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nn JAY Na W V2 ni ae VEN SL LE VX 1 LU: 23 ÈtA orman- FE Fret Fr. - th NS PRES NA ne EUR NA SAR I BESE Ne IX AE 7 {| CHAPITRE DEUXIÈME pe * Nicolas Le Roy, notre ancêtre, arrive au Canada, (1663). Originaire de Saint-Rémi de Dieppe.—2° I s'établit A l' Ange-Gardien, 1 sur la côte de Beaupré,— -3 Il devient habitant de la seigneurie de la Durantaye, E 24 février 1662, la compagnie des Cent associés k remettait au roi de France la colonie du Canada ë / dont elle avait joui jusque là à titre de grand 38} feudataire. Louis XIV, en prenant sous ses soins le gouvernement de ce pays, donna aussitôt des ordres pour que l'on y fit passer des colons et des secours abondants, k Aussi, pendant tout l'hiver de cette année, le port de la Rochelle fut témoin d'un mouvement extraordinaire, Au mois de mai, deux vaisseaux du roi laissaient la rade à iérA . 1 y, . .
“ha de cette ville pour le Canada. € talent le Jardin de Hole à “ HA lande, commandé par ie capitaine Guillon, et l'Aigle d'Or, ouvelle- st le roi a sous les ordres de M, de la Rochette-Gargot, Trois cents $ n Nor-
passagers étaient embarqués à leurs bords.
Sur le vaisseau du capitaine Guillon, on voyait : M. de Mésy, le nouveau gouverneur, qui venait remplacer M. d'Avaugour, l'évêque de Laval, qui était passé en France l'année précédente dans l'intérêt de son Eglise naissante, M. Louis Ango de Maiïzerets, prêtre distingué, originaire de Dieppe, qui devait devenir un des piliers du futur séminaire de Québec, M. Gaudais-Dupont, commissaire chargé de prendre possession du pays au nom du roi, le P. Rafeix, de la compagnie de Jésus, trois autres ecclésiastiques et
plusieurs officiers des troupes de la marine,
La traversée fut longue et orageuse ; elle dura près de quatre mois. Le scorbut éclata à bord ; plus de soixante
personnes y succombèrent et furent jetées à la mer.
Les ecclésiastiques déployèrent un zèle admirable auprès des malades. Ils ne pouvaient suffire à les consoler, à les instruire, et à leur administrer les derniers sacrements. M. de Maizerets, lui-même, fut malade à l’ex-
trémité.
L'évêque de Laval fut le premier à organiser les secours
pour tous ces affligés.
” [1 distribua les emplois à son petit clergé, dit M. de la Tour, et se réserva le plus pénible. Quoique incommodé lui-même par de fréquents vomissements, il était sans cesse auprès des malades, les exhortait, les consolait, les soulageait et leur rendait toutes sortes de services. Il en revenait souvent couvert de vermine ; plus d’une fois on crai-
gnit qu'il ne contractât ce mal contagieux,
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ï“ [l'avait fait, en partant, moins pour lui que pour Îles siens, une provision de volaille, de liqueurs, de confitures, et autres douceurs ; c'est assez l'usage dans une longue traversée, où l’on risque de voir manquer jusqu’à l’eau douce. Il distribua tout aux malades, sans se rien réserver, et manqua de tout lui-même le reste du voyage. Mais:il en supporta la privation avec plaisir. Son clergé et ses domestiques pleins de son esprit, et animés par son exemple, en firent le sacrifice avec joie. On ne se lassait pas d’admirer sa charité et sa mortification, et il n'est pas de béné-
diction qu'on ne lui donnât w.
Il semble que les malheureux voyageurs devaient être témoins de toutes les horreurs avant d'arriver dans leur
nouvelle patrie.
M. de la Rochette-Gargot, commandant de l'Aigle d'Or, avait reçu ordre de s'arrêter À Plaisance, en Terre-Neuve, pour y déposer soixante Passagers. L'année précédente, M. Dumont y avait déjà laissé une poignée de soldats, avec un officier pour les commander et un prêtre pour les desservir. M, de la Rochette-Gargot trouva le port désert et dévasté, La plus profonde consternation régnait parmi les quelques colons qui ÿ restaient encore. Pendant l'hiver, la garnison s'était révoltée et avait massacré le commandant, son frère et l'aumônier. Après enquête, on parvint à faire plusieurs prisonniers qui furent amenés en rade de Québec, sur le navir: du Capitaine Guillon. Deux des
meurtriers y subirent plus tard la peine capitale,
M. Hugues Pommier, un des prêtres de la suite de
l'évêque de Laval, eut pitié des colons de Terre-Neuve, q
privés de tous secours religieux. Il se décida à passer
l'hiver dans l’île, et ne vint à Québec que l’année suivante.
Le 7 septembre 1663, la nouvelle de l’arrivée des deux vaisseaux du roi, le /ardin de Hollande et \ Aigle d'Or, parvenait à Québec et l’on envoya aussitôt une chaloupe à leur rencontre jusqu'a Tadoussac. Cette chaloupe amena à Québec le gouverneur de Mésy et l’évêque de Laval, qui
descendirent à terre le samedi, 13 septembre.
On dépêcha immédiatement de nouvelles embarcations pour aller chercher les malades qu’on avait laissés à Tadoussac, réduits à la dernière extrémité. Mais elles ne purent revenir plus tôt que les vaisseaux du roi, lesquels
entrèrent enfin dans le port de Québec, le 22 septembre (1).
Sur les trois cents passagers que l’on avait pris à la Rochelle, il en débarqua à Québec cent cinquante-neuf (2). De ce nombre étaient six familles composées de vingt-et-une personnes, trente-huit filles qui furent dispersées depuis, tant à Québec et aux environs qu'aux Trois-Rivières et à Montréal, et mariées, excepté trois dont une fut prise par les Iroquois dans l’île d'Orléans et emmenée captive. u Parmi les cent restant, il n’y avait tout au plus que vingt
hommes prêts à faire quelque travail, les autres étaient
(1) Voir Gosselin, Vie de Mgr de Laval, X, pp. 357-370 ; Journal des Jésuites ; Délibérations du Conseil Souverain.
(2) Soixante étaient péris en mer, soixante-et-quinze étaient restés à Plaisance.
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