‹ Nicolas LeblancChapitre 22 sur 50 · FOURCROY · texte numérisé non relu

FOURCROY

Encouragé par cette lettre, Leblanc écrit de nou: veau au ministre Chaptal, 16 frimaire an IX (décembre 1801).

« Citoyen ministre, « Par votre lettre du 11 de ce mois, vous me demandez des renseignements sur les 3 000 francs qui

avaient été accordés, et dont le citoyen Fourcroy la bien voulu vous parler. Vous savez que le gouvernement fit imprimer, en l’an III, le rapport de ses lcommissaires, les citoyens Darcet, Pelletier et Leliè- \vre, sur différents moyens d'extraire la soude des isels neutres qui la contiennent; que mon procédé, au : mépris des engagements que j'avais contractés, du |brevet d'invention dont j'étais revêtu, au mépris d’un l'arrêté de l’Assemblée nationale, etc., y fut publié | avec une sorte de priorité. Parmi les auteurs qui | obtinrent des récompenses, celui qui obtint le moins | eut cependant une somme de dix mille francs; ce fut | Malherbe.

« François de Neufchâteau, instruit de la justice de | mes réclamations et de mon infortune, prit une déci- | sion que sa lettre du 9 ventôse an VIT, dont je joins ici copie, vous fera connaître.

« Je n'ai jamais touché que 600 francs sur cette somme. Le même ministre m'avait nommé, dans le courant de l’an, membre du Conseil de conservation, dans lequel deux places vaquaient alors; mais son successeur céda à des intrigues qui se sont opposées à mon installation et fit remplir ma place par un autre.

« Les copies de deux lettres du citoyen Quinette vous feront aussi connaître les dispositions et l’état de la première affaire pendant son administration.

« À votre arrivée au ministère, j'ai eu l'honneur de vous adresser une pétition, et, le 2 de ce mois, vous m'avez fait celui de me répondre qu’il n’existait

aucuns fonds pour l’arriéré des années VIT et VITE, et

an | F]

qu'’aussitôt que ceux qui étaient demandés seraient,

faits, vous vous occuperiez de ma réclamation. Il est pénible d’avoir à parler de soi, mais il est des!

cas où la modestie a trop d’inconvénients, puis! qu’elle pourrait nuire à des enfants déjà malheureux! et auxquels nous devons tous nos soins. J’ai servi! mon pays, si ce n’est avec une grande dose de, lumière, c’est avec le zèle et tous les efforts dont! j'étais capable, et il est aisé de voir que je ne me suis jamais occupé de ma fortune particulière. Six fois, | j'ai été nommé à ladministration du Département; | j'ai été membre des commissions des Hôpitaux, de la! commission temporaire des Arts et Métiers, pendant. tout le temps que ces deux autorités constituées ont\ existé; membre de l’agence des Poudres et Salpêtress | nommé à la représentation nationale en l'an VI: commissaire du gouvernement dans plusieurs occa:. sions, notamment dans les départements du Tarn | et de l'Aveyron où, sous une réquisition du comité | de Salut public, j'ai passé treize mois dans la plus grande gêne. J'étais aux frais du concessionnaire des |

mines que vous connaissez, et le résultat a été ma ruine.

entière. Morlhon est condamné à me payer 5000 francs. que je né toucherai jamais, à moins que quelque. autorité bienveillante voulût s’en mêler.

« La condamnation de d'Orléans a donné lieu à un séquestre qui subsiste encore, et qui a paralysé la. manufacture de soude que j'avais établie à Franciade, et dont l'importance vous est bien connue.

« Voilà, citoyen ministre, un aperçu général que je vous prie de me pardonner. Je suis sans place et sans

Êl

aucun moyen d’existence, et je ne crois pas avoir |jamais mérité un pareil sort. J'ai touché les | 300 franes que votre humanité a bien voulu me faire | recevoir. |

| «J'aieul’honneur de vous écrire, il y a peu de jours, | relativement à un ouvrage élémentaire sur la cristal- | Jotechnie. Je crois que l'intérêt de l'instruction veut | que vous vous fassiez rendre compte de l’objet de | cette lettre.

