CHAPITRE XXXIII
Un soleil ardent avait brûlé toute la journée le pavé de Snow bill , et les tètes de Maure qui gardaient l’entrée de l'bêtellerie dont elles étaieut l’enseigne semblaient plus rébarbatives qu’à l'ordinaire aux passants accablé* de chaleur. Dans l’un des plus petits salout de l’bêtel, dont la fenêtre ouverte laissait pénétrer en épais nuages les exhalaisons salutaires de l'écurie, une table bien garnie présentait le coup d'oeil le plus attrayant; on y remarquait un cruchon de bière, de larges quartiers de boeuf rôti et bouilli, une langue , un pâté de pigeon, un poulet froid , et autres menus comestible*.
il. John Browdie, les mains dans scs poches, contemplait nonchalamment cet étalage gastronomique. De temps à autre, il chassait les mouches du sucrier avec le mouchoir de poche de sa femme, plongeait dans le pot au lait une cuiller qu’il portait à sa bouche , coupait une petite croûte de pain et un mince morceau de viande, et 1rs avalait en deux bouchées comme une couple de pilules. Toutes les fois qu'il badinait ainsi avec les vivres, il tirait sa montre, et déclarait d'un Ion pathétique qu’il ne pouvait attendre deux minutes de plus.
— Mathilde?... dit-il à sa femme couchée sur un canapé et dans un . état de somnolence. — Eh bien, John ! — Eh bien, Jolui ! repartit le mari avec impatience, est-ce que voua n’avez pas faim, ma fille P — Pas beaucoup. — Pas beaucoup! répéta John levant les yeux au plafond; peut-on dire ça quand nous avons dîné à trois heures, et goûté avec de la pêlisaerie, ce qui augmente la faim au lieu de l'apaiser? — Voici quelqu'un qui vous demande, dit le garçon eu entrant. Etesvou* chez vous, monsieur P — Parbleu ! je voudrais y être; il y a deux heures que j'aurais pris le thé. J'avais dit à votre camarade de se mettre en sentinelle, et de lui dire, sitôt qu’il le verrait, que nous étions morts d'inanition. Ah! ab! vous voilà! votre maiu , monsieur N'ickleby I ce jour est l'un des plus beaux de ma vie ; comment va votre famille ?
La cordialité de son salut ht oublier la faim à John Brovrdic, et il •erra à plusieurs reprises la main de Nicolas, en lui frappant violemment sur les doigts dans le* intervalles, pour ajouter à La chaleur de la réception.
— Ab ! la voilà, dit John remarquant que les yeux de Nicolas s’arrêtaient sur Mathilde, la voilà; nous ne nous disputerons plus pour elle. Bon Dieu! quand je songe à cela... mais vous devez avoir de l'appétit. Manges, mon garçon, manges. Nous vous rendons grâces , Seigneur...
Les grâces furent sans doute convenablement achevées, mais on n’en entendit pas davantage , car John avait déjà commencé à jouer de la foairehrtte et du couteau.
— Je profilerai du droit que me donne l’usage, dit Nicolas en avançant une chaise pour Mathilde. — Profilei-en, mon garçon, prohtes-ea.
Sans s'expliquer davantage, Nicolas embrassa Mathilde Browdie, et la conduisît Ionie rouge à aa place. — Dites donc, reprit John un peu étonné, faites comme chez vous, mon cher. — Volontiers, répondit Nicolas, mais à une condition. — Et laquelle? — C’est que je serai parrain, dès que vous m'en fournirez l’occasion. — Eh! eh ! s'écria John laissant tomber sa fourchette; parrain! ab ! ah ! entendezvous cela, Mathilde ? Parrain ? pas un mot de plus, mon ami; vous ne dîries jamais rien oui valût cela. Dès que vous m’eu fournira l’occasion... ah! aht ah!
