CHAPITRE XLII
L’aspect de la vieille maison où demeurait Arthur Gride était propre k inspirer le» idées les plus fantasti |ucs. Ellr était, lOinme lui. jann* et ridée. Des chaises maigres, des table» oiseuses, dures ri froides comme de» cœurs d'avare, étaient rangées tristement le long de ses murs sombres. Des armoires, sèches et usées à force de gard. r les tréoors de l'usurier, t rem h ôtaient sans cesse, comme par crainte des voleurs, et, s’enfonçant en des coins reculés, où elles ne jetaient point d’ombre sur le sol , elles paraissaient éviter les regards curieux. Dite grande horloge faisait entendre un tic-tac sourd et plaintif , et le bruit de son aigre sonnerie ressemblait au cri d’un vieillard prêta périr d'inanition.
Lk, point de sofa pour inviter au repos. Les fauteuils qu'on y voyait avaient un air soupçonneux et embarrassé , terraient timidement les bras et ae tenaient sur leurs gardes. Quelques-uns, qui n’avaient que les os et la peau , semblaient vouloir faire sauver les intrus par leur farouche physionomie. Les lits n’étaient faits que pour l’insonraie et le» songes pénibles ; et quand le vent soulevait les tentures poudreuses, on eût dit qu’elles tremblaient qu’on aperçût les richesses enserrées dans de mystérieux cabinets.
Dans la plus triste chambre de cette maisoo résonnèrrnt un matin les accents de U voix tremblante du vieui Gride. Il fredonnait une vieille chanson oubliée dont le refrain était :
Tra, la, la, la Voilà
üae heureuse nouvelle!
Tra. la, la, la,
J'fpouscra» ma belle !
Il répéta ce refrain jutqu’k ce qu’un violent accès de toux l’obligeât de cesser et de poursuivre en silence tou occupation.
Celte occupation consistait k ôter un k un d’une garde-robe rongée de vers, une masse informe de vêlements râpés; il les exposait» la lumière, les soumettait k une minutieuse inspection, les pliait *v.c Min, et les part geait en deux las. Avant d’examiner chaque article de toilette, il ne manquait jamais de fermer la porte de la garderobe, et d’en tourner la clef.
— Voici, dit-il, un habit couleur de tabac. Suis-je bien en habit couleur de tabac?
Le résultat de ses réflexions parut défavorable; car il mit l’babil de côté, et monta sur une chaise, pour en chercher un autre, en chantant :
Que l’on éprouve d'allégresse
A voir ces amants réunis !
Que de gréro, que de jeunesse!
Un vrai bonheur leur est promis I
Il est toujours question de jeunesse dans le* chansons, m dit le vieil Arthur; mais ce mot n'est mis Ik que pour la rime, et d'ailleurs c’est un refrain que chantaient les paysaua quand j'étais enfant. Pourtant, j'y songe, U chanson dit vrai : jeunesse s'applique k 1a fiancée, c'eat évident. Hé ! hé ! hé !
Enchanté de cette découverte , il répéta le vers avec nne vive satisfaction.
— Ah! si je prenais mon habit vert-bouteille; je l’ai acheté pour rien cbex un fripier, et il y avait un shilling dans la poche de côté. Dire que le fripier ne s’en doutait pas; mais moi j'ai bien senti la pièce eu examinant le drap. Get habit vert-bouteille m’a porté bon-
t'n joutir au» courues île II -niplim.
Leur; la prendre fois que je l'ai mis, lord Mallowford fol brûlé dans son lil, et tous les post obit échurent Je me marierai donc en babil vert-bouteille, Peg, Peg S iderskew, je mettrai l’babit vertbouteille.
