LE THEATRE. LES ŒUVRES SECONDAIRES 171 PODKOLESINE
Alors, s'il est possible, permettez-moi quelque-» fois, un autre soir...
.Agathe.
J'en serai enchantée.
(Il sort. Agathe, restée seule, exhale en termes lyriques son enthoasiasme.)
Quel charmant homme ! Je viens seulement d'apprendre à le connaître. En vérité, on ne peut pas ne pas l'aimer. Si modeste, si intelligent 1 Oui, son ami me l'avait bien dit depuis longtemps. C'est dommage qu'il soit parti sitôt. Je voudrais l'entendre encore. Comme il est agréable de causer avec lui. Ce qu'il y a surtout de bien chez lui, c'est qu'il ne parle pas pour ne rien dire. J'aurais voulu, moi aussi, lui dire deux mots. Mais, je l'avoue, j'ai été si intimidée. Mon cœur avait cessé de battre. Quel homme excellent I Je vais aller raconter tout cela à ma tante.
Kotcharov se croît sûr du succès de ses démarches . Il jette Podkolesine dans les bras d'Agathe et décide que le mariage aura lieu séance tenante. La jeune fiancée va revêtir sa toilette de noces et Kotchkarov va commander le repas. Mais, connaissant le caractère irrésolu de Podkolesine, il prend soin de cacher le chapeau de son anii pour l'empêcher de
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s'échapper. Resté seul, Podkolesine se met à réfléchir. Décidément il. ne peut se résoudre au ipariage ; il saute par la fenêtre et disparaît. . .
Consternation générale. Le dernier mot appartient à la ^marieuse évincée par Kotcharov; mot qui peut se résumer ainsi : « Cela vous apprendra à essayer de faire un mariage sans moi. »
Le Mariage est en somme une très agréable comédie et Tune des meilleures peintures des mœurs russes que l'on ait portées au théâtre avant l'apparition d'Ostrovsky '.
I Voir sur Ottrovtky le récent yoluine de M. J. Patouillet (librairie Pion).