‹ Nicolas GogolChapitre 4 sur 30 · GOGOL · texte numérisé non relu

GOGOL

Au-dessus du monument, l'église du monastère dresse ses murs roses, ses coupoles vertes et dorées.

C'était par une belle matinée de printemps. Les saules verdissaient; les oiseaux chantaient dans les ramures. Et l'épitaphe du moine du moyen âge me revint à la mémoire : Hic reqiiiescit qui nunquam quieçit. Ici repose celui qui ne s'est jamais reposé.

Le dimanche précédent (9 mai, 27 avril 1909), j'avais en compagnie de mon regretté confrère et ami, Melchior de Vogué, assisté à Moscou au service célébré dans l'église du Sauveur pour l'âme de Nicolas Gogol. La liturgie fut très solennelle, l'officiant était le métropolitain de Moscou, secondé de quatre évéques et de huit archimandrites. L'Eglise orthodoxe avait déployé toutes les splendeurs de son culte ; la cérémonie dura près de deux heures et demie. Vingt-neuf ans auparavant, j'avais pris

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part à une cérémonie analogue en l'honneur du poète Poucbkine. Quelle différence entre les deux solennités ! La liturgie célébrée dans la chapelle d'un couvent en présence d'une assistance choisie, mais très restreinte, avait été expédiée rapidement. L'Église semblait n'avoir prié qu'à regret pour le voltairien tué en duel, contre l'apothéose duquel Tolstoï avait cru devoir protester.

En la personne de Gogol, le clergé moscovite avait, au contraire, célébré un grand chrétien. Il méritait cet hommage. Sa foi exaltée n'avait jamais faibli, jamais varié. Ses vertus lui ont-elles assuré ce royaume de Dieu auquel il n'avait jamais cessé d'aspirer ? Ce qui est certain, c'est que son œuvre littéraire, même inachevée, lui assure l'immortalité d'ici-bas.

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