Jamais homme ne fut plus diverti que John Browdie par une vieille et re»|>ecUble plaisanterie. Il ricaba, il cria, il s'étouffa, rit en mangeant, mangea en riant, devint rouge et noir, toussa, s'étrangla , ht peur à sa femme , et s’arrêta bore d'baieine et la larme à l'oril Mais, en ect état d'épuisement, il répétait encore d’une voix faible; ■ —
Parrain , parrain , Mathilde ! d’un tan qui prouvait que la souffrance ne diminuait en rien le plaisir causé par cette saillie.
| — C'est la seconde fois, dit Nicolas, que nous sommes à table en-
| semble, et ce n’est que la troisième fois que je vous vois; et pourtant je crois me trouver avec de vieux amis. — J'éprouve la même chose . dit le paysan. — Et moi aussi , ajouta sa jeune épouse. — J'ai les plus fortes raisons pour vous accorder toute mon amitié, dit Nicolas, car, sans la bonté de votre cœur, mou cher ami, sans votre bienveillance, que je n'étais pas en droit d’attendre, je ne sais trop ce que je serais devenu. — Parla d’autre chose, grommela John Browdie. — Eh bien ! dit Nicolas en souriant, je vais chiroter | la même chanson sur un autre air. Je vous remerciais cordialement dans ma lettre d'avoir fait évader le pauvre Smike, au risque de vous attirer des désagréments; mais je Depuis vous exprimer à quel point lui et moi vous savons gré de l’avoir pris en pitié. — Ah' s’écria madame Browdie, dans quel état j’étais ce toir-là! — Est-ce qu'ils vous soupçonnent d'avoir facilité son évasion? demanda Nicolasà John Browdie. — Pas le moins du monde. Je restai couche longtemps après la brune sur le lit du maître d’école, et personne n’approcha de U chambre oh j'étais. Bon ! me dis-je, il marche passablement vite, et s'il n'est pas chez lui maintenant, il n’y sera jamais. Vous pouvez venir quand il vous plaira, je suis prêt à vous recevoir. Quand je dis vous, je veux psrlerdu maître d’école. — Je comprends. — Squeera monta sur ces entrefaites. — Ailes doucement, dis-je en moi-même, ne vous prestes pas. 11 arrive à la porte , tourne la clef , et ne trouve point de serrure. — Holà! s’écrie-t-il. — Criez encore , me dis-je, vous n'sve* pas àcreindrede réveiller personne. — Holà ! reprend-il un moment après, ne m'irrita pas davantage, Smike, ou je vous romprai tous la os du corps. Tout d’un coup il demande de la lumière ; on vient ; grand remue-mén>ge. Je demande qn’est-ce qu'il y a? — Il est sauvé, dit-il tout bouleversé; n'avex-vous rien entendu? — J’ai entendu fermer la porte de la rue, il n’y a pas longtemps; j'ai entendu quelqu’un courir de ce côté. Et je lui donne une fausse indication. — Aidesmoi! s’écrie-t-il. — Volontiers. Et nous partons, tournant le dos à Smike. — Aves-vous été loin ? — Loin! j’ai couru avec lui pendant plus d'un quart d'heure. — Il fallait voir le maitre d’école, tète nue, dans l'eau et la boue jusqu’aux genoux , trébuchant contre la baies, roulant dans la fossés , criant comme un fou ; j’ai failli en mourir de rire.
Ce seul souvenir excita chez John une gaieté contagieuse qui se communiqua à ses auditeurs.
— Ce maître d’école at un méchant homme, reprit Johu en s'essuyant la yeuz. — ■ Je n’en puis supporter la vue, ajouta sa femme.
