‹ Nicolas FoucquetChapitre 48 sur 183 · EMEUTES REACTIONNAIRES A PARIS. Î · texte numérisé non relu

EMEUTES REACTIONNAIRES A PARIS. Î

tranquille? Ghavigny a un traité presque conclu avec Tabbë Foucquet. » M. le Prince, répondait Retz, jure qu'il n'est point de tout cela, et même que Monsieur était un traître, « mais qui le sait * ? » Voilà le mot de la situation.

Presque au même moment (23 septembre), Gondé écrivait à son confident Lenet : « Il y a des négociations de paix sur le tapis, qui seront peut-être bonnes; peut-être qu'elles ne le seront pas, à cause des gens qui s'en mêlent*. » Qu'on juge d'ailleurs de l'état d'esprit de ce prince du sang, vainqueur de Rocroy et de Lens, qui, dans cette même lettre, se réjouit de la prise de Dunkerque par les Espagnols, tant il était en colère contre Gaston et contre l'abbé Foucquet. Au fond, il souhaitait un arrangement. Un homme de basse origine, mais d'un sens au-dessus du commun, Gourville, le factotum de La Rochefoucauld, écrivait à uix de ses amis qu'aussi bien Mazarin que les princes désiraient la paix, m Regardez sy, après cela, ajoutait-il, avec un pressentiment mélancolique, la malédiction n'est pas dans nos affaires, que ces enragés ne s'accommodent point et qu'ils en ont souvent envie; mais ce ne sont jamais tous les deux à la fois'. »

La malédiction y était effectivement. Gondé fut appelé à son camp le propre jour où Basile Foucquet devait l'entretenir une dernière fois^. Le lendemain commençait la contrerévolution.

Le conseiller au Parlement Prévost, resté à Paris par ordre, y travaillait depuis un mois de concert avec un

' Rrtz, Mémoires^ t. IV, p. 368.

* Lerbt, Mémoires, p. 575.

' Leret, Mémoires, p. 578. Cf. Mémoires de Mademoiselle : « Monsieur ivoit vu Tabbé Foucquet une fois à Luierobourg, à ce qu'on diM>it, et M. le Prince prétendoit que c*étoil sans sa participation. Monsieur disoit de son côté que M. le Prince en avoit fait de même. » T. II, p. 173.

* Il Tavait vu quatre ou cinq fois. Co^irart, Mémoires, p. 601. •M'' Foucquet est party auprès de M*^ le Prince pour les né{;ociations. • M. du Mas à Mazarin, 23 septembre 1652. fiibl. nat., ms. fr., 6890, f» 205.

nomme Berthod et un sieur Saint- Yon, qui se faisait fort de reprendre la Bastille, ce qui, on Ta vu, n*était pas autrement difficile'. Le 24 septembre, les bourgeois, assemblés dans Tenclos relativement privé du Palais-Royal, se livrèrent à toutes sortes de démonstrations antifrondeuses. L'abbé Foucquet, avec sa vivacité exubérante, apercevant le maréchal d'Étampes, venu en reconnaissance : tt Vous en verrez bien d'autres! » lui cria-t-il. — « Point de rodomontades, lui répondit le maréchal, et faisons la paix. » L'abbé en convint, la paix, c'était le vœu de tous; mais le mot de Gourville restait vrai, que ces enragés ne la voulaient jamais en même temps. Au bruit des manifestants réactionnaires, les frondeurs accoururent. Après force bravades, les deux partis se retirèrent chacun chez eux tt pour manger leur potage » , avec la dignité de gens qui n'aiment pas à se commettre dans ces mêlées '. Cependant, les choses pouvaient se gâter. Mlle de Montpensier voulait aller avec ses valets et quelques bonnes cordes pour pendre cette mazarinaille ^ , De son côté, Basile Foucquet, manquant d'hommes de main, fit demander ù la Cour une centaine dofficiers, afin d*être prêt pour ce coup de force dont lui et son patron le Cardinal rêvaient toujours. Au fond, tout ce monde préférait l'intrigue à la bataille. Le jour même, passant à d'autres exercices, Basile se rendait à l'hôtel Saint-Paul où se trouvait le duc d'Orléans, avec MM. de Rohan, de La Rochefoucauld, de Chavigny et Goulas. Là, il posa les conditions d'un accommodement :

' Le document publié dans la collection Montmerqué, sous le titre de Mémoires du P* Berthod, n'est, à proprement parler, que le compte rendu (le cette menée contre-frondeuse. L'abbé Foucquet n'y est même pas nommé. Affaire de concurrence. Il était pourtant au Palais-Royal, témoin sa Corres^ pondance et les Mémoires de La Porte, p. 294.

* V. Mémoires : de Retz, t. IV^^ p. 379; de Lenet, p. 575; de Rerthod, p. 586. Suite et conclusion du Journal du Parlement, p. 176. La Porte, Mémoires, p. 294; Mlle de Mortpbeisikr, Mémoires, t. II, p. 179; Loret, Muze historique, t. I, p. 290.

^ Mlle Dc Montpensier, Mémoires, t. TI^ p. 179.

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