PLAN FINANCIER DE FOUCQUET
ner à gagner; estant la seule raison qui fait que Ton veut bien courir quelque risque. Mais surtout, s'établir la réputation d'uneseuretëde paroles si inviolable, qu'on ne croye pas même courre aucun danger ^ »
Mazarin écouta cet exposé, prit plusieurs jours pour réfléchir, tant la théorie était neuve et en contradiction avec la pratique. Puis, en forme d'acquiescement, il pria Foucquet « de prendre soin de tout » et qu'il dirait à Servien de le laisser agir. Foucquet lui fit entendre qu'il serait importuné tous les jours de leurs différends, qu'il valait mieux déterminer les attributions de chacun, ce qui fut fait par le règlement du 24 décembre 1654, qu'on publia solennellement.
Mazarin avait un très grand souci de l'opinion. Les considérations banales sur la volonté de Sa Majesté de diminuer les charges du peuple ne manquèrent donc pas.
Le Roi avait chargé de l'administration de ses finances « deux hommes d'une capacité singulière » , dont la mission était de pourvoir « tant au recouvrement des fonds de deniers, dont Sa Majesté auroit besoin en son Épargne, qu'au retranchement de toutes les dépenses qui ne seroient pas absolument nécessaires » . Mais elle avait reconnu que chacun de ces emplois requérait « l'application entière d'une seule personne » . En conséquence, et « tant que la guerre durera » , Servien prendra soin d'ordonner des fonds de toutes les dépenses, donnera les assignations, et Foucquet signera sans difficulté les ordonnances, même celles de comptant, a après qu'elles seront signées dudit sieur Servien » . Quant à Foucquet, « il pourveoira au recouvrement des fonds, fera compter les fermiers et les traitants, leur allouant en dépense tout ce qu'ils auront payé en vertu des quittances et billets de l'Épargne... il arrestera aussi tous traités, prêts et avances, examinera les propositions de toutes affaires qui se présenteront, et le
* FoucQrET, Défenses^ t. V, p. 67.
sieur Servien signera sans difficulté les Estais, Comptes, Baux à ferme, Arrêts et autres expéditions qui seront à faire en conséquence » des pouvoirs ci-dessus donnés à son collègue * .
C*est alors, à proprement parler, que commença la surintendance effective de Nicolas Foucquet.
' Règlement du 24 décembre 1654. Fouoqukt, Défenseiy t. V, p. 355»