— C’est pourtant par vous que nous le connaissons, ma chère. — Je n'ai pu m’empêcher de fréquenter Fanny Squeera, qui était ma camarade de pension. — Vous ava eu raison , reprit John ; il faut vivre eu paix avec ses voisins, conserver sa anciennes connaissances, et ne pas se quereller si l'on peut l'éviter. N'est-ce pas, monsieur Nickleby? — Certainement , et vous ava agi d'après ce principe le jour oh je vous rencontrai à cheval après notre mémorable soirée. — Sans doute ; ma actions sont toujours conforma à mes paroles. — C’est ce qu'il faut. Miss Squeers loge avec vous, d’aprèa ce que vous m’av> t dit dans votre billet? — Oui, répondit Jonn; c'est la demoiselle d’honneur de Mathilde, et elle a un drêlede genre, elle peut s’en flatter. Elle ne parait pas pressée de se marier. — Fi donc, John! dit madame Browdie, qui, toutefois, étant mariée elle- même , goûtait intérieurement cette saillie. — Heureux celui qui l'épousera! reprit John. — Vous voyrz, monsieur Nickleby, dit MalbÜde, que c’est parce qu'elle est absente que John vous a invité à prendre le thé ce soir avec nous, car il n’eût pas été agréable de vous trouver ensemble, après ce qui s’est passé... — Sms aucun doute, interrompit N icolu.
— Surtout, reprit madame Browdie d’an air de finesse, après ce que nous savons de vos amour* passé». — Je vous soupçonne, dit Nicolas, de m'avoir joué un mauvais tour dan* cette affaire. — C’est vrai! dit Jobn Browdie passant ses gros doigts dans la cheveux bondés de sa femme, dont il paraissait très-fier. Elles toujours été maligne comme un... comme une... — Comme quoi? dit Mathilde. — Comme une femme. Je ne puis trouver de meilleure comparaison. — Vous parties de miss Squeers, dit Nicolas dans l'intention de mettre un terme à certaines privautés conjugales qui rendaient la position d’un tiers asaes embarrassante. — Obi oui, reprit madame Browdie. — John vous a invité pour ce aoir, parce qu'elle avait résolu de prendre le thé cha sun père. F.t pour que nous soyons sûrs d'être seuls avec vous, il s’at engagé à l'aller chercher. — C'est parfaitement arrangé, dit Nicolas ; mais je suis fâché de vous causer tant d’embarras. — Vous ne nous en causes point, repartit madame Browdie. Jobn et moi avions le plus vif désir de vous voir. Savrs-vous , monsieur Nickleby, que je crois fermement que Fanny Squeers était éprise de vous? — Je lui en ai beaucoup d’obligation , mais je n’ai jamais aspiré au bonheur de produire aucune impression sur son cœur virginal. — Vous plaisanta; mais, sérieusement, savez -vou» que Fanny elle-même m’a donné à entendre que vous lui aviez fait des propositions, et que vous alliez vous unira elle par des liens solennels? — Vraiment, madame! s’écria une perçante voix de femme ; moi, je vous ai donné à entendre que j'allais m unir à un assassin qui a vec *é le sang de mon pète!
j'aurai* élé éprise d’un être immonde que je ne voudrai* pat loucher l avec des pincettes, de peur de me salir! Le crojroa- vous, madame? le cray ii- vous?
A ces mol*, misa Squeer* ouvrit 1a porte, et découvrit aua yeui de* couvive* étonnés non-aeule meut aa personne symétriquement ornée de* chaste» vêtement* blancs ci dessus décrits (toujours le* même», quoiqu’un peu plus saies), mais encore son frère et son père, le couple des Wackford*
— Il faut en finir, poursuivit miss Squeer* , il faut en finir; j’ai trop aimé cet être à drus face», cette vipère, cette sirène! J’ai trop longlemp* supporté sa fausseté, sa bassesse, sa perfidie, les artifiots qu’elle emploie pour s'attirer les hommages des esprits vulgaires, artifices qui me font rougir pour mon... pour mon... — Pour mou sese, lui sng féxa M. Squeer», dont on pouvait dire avec rai»oa qu’il regardait la société d un mauvais «eil. — Je suis lasse d’bOQorer «le mou patronage une aussi vile créature. — Ne dite» pas de pareilles sottises, interrompit madame Browdie s’avançant en drpit des efforts de son mari pour la retenir. — Ne vous ai-je pas honorée de mou patronage, madame? — Non! — Je ne chercherai pat