« Salut et respect. »

| Enfin après toutes ces démarches, toutes ces récla-

| mations, toutes ces demandes, tous ces rapports favorables, un arrêté du ministre des finances du 17 floréal an VII (avril 1801) ordonne la restitution de la fabrique de Saint-Denis et le renvoi en possession provisoire des associés de 1791,

Le ministre estime que cette restitution est une compensation suffisante aux pertes que l'interruption du travail, qui avait duré six ans et neuf mois, avait occasionnées à Leblanc. Mais Leblanc n'était pas seul, il avait deux associés, Dizé et Shée. La Nation disposait de l'immeuble, comme si elle. en était propriétaire légitime et en vertu de la loi sur les biens des condamnés. Or cette fabrique avait été bâtie et organisée ayec les capitaux fournis à l’association par feu le duc d'Orléans.

Cet envoi en possession pouvait permettre la reprise du travail, mais n’indemnisait nullement les associés des pertes éprouvées, et, quant à Leblanc, elle ne lindemnisait pas davantage de la perte de

Me”

son brevet d'invention et de son procédé, tombé dans | le domaine public. |

Les associés dé Leblanc n'avaient plus aucun inté- | rêt à reprendre et à continuer cette exploitation. | Shée, devenu conseiller d’État, déclinait, pour des. raisons de santé et de fortune, de prendre part à la. réorganisation, et Dizé, devenu pharmacien en chef. des hôpitaux militaires, était dans les mêmes disposi® | tions que Shée ; du reste, cette reprise de l’exploita= | tion ne pouvait plus offrir des bénéfices qui pussent. se comparer à ceux qu'avait fournis la première période de l’exploitation, alors que le monopole du : brevet d'invention la garantissait de toute concur- | rence. La dissolution de la société de 1791 fut donc, prononcée par le Conseil de Préfecture, le 19 floréal |

an VIII, deux jours après le renvoi en possession.

provisoire.

Cependant, tout en rendant à Leblanc la libre dis- | position de son usine, le séquestre continuait encore

et devait durer jusqu’à ce que la liquidation entre

l'État et les intéressés eût été effectuée. Cette liqui- : dation ne fut terminée qu'après l'arbitrage de Vau-. quelin et Deyeux, le 14 brumaire an XIV, neuf se,

maines avant la mort de Leblanc.

Leblanc se réinstalle à Saint-Denis, et reprend seul, et avec ses propres forces, l'exploitation de sa manufacture. Comment allait-il faire pour lutter avec les différentes usines, en possession depuis plusieurs années de son procédé, en pleine exploitation sur les lieux de production et de consommation? Marseille, où l’industrie considérable des savons emploie des

quantités énormes de soude, avait été la première à en profiter.

Nous allons voir, dans quelques lettres intimes, les renseignements que Leblanc donne lui-même sur les difficultés et les nouvelles épreuves qu'il a à subir. Il écrit à sa fille aînée, qui est à Limoges, en date du 3 messidor an IX (juillet 1801).

« Ma manufacture se monte malgré beaucoup d’obstacles, qui tiennent à la rapacité des bailleurs de fonds, et j'espère, d'ici à quelque temps, faire marcher un travail étendu et suivi; je t'instruirai des détails, lorsque les transactions seront définitivement conclues; je suis encore dans un état de pénurie qui ne me permet pas de faire ce que nous voudrions pour toi; mais peut-être avant peu, pourrai-je te faire passer tout ce que tu demandes. Comment se fait-il aussi que vous ne me disiez pas un mot de mon frère? est-ce que vous n’en auriez aucunes nouvelles? »

Cette lettre est intéressante; on y voit toute la bonté du père de famille, ses inquiétudes, ses soucis,

celle où, après la levée du séquestre et le renvoi pur | et simple en possession de sa manufacture, il fait | tous ses efforts pour remettre en train sa fabrication. | Cette lettre et les suivantes précèdent de cinq ans | seulement l’époque de sa mort.

Le 13 messidor an IX (juillet 1801), il envoie différents objets à sa fille. Toujours la même gêne et la même pénurie, malgré cela, toujours la même bonté, | la même affection, non sans une petite pointe de

ses préoccupations. L'époque où elle est écrite est.