Cet appel , répété deui ou trois fois à haute voit, lit apparaître dans la chambre une vieille aut yeux chassieux, courte, mince et hideuse, qui, essuyaut sa face ridée avec ton sale tablier, demanda du ton dont parlent ordinairement les sourds:
— Est-ce vous qui m’avex appelé , ou est-ce l'horloge qui a sonné? Mon oreille devient si dure que je ne tais jamais h quoi m'eu tenir; mais quand j’entends du bruit, je sais qu'il doit venir de vous, car personne n'entre ici. — Cesl moi, Peg Sbderskew, dit Arthur Gridc en se frappant la poitrine pour rendre la réponse plus intelligible.—
vieux msitre par le bout du net, Peg, pas même une jolie femme... et à plus forte raison une laide, madame Slidertkew, ajouta-t-il à part. — Vous venez de dire quelque chose que vous n'avrs pat voulu
S ie j’entendisse. — Cette femme a le diable au corps, murmura Arur. J’ai dit, Peg, que j'avais pleine confiance en vous. — Et vous faites bien. — Ainsi, raccommodez mon babil vert-bouteille avec de la soie noire. Procurez-vous-en un écbeveau , et achetez des boutons neufs. A propos, j'ai une idée qui vous charmera , je crois; comme je n’ai encore rien donné à ma future, et que les jeunes fille» sont sensibles aux petits présents, vous nettoierez un beau collier que j'ai làhaut, et je le lui donnerai le matin de ses noces; je le mettrai moimême autour de son cou charmant, et je le reprendrai le lendemain.
Hé! bé! bé!
Madame Slidertkew parut approuver hautement ce plan ingénieux, et es prima sa satisfaction par diverses contorsions, qui n'ajoutèrent rien à ses charmes. Elle s'en alla clopin-clopaut vers la porte , et descendit l'escalier en s'arrêtant à chaque marche pour reprendre haleine, et murmurant des imprécations contre la future madame Gride. — Elle est presque sorcière, te dit Arthur Gride resté seul; mais elle est très-frugale et très-sourde. Sa nourriture ne coûte rien, et il lui serait entièrement inutile d'écouler aut portes. C'est une femme charmante... pour ce que j'en veux faire; une femme de charge très-di»crele , et qui vaut sou pesant .. de cuivre.
Après avoir ainsi exalté les mérites de ta domestique, le viiil Arthur reprit ses refrains et remettait eu place les habits, quand le bruit de la sonnette le fit tressaillir.
Il acheva à la hâte de fermer l'armoire; mais il n'avail pas besoin de se presser, car la discrète Peg ne s'apercevait qu'on sounait que lorsque , levant les yeux par hasard , elle voyait le fil de fer de la son nette danser au pUfoud de la cuisine. Cepend-nt Peg parut bfeutét après, suivie de Newman Nogga. — Ah! momieur Noggs. s'écria Arthur Gride en se frotunt les mains. Mon cher ami, quelles nouvelle* m'apportez-vous? — Une lettre de M. Nickicby ; j'attends la réponse. — \ ouirz-vous prendre...
Vous! eh bien! que voulez vous? — Je veux me marier en habi* vert-bouteille — Il est trop bon pour servir à vos noers, maître , reprit IVf» Sliderskew âpre» un lapide eiamen du co«lunie. N>» avetvous pus de plus mauvais? Pourquoi ne vous mariez-vous pas avec vos hardes de tous les jours? — Cr»I que je veux être aussi bien que possible. — Aussi bien que po*-ible ! Allez, que vou» soyrs eu babil gris, vrrl-bouleille, bleu de-ciel, ou marron, votre liaucée ne ■ ou-, trouvera ni mieux ni plus mal, soyez-en sûr.
Là-dessus, Peg Slidrr»krw prit l'habit préféré entre ses bras décharnés, et ricana au poiut que les larmes lui vinrent aux yrtil.