k vous faire rougir; car votre figure ne saurait ciprimrr que l’elTnintcrie. — Tout Jicau, tout bcaul dit John Browdie, dont ces injures réitérées commençaient à échauffer U bile. — Quant à vous, muusieur Browdie, reprit iui«i Squeer*, je n’éprouve pour vous que de la pitié. — Bab ! dit John. — Oui , commua miss Squeers en regardant son père de côté; quoique j’aie un drôle de genre, et que je ne paraisse pas pressée de me marier, vous ne m’inspire* pas d’autre sentiment que la pitié. — Je sais le sort qui vous attend, et futaîcx-vous mon plus cruel ennemi, je ne pourrais rien vous souhaiter de pi»! — ( «la u’empêrbe pas que vous ne série* pas fâchée d’ètre à ma place, dit madame Browdie. — Que vous êtes spirituelle , madame! répliqua miss Squeer» en faisant une profonde révérence} voua ave* autant d’esprit que d’adresse. C’était bien adroit de votre part, madame , de profiter du temps où j’éiais allée pri mire le thé avec mon pèrel qu< I dommage que l'on soit aussi rusée que vous, et que l'on contrecarre vos plans! — Ne prenri pas 0 *s grands air* avec moi, enfant, dit madame Browdie. — Appelr*moi miss Squeers, madame , s’il voua plait. Il faut eu finir... — Eh! Fannj , s'écria John Browdie impatient, il y a une heure que vous dite* qu’il faut en finir, et vous n'en finisse* pas. — Merci de votre avis, répondit miss Squeers avec une poli esse étudiée; ou ne voua le demandait pas, monsieur Browdie; aye* la bonté de ne point m'interpeller par mou nom de baptême. Mathilde, je renonce à vous, je vous abandonne k jamais, et, fût-ce pour me sauver de la mort, je ne voudrais pas avoir d'enfant qui s’appelât Mathilde. — Avant de le nommer, fit obaerver John, attendes au moiu* qu'il *oit venu. — John , ne la lourmeutc* pas! dit madame Browdie. — Quelle attention! s'écria miss Squeers en se rengorgeant. — Ceui qui écoutent au* portes, reprit madame Browdie, entendent rarement dire du bien d’eut ; mai», je puis vous l’avouer, j'ai tant de fois parlé avantageusement de vou* en voire absence, que vous uedevrir* pas vous irriter de ce que vous ave* entendu. — Assurément , madame, et je vous dois mille remerciaient* de votre bonté. — D'ailleurs, ajouta madame Browdie. je u'ai dit que la vérité, et , en tout cas, j'en suis fichée, et je vous en demande pardon. Voua ni'aves plus maltraitée cent foi*, mats je ne vou» ai point gatdé rancune; imites-moi donc ..
Misa Squeer* ne répondit qu'en toisant son ancienne amie de la tète au* pieds, et eu levant le nr* rn l'air avec un ineffable dédain. Quelques épithètes injurieuses lui échappèrent ; elle te mordit le» ievres, et de profonds soupir* démontrèrent que ce qu'elle éprouvait était ioeiprimahle.
Durant celle conversation , le jeune Wackford , voyant qu’on ne faisait p*s attention à lui, et «entant s'éveiller ses inclinations prédominantes, s’était approché à pas furtifs de la table, et avait dirigé de légères escarmouche* contre les aliments. Il avait promené scs doigt» •ur le bord des plau, ratissé avec des croûtes la superficie du beurre, ruipoehé des morceau* de sacre. N'éprouvant ancun obstacle, il s’é- Uit permis une collation sssc* copieuse , et creusait en ce moment le plié.
L'es munœuvres n'avaient point échappé k M. Squeers, qui, tant que l’atleution de ta société avait été filée sur d'auire* objets, s'était applaudi de voir son fila s'engraisser aux dépens de l'ennemi. Mais le calme semblait proviioirement rétabli; le petit Wackford allait être pris en flagrant délit, et son père, teignant de le remarquer pour la première fois . lui donna un soiilUet qui fit retentir les lasse* et les assiettes. — Vous mange* les reste* d<s eunemis de votre père! s’écria-t-il, et vous ne craignes pas d’en être empoisonné, fil* dénaturé ! j — Q» “e lui fera pas de mal , dit Job, qui parut enchanté de voir un homme intervenir dsp* la dupute; laisses-le manger; je voudrais que tous «os élève* fussent ici, je leur donnerais quelque cbo»e pour restaurer leur* malheureux estomacs, dusse -je y dépenser mon dernier sou!
