‹ Nicolas FoucquetChapitre 62 sur 183 · BASILE ET M"* DE CHATILLON. CONDAMNATIONS POUTIQUES · texte numérisé non relu

BASILE ET M"* DE CHATILLON. CONDAMNATIONS POUTIQUES

(Février- décembre 1653.)

Dans la première moitié de Tannëe 1653, la surintendance de Nicolas B'oucquet, sans être purement nominale, ne fut pas non plus très effective. Servien, par la volonté de Mazarin comme par Tancienneté de ses titres, avait pris le pas sur son collègue ^ D'autres affaires, au surplus, réclamaient toute Tattention de ce dernier, qui restait toujours procureur général. On a prétendu que ce cumul constituait un abus^. Erreur : le Roi trouvait avantage à donner cette commission de la surintendance au titulaire d'une des grandes charges du parlement de Paris, où tous les édits de finance devaient être vérifiés. De même, le Parlement pouvait à Toccasion prier son procureur général d'employer en sa faveur, auprès des agents du Trésor, son influence de surintendant ministre d'État '.

En fait, Foucquet, pendant les années 1653-1655, eut pour mission principale de restaurer à l'intérieur, non les finances, mais l'autorité royale depuis longtemps mécon-

* Foucquet, Défenses^ t. IV, p. 60, 61.

* Clément, Lettres et instructions de Colbert, t. VII, préface, p. lxxyi.

* m M. le premier président proposa d'envoyer le procureur général (N. Foucquet) pour accommoder Ta f faire..., étant en la qualité de surinten* dant dans l'entière participation des affaires. • DenysTALOn, Mémoires, p. 520.

nue. Malheureusement, bien de petites vengeances s'abriteront derrière cette réaction à la fois nécessaire et désirée.

Mazarin, en effet, rentrant à Paris le 5 février 1653, avait été acclamé par le peuple comme un libérateur. La bourgeoisie renchérit sur ces acclamations et ménagea au Cardinal un suprême triomphe dans cet Hôtel de ville où avaient siégé ses plus fougueux adversaires. Illuminations, rubans, bijoux étaient à la Mazarin. Mais tout juste en face de cetle fête, la Cité restait sombre et silencieuse. Du parvis Notre-Dame et du Palais montait un murmure de plaintes contre Tinconstance des foules, de protestations contre les atteintes aux privilèges de la magistrature et du clergé. Kn opposition à Tltalien triomphant, on évoquait les images du coadjuteur prisonnier et de dix conseillers exilés.

Le Parlement avait été vaincu sans avoir entière conscience de sa défaite. Au fond, il n'avait jamais voulu faire à la royauté qu'une guerre de remontrances. Seuls, quelques magistrats, grisés par leurs commandements dans la milice et par leur contact avec les princes, avaient précipité cette opposition constitutionnelle dans les horreurs d'une guerre civile. La masse n'avait pas prévu les conséquences de la guerre. A la seconde retraite de Condé et de Gaston, les opposants furent atterrés en se trouvant en présence, non d'un traité de paix comme en 1G52, mais d'une amnistie octroyée. Le Roi ne s'était pas rendu dans leur palais, il les avait convoqués dans le sien, au Louvre, pour bien marquer sa victoire.

La présence de quinze à vingt « traîtres >» revenus de Pontoise n'était pas faite pour apaiser les rancunes et calmer les ressentiments. Rentrés chez eux, les Parisiens avaient fait leur pointage et compté plus de deux cents parlementaires unis contre trente ou quarante « courtisans ». On fit le vide autour des PontoîsienSy exclus du partage des affaires. Pas

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