— Vous êtes de bonne humeur, Peg? dit Arthur d'assez mauvaise grâce. — Il y s de quoi, reprit 1a vi- ille femme. Mais ça ne durer» pss, je vous en avertis, si l’on veut m’imposer des lois. Votre vieille femme de charge, Peg Slidertkew , ne souffrira point, vous le savez, qu'on la traite de haut en bas; et quand elle »ou» quittera, ce sera votre ruine. — Vous ne me quitterez jamais , dit Arthur, que ce mot de ruine épouvantât. Il faudra redoubler de soin et d’économie qusnd nous aurons une bouche de plus à nourrir. Seulement, Peg, nous nous arrangerons pour ne pas faire perdre au teint de ma femme cet éclat qui me séduit. — Cet éclat peut vous coûter cher à entretenir, prenez- y garde, répondit Peg en remuant l'index. — Mais, Ef». elle peut elle-même gagner de l'argent, dit Arthur Gride épiant allemivemenl l’effet de cette communication sur la physionomie de 1a vieille: elle sait dessiner, peindre , travailler à toutes sortes de jolis ouvrages propres à orner le* chaises et les tabourets, faire des pantoufles, des chaîne» de montre, des tresses de cheveux, et mille bagatelles dont j'ignore les noms. Elle sait aussi jouer du piano (elle en a un , qui plus est), et elle cbante comme plusieurs rossignol». Sa toilette et son entretien ne coûteront presque rien. — Oui, si elle ne vous mène point par le bout du net. — Personne ne mènera votre
1 Billet* que font * de* usuriers les héritier» d'une personne vivante . et qui »iot payables à sa mort Celle sorte de convention est dt-fendue par kee code* fntfiui.
Newman leva les yeux , et se lérhs les lèvres.
— Une chaise? dit Arthur Gride. — Non . merci.
Arthur ouvrit la lettre d’une main tremblante, en dévora avidement le contenu, et la relut tant de fois, en poussant d'extatiques exclamations, que Newman crut nécessaire de lui rappeler qu’il était là. — J'attends U réponse. — Ab ! c'est vrai; ooi , je l'avais presque oublié. Je vais écrire un mot; je suis un peu... un peu troublé, monsieur Noggs. La nouvelle est... — Mauvaise? — Non, monsieur Noggi, excellente. Asseyes-vous; je vais chercher une plume et de l’encre, et écrira un mot de réponse. Je ne vous retiendrai pas longtemps , je sais que vous êtes un trésor poor votre msitre, monsieur Noggs. U parle quelquefois de vous en termes dont vous séries étonné, et j«
— Eh' bien donc, monsieur Noggs, dit Arthur (.ride , nous allons boira k la santé d'une dame.
dis toujours comme lui. — C'est-à-dire que vous m'envoye* tous deux au diable, penu Newman.
Grille, dans son empressement, avait laissé tomber la lettre. Curieui de ronnailre le résultat du projet qu'ii avait involontairement découvert, .Newman lut rapidement ce qui suit:
• G nos,
• J’ai revu Bray ce matin, et, romrne vous l'aviet demandé, j’ai proposé de fixer le mariage à après-demain. Il ne s'y oppose pas, et tous les jours sont indifférents a ta tille. Nous irons ensemble; venes me trouver à sept heures du matin. Je n'ai pat besoin de vous recommander l'esactitude.
• Jusque-là ne faites pas de visites à la jeune fille. Vous avca été la voir trop aouvrnt : elle désire peu votre présence; modères pendant quarante-huit heures votre ardeur juvénile, et laitses-la avec son père. Vou» ne serves qu'à détruire ce qu’il fait.
• Tout à vous,
> Rai ni Nickleby. ■
Les pas de Gride te firent entendre au dehors. Newman remit la lettre a terre, la foula du pied pour l'y maintenir, regagna aa chaise, et prit un air d'indifférence et de distraction. Arthur Gride «perçut la lettre, la ramassa, et, s’asseyant pour écrire, regarda Newman Noggs, qui contemplait la muraille avec une fixilé ti remarquable, qu'Arthur en fut tout alarmé. — Voyes-vous quelque chose de particulier, monsieur Nogt;»? demanda Arthur.
Et il essaya de suivre la direction des yeux de Newman; mais c’était chose impossible, et personne n’y était jamais parvenu. — Je ne vois qu’une toile d'aruip,née, dit Newman. — C’est là tout? — Non; il y a une mouche dedans. — Il y a ici beaucoup de toiles d'araignée , lui lit observer Arthur Gride. — Cesl comme che* nous; et beaucoup de mouches s’y laissent prendre aussi.
New min parut enchanté de sa repartie, et , à la vive souffrance des nerfs d’Ar'hur Gride , il fit craquer les articulations de ses doigts avec un bruit pareil a celui d'une décharge de mousquelerie. Cependant Arthur parvint à achever sa lettre, et la remit a l'étrange messager. — Voilà , monsieur JVoggi.
