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AVANT-PROPOS XI

En 1806, après la mort de Nicolas Leblanc, tous ses papiers restèrent entre les mains de sa veuve, qui ensuite les remit à l’aîné de ses deux fils, César- Nicolas Leblanc, né en 1787, qui plus tard fut nommé professeur de dessin des machines au Gonservatoire des Arts et Métiers, conservateur des collections de cet établissement, chevalier de la Légion d’honneur.

César-Nicolas Leblanc mourut en novembre 1835 ; après sa mort, les papiers, provenant de son père, restèrent entre les mains de Mme veuve Leblanc, héritière de son mari et tutrice de ses deux filles mineures.

En 1855, lorsqu'on s’occupa de revendiquer pour Leblanc le titre de seul inventeur de la soude artifcielle, que certains envieux voulaient lui contester, on trouva dans ces papiers les pièces, les renseignements qui servirent à l'éminent chimiste, M. Dumas, à établir irrévocablement, dans son rapport à l’Académie des sciences du 31 mars 1856, que l’invention de la soude appartenait exclusivement à Leblanc.

Ce point, qui était acquis et désormais à l’abri de toute contestation, ramenait l’attention publique sur le nom de Leblanc et donnait lieu à différents articles dans les journaux et recueils scientifiques, ainsi qu’à plusieurs notices biographiques sur cet homme utile. Les documents authentiques sur le lieu de naissance et l’âge de Nicolas Leblanc, sur ses père et mère, manquaient complètement; seuls quelques

XII AVANT-PROPOS souvenirs de famille pouvaien servir de guide aux recherches.

Ces souvenirs n'avaient pour base que la mémoire de quelques personnes existant encore.

On savait seulement que Nicolas Leblanc était du Berry, que son père avait été conducteur des forges d'Ivoy-le-Pré, et que Nicolas Leblanc avait peut-être habité Issoudun dans sa jeunesse. Y était-il né? On pouvait le croire, mais c'était incertain,

Des recherches opérées alors par la personne qui s'était chargée des réclamations ne firent trouver, dans les archives d’Issoudun, qu'un acte de 1753 au nom de Jacques-Nicolas Blane, acte complètement en désaccord avec les actes authentiques, et, sans contrôle et sans autres investigations, elle agceptait cette pièce comme état civil de Leblanc.

Vingt-huit ans se sont écoulés depuis la publication de ce pseudo-état civil, accepté sans contestation par le mandataire, dépositaire des papiers de Leblanc, bien qu'il eût entre les mains les documents les plus précis, sinon pour établir positivement le lieu et la naissance de Leblane, toujours au moins pour refuser de reconnaître comme vrais et se rapportant à Leblanc les renseignements cités plus haut, Par suite de dissentiments de famille étrangers à tout ceci, je suis resté, pendant près de trente ans, sans relations avec ceux qui, comme moi et au même degré, sont les descendants de Leblane. Ce fut seulement au mois de juin de cette année (1883) que, désireux

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