‹ Nicolas FoucquetChapitre 90 sur 183 · FOUCQUET CONCLUT CONTRE ARNAULD. 3T · texte numérisé non relu

FOUCQUET CONCLUT CONTRE ARNAULD. 3T

comédie pour se faire payer plus cher^ S'il Ta dit, il se vanta. Les précédents comme la suite de sa vie prouvent rétonnante versatilité de cet étrange personnage. En réalité, on eut lieu de craindre Toccupation par les ennemis d'une ville qui était alors la clef du royaume. Si Mazarin parvint à la conserver, ce fut grâce à l'argent envoyé de Paris par Nicolas Foucquet. Ce n'est pas tout, au même moment, le même surintendant (notez qu'on ne s'adressait jamais à Servien) devait subvenir aux dépenses des généraux lorrains, dont les troupes avaient pris parti pour la France*. A peine sorti de ces embarras financiers, Foucquet, comme procureur général, se trouvait engagé dans d'autres difficultés. Les querelles religieuses, nées à l'occasion du livre de Jansénius, d'un intérêt difficilement saisissable, mais entretenues par des passions extérieures, commençaient à sortir de l'école pour retentir dans les assemblées politiques et judiciaires. Un livre du docteur Arnauld avait ravivé le débat et donné naissance à nombre de réponses et contre-réponses, de dits et de contredits où l'on sentait renaître, sous le fatras scolastique, les colères mal apaisées de la Fronde. Retz avait tant de fois menacé de prendre un point d'appui sur les nouveaux protestants que Mazarin en prenait quelque ombrage. Il ne lui déplaisait pas d'ailleurs de se faire valoir à Rome; car, au fond, il se souciait peu de ces débats sur la grâce et sur la fréquente communion.

Le Parlement n'était pas aussi indifférent. Il restait toujours dans ce corps raisonneur un ferment d'opposition. De plus, presque tous les magistrats se considéraient comme

» Ms. Dehaussy. Suivant Dussy, Ilocquincourt aurait fait prévenir l'abbé Foucquet par une clame de Cal voisin, femme du gouverneur de Roye, de ce qu'il aurait promis à Mme de Châtillon. Ce temps était celui des marches et des contre-marches, et l'on pourrait bien apprendre un jour que ce propos est vrai en partie. Histoire amoureuse, t. I, p. 248.

* N. Fouccjuet à Mazarin, 30 novembre 1655. Affaires étrangères, France, t. 896, fo 384. CuÉRUBL, Histoire de France, etc., t. II, p. 326.

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les défenseurs des libertés de TÉglise gallicane, attaquée par les Jésuites. Ârnauld motivait son appel sur ce que dans rassemblée de Sorbonne, on avait admis à voter des docteurs ayant déjà pris publiquement position contre lui. Nul ne peut être juge et partie. Donc^ la sentence était mal rendue. L'avocat général Omer Talon conclut à Tadmissioa de la requête ^ Son discours, très véhément, remplit les jansénistes de joie et d'espérance. Aussitôt, Mazarin très surpris et la Reine tout indignée protestèrent contre ces conclusions qui semblaient assurer le succès d'Ârnauld. Toucquet, procureur général, se prononça par ordre en un sens absolument contraire à celui que Tavocat général avait adopté.

Alors absent de Paris, il enjoignit à son substitut d'arrêter la requête. Puis, il répondit à Talon et à Arnauld que dans presque tous les conciles les hérésiarques avaient trouvé devant eux comme juges des évéques qui déjà les avaient admonestés ou condamnés comme docteurs^. Le coup était rude, et Arnauld demeura non seulement vaincu, mais profondément ulcéré. Dans sa colère, il prétendit que Foucquet avait eu recours à certains moyens que la surintendance mettait à sa disposition. Ce corrupteur aurait promis aux magistrats de les faire payer de leurs gages'.

Gela se passait en novembre 1656. Ces incidents ne troublaient d'ailleurs en rien les fêtes de Thiver. Bals, ballets, comédies absorbaient le temps du jeune Roi.

' Rapiit, Mémoires, t. II, p. 334. — Loret, La Mute historique, t. 11^ p. 128, ciie le flifférend des molinistes et des prétendus fansénistet* * Histoire des discusions sur la grâce, ' LARniÈRE, Vie <t Antoine Arnauld, t. F, p. 137

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