand esprit, une belle imagination et un grand jugement. Ses idées sont nobles et naturelles. Il y a de la grandeur dans ses desseins, et toujours de la raison dans ce qu'il fait. Aussi a-t-il esté choisi par N. Foucquet pour peindre ce superbe salon, et tous les divers appartements de son Palais ; pour donner mesme des inventions et des conseils pour toutes les choses qui peuvent embellir Vaux. »

Rien de plus vrai, Lebrun était installé au Maincy, à la manufacture de tapisseries, où s'exécutaient ces œuvres merveilleuses qui font encore aujourd'hui la gloire du gardemeuble formé par les rois. On lui avait même donné un petit logement dans le château.

Il esquissait de superbes peintures pour le grand salon :

Le Soleil est représenté dans son palais; toute la base du tableau est enceinte d'un grand serpent, qui représente Tannée; sur ce serpent roulent les mois, les semaines et les jours, tous ces astres que le Soleil visite en faisant son tour.

Le dieu est assis u sur un throsne d'or eslevé de plusieurs marches, sur lesquelles les Heures, filles du Soleil, montent et descendent. Tout lumineux, il est revestu d'un manteau de drap d'or, couronné d'un laurier immortel; il s'appuie d'une main sur sa lyre, de l'autre, il fait quelque signe à l'Aurore comme s*il luy commandoit quelque chose. •• Cette belle messagère tient un flambeau, dont elle se sert pour

bustes. C*est une erreur. Mme de Scudéry avait trop bien pris ses notes pour se tromper. Girardon dit que ces statues se trouvaient dans le salon. V. ibid,, p. SG et 71.

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illuminer un nouvel astre parle commandement du Soleil. « A cet endroit, Tallégorie devenait des plus intéressantes pour les contemporains.

« Ce nouvel astre est place au milieu du ciel en forme d'escureil. Trois des astres supérieurs lui donnent leurs plus favorables influences. Saturne avec sa faux Tenceint de son serpent semé d'estoilles, qui marque l'éternité de sa gloire. Jupiter, assis sur son aigle, avec une action toute noble et d'un air majestueux, lui donne une couronne d'or, pour marquer Tauthorité qu'il doit avoir. Mars, de l'autre costé, avec sa mine fière, luy donne un casque et un lion. »

Suivent les Saisons. Puis, « Mercure, paroissant avec toutes les marques qui le font connoistre, haussant le bras dont il tient son caducée, semble vouloir donner toute son éloquence et tout son sçavoir à ce nouvel astre, tant il le regarde favorablement» . Autour de ce dieu, les instruments des arts, « mesme plusieurs petits Amours qui marquent les diverses inclinations que la nature donne » . La lune, cachée derrière une nuée, sourit à l'Écureil. Vénus lui offre une pomme. Sur le tout, une devise « qui a bonne grâce en la langue où elle a esté faite, et dont le sens est qu'il n'y a rien de si haut où il ne puisse monter » .

Voici maintenant le sens caché de toutes ces peintures : « Le Soleil représente Gléonime (Foucquet) qui, selon l'estendue de ses grands employs, fait tout, luit partout, fait du bien à tout, et travaille continuellement pour l'utilité et rembellissement de l'univers.

tt Par les quatre saisons de l'année. Le Brun a prétendu représenter les divers États de la France (l'Étrurie) qui paient des tributs, et qui donnent à N. Foucquet l'avantage de recevoir tout et de rendre tout, parce qu'il a la disposition du thrésor du Prince.

« Cet astre nouveau, au haut du ciel, montre qu'il n*y a rien de plus eslevé que la gloire de Foucquet. Le serpent lumineux marque la prudence de ce héros, de sorte que les

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