‹ Nicolas FoucquetChapitre 6 sur 183 · ORIGINES DE LA FAMILLE FOUCQUET. T · texte numérisé non relu

ORIGINES DE LA FAMILLE FOUCQUET. T

le prince de Guéménée, Henri, duc d'Anjou, s'intéressèrent aux deux premiers de ces jeunes gens. A coup sûr, un vent propice secondait leurs efforts. Tout leur réussit. Christophe épousa la fille d'un président au Parlement de Rennes, où il devint lui-même président, père et grand-père de pré* sidents et de procureurs généraux ^

François, deuxième du nom ^^ ne fut pas moins heureux. Marié à Paris, vers 1580, à damoiselle Marie de Bénigne, fille unique de feu noble homme Claude de Bénigne, mort à la bataille de Saint-Denis (nov. 1567), en combattant bravement pour son roi ', il se montra digne de ce beau-père royaliste. Fidèle à la fortune de Henri III, il quitta sans hésitation sa femme, jeune encore, et son petit garçon François pour se rendre à Tours, où le Parlement fut transféré pendant la Ligue. Là, le 25 avril 1589, le Roi, en considération de ses services et de ceux de son père, lui accorda des lettres de gentilhomme ordinaire de sa chambre. Mais quelques jours après, ce prince mourait assassiné. Un an plus tard, François Foucquet lui-même, envoyé par ses collègues vers Henri IV pour le prier d'abjurer, était en route atteint de la peste et succombait, le 17 août 1590, à peine âgé de trente-neuf ans.

On put croire un instant que la branche parisienne des Foucquet allait périr dans cette effroyable tourmente des guerres civiles et religieuses. Surcroît de malheur; le 3 juillet 1600, François, troisièmedu nom, perdit sa mère etresta confié aux soins de Loys d'Aurs, marchand bourgeois de Paris *. Cette modeste tutelle ne laisse pas d'étonner, alors qu'un oncle du mineur, ex-président aux enquêtes du Par-

1 V. la Liste de nosseigneurs du Parlement de Bretagne, de 155^ à 1717, imprimée a Rennes, chez G, Vatard, 1718, in-12.

* Dans le Catalogue de tous les conseillers du Parlement de Paris, p. 35, il est nommé Jean, par erreur.

' Lb Bevf, Histoire du diocèse de Paris, édic. Goclieris, t. I, p. 203.

* Bibl. nat., Cabinet des thres, dossier Foucquet de Belle-lsie, acte du 3 aoât 1601, cote 17.

lement de Rennes, devenait conseiller d'État en résidence à Paris * .

Les Foucquet, par bonheur, étaient animés de Tesprit de famille. Christophe, le président aux enquêtes du Parlement de Rennes, se fit substituer dans la charge de son frère au Parlement de Paris. Par contre, il réserva pour son neveu François celle de conseiller au Parlement de Rennes ^ (6 février 1608). C'était beaucoup pour Torphelin. Ce ne fut pas tout. L'appui de sa famille bretonne lui valut un beau mariage, et ce mariage lui assura la faveur des puissants du jour.

Telle fut la lente préparation des hautes destinées de la famille Foucquet, le résultat des efforts persévérants de six générations. Pendant un demi-siècle, tout va réussir aux petits-fils du chevalier Jean et du marchand François. L'écureuil, le « fouquet » des Moulins-Neufs et de la boutique d'Angers pourra prendre pour devise : Quo non ascendant! Où ne monterai-je pas!

^ Bibl. nat., Cabinet des titres, dossier Foucquet de Relle-Isle, acte du 31 décembre 1601, cote 18.

* Généalogie de la famille Foucquet^ par M. JccB, Revue nobiliaire, t. III, p. 67, IM, 177.

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