98 NICOLAS LEBLANC gaieté; il signe : « Ton père Leblanc, qui t’écrit avec une bien mauvaise plume. » 2

Voici encore du 20 thermidor an IX (août 4801), | une lettre d’une bonhomie charmante, pleine de ron: | deur et d'affection; il gronde sa fille, il gronde tout le | monde, mais en termes si affectueux qu’on voit que! ce n’est que pour la forme. Il dit : « vous » à sa fille aînée, âgée alors de vingt-deux ans, celle qu'il appelle toujours fillette, celle dont il regrette l’ab- | sence, que sa femme et ses autres enfants regrettent, aussi. Il continue à lui parler de ses affaires, de sa | manufacture qu’il espère voir prospérer avant peu pour le bonheur de sa femme et de ses enfants.

Sa découverte est livrée au public depuis plusieurs . années déjà; partout en France, à l'étranger même, | les fabriques sont en pleine activité, et lui, l'inventeur | dépossédé, il lutte comme un simple fabricant ordi- ! naire avec ceux qui exploitent son invention: il. poursuit au tribunal de commerce des restitutions, | des indemnités qui, hélas! ne lui seront jamais, payées ; il espère en tout cela trouver un bien-être | qui le mettra à l’abri du besoin, et toujours pour! voir ses enfants heureux. Il écrit : « C’est sans doute jusqu’au jour de la résurrection qu’il faudrait attendre pour avoir de vos nouvelles; vous avez certai- | nement reçu depuis longtemps par le citoyen Guérin, le paquet contenant ce qu'avait demandé ma cousine nièce. » Et plus loin : |

« Si j'ai un peu de bonheur, nos affaires au tribunal de commerce devraient nous tirer absolument. d'embarras et nous donner les moyens de passer une

| vie tranquille ; tes frères te demandent chaque jour, et ta mère et moi nous ne supportons ton absence que parce que tu es chez des parents qui ont toute notre amitié et notre confiance.

« Mais, au moins, donnez-nous de vos nouvelles. Elles auraient contribué à me consoler dans une série de malheurs et de chagrins qui, depuis quelques jours, sont diminués parce que j'entrevois quelque amélioration à notre sort. » Il ajoute encore: « Je me propose de faire bientôt deux pièces du petit | laboratoire, qui communiqueront avec la cuisine et | nous donneront de la place pour deux lits de plus. Je continue de faire de la soude, et aujourd’hui je dîne | chez Fourcroy pour aviser aux moyens de pouvoir de nouveau solliciter le ministre. Encore un peu de patience, ma fille, et peut-être sortirons-nous des . malheurs qui nous ont tant accablés; je ne m'épargnerai pas pour rendre, si je le puis, mes enfants plus | heureux. »

| Voici enfin la dernière lettre qu’il écrit à sa fille, | pour la rappeler à Paris; sa mère est gravement . malade, il lui a caché cette maladie jusque-là, il la | presse enfin de revenir, et c’est là qu'on sent, plus qu'ailleurs, sa détresse : il n’a pas l'argent qu'il faut | pour payer le voyage. Cependant il travaille toujours; | on va voir où en sont ses espérances.

« Saint-Denis, le 10 fructidor an IX (septembre 1801).

| «Ma fille, je ne t'ai rien dit, jusqu'à ce moment, de la maladie de ta mère, elle est maintenant en

bonne convalescence, maïs le citoyen Desessarts la presse beaucoup pour aller passer un mois ou deux. à Juziers; il prétend que l’air natal lui est nécessaire pour un plus prompt rétablissement, et que, faute d’aller prendre cette dissipation et de vivre en partie de raisin pendant le reste de la belle saison, elle! pourrait rester malade tout l'hiver. Tu juges bien qu'il est indispensable que tu reviennes à la maison sans retard. J'ai vu hier le citoyen Saint-Georges; il m'a dit qu'il suffisait de te présenter chez le citoyen Tallard, directeur des messageries à Limoges, où tu prendras une place pour la première diligence; il en part tous les quatre jours, et le citoyen Tallard à qui tu pourras communiquer ta lettre, fera mettre sur la feuille, pour le prix de ta place, & régler à Paris. Ton cousin ou bien ma nièce voudront bien t’accom-. pagner chez le directeur et te remettre, à ton départ, vingt-quatre francs pour ta dépense de route, Ils m'indiqueront à qui on pourra remettre cette somme à Paris;afin de la leur faire passer aussitôt. Ne diffère pas ton retour; car j'ai le plus grand besoin de toi. | ici: tes frères et ta mère t’'embrassent et t’attendent | avec impatience. | |

« Dis pour nous bien des choses à nos bons parents. | Tu trouveras ma manufacture en train, j’ai fait plu- . sieurs fournées de bonne soude; le préfet de la Seine | en a des échantillons qui vont être examiné .