Squeers le regarda avec la plus malicieuse expression dont il fftt ci- | pable, et il avait en ce genre une capacité très-étendue; puis H lui montra le poing.
— Allons, allons , maître d'éoole , ne faites pas de bêtises; car je n'aura»* qu'a remuer le doigt pour voua renverser. — Cest yous, l
n'esl-ce psi , qui ave* prêté secours à mon- élève fugitif? — Moi !... eh bien ! oui , c'e»t moi ; sprè» ? — Vous l'entende*, mon enfant . dit Bqueers prenant sa fille k témoin; il en convient! - Je dirai plu* , s'écria Jobn, si un autre de vos élèvea se sauvait, je recommencerais; si vingt de vos élève* se sauvaient, je recommencerai* viogt foi*. Je dirai plus , maintenant que je suis échauffé, je vous dirai que voua êtes un vieux coquiu: et bien vous prend d’être vieux, car je vous aurais écrasé quand vous êtes venu conter à on honnête homme comment vous vou* élirt emparé de ce piuvre diable. — Un honnête homme! a’écrie Squeers ironiquement. — Oui , un honnête homme, qui n’a à se reprocher que d’avoir mis les pieds sous la même table que vous. — Des injure*, dit Squeers d’un air de triomphe. J’ai deux témoins; non» vous lenont, monsieur. Ah! je suis un coquia ! (J|. Squeers tira son portefeuille, et consigna le fait dam une noie.) Très- bien, ce mot vous cofttera.vingt livres aux prochaines assise* , monsieur. — A«*x »ssi*ea ? vous ferica mieux de n’en pas parler. Les mailrrs d'école d’Yorksbire ont eu souvent des démêlé* avec la justice, et c’r»t un sujet sur lequel il est prudent de vous taire.
M. Squeers, blême de colère, secoua la tête d'une manière menaçante, donna le bras à sa fille , prit le petit Wackford par la tnato , et battit en retraite vers la porte.
— Quant ii vou», dit il a'ad ressent à Nicolas, qui, lui avant déjà donné une leçon, a’ét-il abstenu de prendre parta la discussion . je m'occuperai de vous avant peu. Vous rnlevex le* enfaut»; mais preue* garde que leurs purent* n'interviennent pour le* remettre entièrement a ma charge, je vou* en averti*. — Je ne crains rien , répoudil Nicolas en hauv-ant les épaule*. — Nous vrrron» , répliqua Squeers avec un regard diabolique; maintenant partons. — Je quitte à jamais cette société, dit miss Squeers avec hauteur, l’air qu’elle respire c*t un poison pour moi. Pauvre M. Browdie, je le plaint; on l’abuse! U artificieuse Mathilde !
Apres cette dernière explosion de majestueux emportement, miss Squeers sortit de la chambre. Elle avait soutenu va dignité jusqu’au bout; mai* on l'entendit sangloter dans le corridor.
Jobn Browdie. la bouche ouverte, promena un moment se* regards de sa femme à Nicolas. Sa main tomba par hasard *ur le cruchon de bière , il le prit ; sa figure disparut un instant derrière , puis il le tendit k Nicolas et sonna.
— Alerte, garçou ! dit-il précipitamment , préparet-non* quelques grillade* pour le" souper; un bon plat, copieux, pour dix heures. Apportr* de l’eau-de-vie, de l’ean et des pantoufles, le» plus grandes de la maiion. Dicn merci! nous n’aurous h sortir aujourd'hui pour aller chercher personne, et nou* passerons tranquillement D aotrée.
Et il se frotta les mains.