« J'espère que mon établissement réussira et que. mes enfants cesseront d’être malheureux. |

« Tu voudras bien, aussitôt ta place arrêtée, me faire une lettre et m’apprendre le jour et l’heure de

ton départ et celui de ton arrivée; il faudra mettre l'adresse avec exactitude, telle que la voici : « Au citoyen Leblanc, ancien médecin, chimiste, à sa manufacture de soude, maison de Seine, à Saint- Denis, près Paris.

« Ton père, « LEBLANC. »

Il est curieux de voir par quelle élasticité de mots, le ministre des finances, en renvoyant Leblanc en possession provisoire de sa fabrique, le considérait comme indemnisé. Il faut d’abord dire que la Nation, se regardant comme héritière du duc d'Orléans, se substituait à lui dans ses droits comme associé; or la nation, lors du séquestre de 1793, avait retiré de la vente des produits fabriqués, des matières premières en magasin, des fonds et créances en caisse, des matériaux, des appareils, des voitures, des chevaux, une somme qui lui avait produit 120 818 francs 42 centimes; de sorte qu’elle n'était plus créancière que de 19 183 francs 58 centimes de principal, somme totale qui représentait l'apport du duc d'Orléans. La vente de l'immeuble, faite en 1793 au sieur Malisse pour une somme de 54 815 francs, se trouvait donc représentée dans cette somme de 79183 fr. 58 centimes, dont Leblanc devait désintéresser le domaine et lui tenir compte aussi des intérêts dus pour cette dernière somme, aux mêmes stipulations que celles contenues dans l’acte de société.

Il eût été cependant bien facile de simplifier cette affaire, si on avait voulu réellement donner à Leblanc

un témoignage de la reconnaissance nationale. On était loin d’une telle pensée; et, avec l'apparence d'une saine justice, on usait envers lui d’une duplicité indigne d’une nation qui se respecte; ce n’était plus envers cet honnête homme spolié qu’une révoltante iniquité.

Conformément à la décision du ministre des finances, un arrêté du Département de la Seine, en date du 7 floréal an VIII, renvoyait les intéressés devant le Tribunal de commerce pour faire évaluer et régler les indemnités auxquelles ils ont droit. Il fallut quatre années (on n’y voudra jamais croire), pour examiner la question, et enfin, le 15 nivôse an XII, le Tribunal de commerce se déclare dans l’impossibilité de faire une estimation fondée sur des bases certaines.

On verra plus loin, dans le dernier mémoire de Leblanc, à quelle somme se montaient ces indemnités ; il sera facile alors de comprendre pour quelle raison on ne trouvait pas de base pour leur évaluation.

Pendant les années troublées qu'on venait de passer, les capitaux étaient rares; disons mieux, ils étaient introuvables; l'esprit d'entreprise industrielle n'existait pas comme aujourd'hui; et, vers la fin du Consulat et aux premières années de l’Empire, s’il était plus facile de s’en procurer, ce n’était qu’à un taux excessif qu’on pouvait les obtenir.

Marseille, Lille et beaucoup d’autres centres industriels produisaient de la soude par le procédé de Leblanc, en quantité suffisante pour leur consomma-

tion, et alimentaient, dans un certain rayon comme | chez elles, les fabriques de savon, les verreries, les teintureries, les blanchisseries, etc... et enfin beau- | coup d’autres arts. La fabrique de Saint-Denis, sous la protection du brevet de Leblanc, pouvait atteindre une prospérité exceptionnelle; Leblanc, qui pouvait créer d’autres centres de fabrication sur les points les plus favorables à leur développement; Leblanc, qui pouvait aussi traiter de l'exploitation de son procédé avec d’autres industriels, et trouver ainsi une juste rémunération de ses travaux; Leblanc, par la succession des circonstances, avait cessé d’être le savant inventeur recevant la juste rémunération de son œuvre; il était devenu un simple fabricant, luttant défavorablement avec la concurrence et sous la crainte permanente de la faillite. En effet, la fabrique de Saint-Denis était mal placée pour écouler ses produits; à cette époque, les communications étaient difficiles, lentes et coûteuses.

Ainsi donc la nation, en renvoyant Leblanc en possession provisoire de l’usine de Saint-Denis sans liquidation et sans indemnité, le laissait aux prises avec des difficultés presque insurmontables. Pour réorganiser sa fabrique, réparer les bâtiments inoccupés depuis plus de sept années, rétablir les appareils, les fours, refaire les approvisionnements en matières premières, Leblanc devait emprunter; et à quel taux! lui qui n’avait d’autre garantie à offrir que les résultats probables de son travail. Il espérait de jour en jour cette interminable liquidation, et voyait chaque jour sa situation devenir plus mau-

vaise ; il produisait; mais les bénéfices étaient dévorés | par les emprunts. |

Nous avons dit plus haut les conditions défavorables dans lesquelles il se trouvait vis-à-vis des autres | industriels exploitant son procédé depuis plusieurs | années déjà. Leblanc avait aussi à se créer une nou- | velle clientèle, de nouveaux débouchés pour l’écou: lement de ses produits; il avait adjoint à sa fabrication le carbonate de soude, le sel marin blanc, le, muriate d'étain, le blanchiment du coton filé et. ouvré; il organisait, par une méthode économique, : la fabrication des oxydes rouges de mercure qui, jusqu’à lui, se vendaient au poids de l'or.

Depuis trois ans déjà il luttait ainsi, et sa position devait être des plus critiques. En prairial an XI (juin 1803), il s'adresse à la Société d'encouragement pour obtenir d'elle une avance de fonds lui permettant de continuer sa fabrication et d’atteindre ainsi la fin, qu'il espère toujours être prochaine, de sa liquidation devant le tribunal de commerce.

Il dit dans sa demande : « Sachant que les progrès des arts de l’industrie française pour les manufactures et le commerce sont aussi des objets de votre sollicitude, j'ai cru pouvoir vous présenter la demande suivante... » Puis, après avoir expliqué la situation difficile que lui fait l’interminable lenteur administrative de sa liquidation, la décision du tribunal de commerce qu’il espère voir rendre avant peu, la difficulté qu'il a pour se procurer des capitaux, il ajoute : « J'ai acquis, par acte notarié, tous les droits de mes ci-devant coassociés, et la nation se

Ptrouve déjà remplie (sic) des trois quarts environ de la mise de fonds de feu le duc d'Orléans, qu’elle repré- [sente aujourd'hui. » Et plus loin, il ajoute encore : !|« Les mises de fonds intéressées ont souvent de très |grands inconvénients pour ces sortes d’établisse- |ments, indépendamment de difficultés de pouvoir | fixer aucun capitaliste, Jusqu'à ce que ma manufac- |ture ait été dégrevée des prétentions de la nation, |c'est-à-dire que la liquidation soit prononcée, mes | travaux se font avec une activité trop bornée à cause | du peu de facultés pécuniaires que je puis y apporter. »

Enfin il demande à la Société d'encouragement de lui venir en aide. Cette Société, récemment fondée, n’avait encore que peu de fonds en caisse; cependant d’après un rapport de Guyton-Morveau, Mollard et Vauquelin, elle lui alloue une avance de 2 000 francs | remboursables par quart, de trois mois en trois mois, | à partir du dernier versement de cette avance. Le | rapport fait à cette société est des plus favorables à Leblanc; il y est dit : « que la Société d’encouragement, au sujet des avances d'argent, n’entrerait pas | dans cette voie, si ce secours ne s’adressait à un homme dont la moralité et les talents sont aussi bien | connus; » puis, après avoir insisté sur l’honorabilité | de Leblanc dans ses fonctions publiques et adminis- | tratives, les commissaires font l’éloge de ses travaux antérieurs, de la grande importance industrielle de son procédé de fabrication de la soude, et ils concluent favorablement en faveur d’un homme aussi | probe et intelligent que le citoyen Leblanc. Certes ce

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