. Newman la mit dans son chapeau, et allait décamper, Quand Gride, dont le ravissement ne connaissait plus de bornes , lui fit signe de revenir, et lui dit :
— Voulez vous... voulex-vous prendre une goutte de quelque chose?
Newman n’aurait pas voulu boire fraternellement avec Gride le vin le plus exquis du monde; mais, pour le punir autant que possible, il accepta l’offre immédiatement.
Arthur Gride ouvrit donc l’armoire, et prit une bouteille poudreuse et deux verres à patte excessivement petits sur une planche chargée de verres de Flandre, do cruches hollandaise» au con de
cigogne, et d'autre» curiosités.
— Vous n’aves jamais goûté de ça ? dit Arthur ; c’est de l'eau d'or, de l'eau d'or. Je J'aime è cause de son nom De l’eau d’or I Mon Dieu , il me setnble que c'est un péché d’en boire.
Son coange paraissait sur le point de défaillir, et il remuait la bouteille de manière à faire craindre qu'il ne la remit en place; mais Newman prit Un des petite tretres et le fit tinter contre la bouteille, comme pour avertir doucement qu’il n'était pas encore servi. Arthur Gride, avec un profoud soupir, remplit l«tiiemcnt, mais non jusqu’au bord , le verre de Newman . puis le sien.
— Arrêtes! ne buves pas encore, dit-il en pasisnt ta m.iin sur celle de New man ; on m’a donné cette eau il y a vingt ans , et lorsque j’cu bois, ce qui est très-rare, j'aime è ne pas me presser. Voulez-vous porter une santé, monsieur Noggi? — Ah! dépêchons-nous, dit Noggs lorgnant son verre avec impatience. — Eh bien! donc, monsieur Noggt, nous allons boire è la santé d’une dame. — Des dames ? — Non, d'une dame; cela vous étonne, n'eat-ce pas? A la petite Madeleine I — A la petite Madeleine ! dit Newman, et il ajouta intérieurement: Dien U protège!
La rapidité et l'indifférence avec lesquelles Newman fit disparaître aa ration d'eau d'or produisit une vive impression sur le vieillard, qui le conlempla la bouche ouverte et comme éperdu. Sans te déconcerter toutefois, Newman laissa Gride tavourer è loisir sa liqueur, ou la remettre dans la bouteille , et partit après avoir graudement outragé la dignité de P«'g SI idc rAew, qu'il heurta au passage sans lui adresser la moindre rieuse.
— Vous avrx élé longtemps, dit Ralph quand Newman fut de retour. — C'est lui qui « été longtemps. — IGh! Donnes-moi son billet, s’il en a écrit un; sinon, rendm-moi sa réponse verbale. Ne sortes pas ; j'ai un mot è vous dire.
Newman tendit la lettre, et prit un air d'innocence et de vertu pendant que sou patron la lisait.
— Il me promet de venir, murmura Ralph en déchirant le billet, è quoi bon écrire pour cela ! Noggs, ditrs-moi , s'il voua plaît , quel est l’homme que j'a» vu avec vous dans la rue -hier au soir? — Je ne
— Faut-il vous rafraîchir la mémoire? dit Halpli d’un ton menaçant Je vous dis, répliqua hardiment Newman , que Je ne 10
connais pas du tout; il est venu ici deux fois et voua a demandé , vous élirs sorti, il est revenu, vous l'avet mis à la porte. Il a donné le nom de Urooker. — Je le sais. Eh bien ? — Eh bien! il a rôdé autour d’ici et m'a suivi dans la rue. Il me persécute tous les soirs, et me presse de le mettre en rapport avec vous. Il dit qu’il veut vous voir face à face, qu'il faut que vous l’écoutiet. — Et que lui répon- ■ lei-vouf? demanda Ralph filant sur son commit un œil perçant. — •J uc cela ne me regarde pas, qu'il n'a qu’à vous attendre dans la rue; mais mes remontrauces sont inutiles. Il dit qu’il veut être tète à tète avec vous, dans une chambre fermée à clef, où il pourra vous parler sans crainte, et que vous changerea bientôt de ton. — Quelle audace!— Voilà tout ce que je sais; je vous répète que jeue le connais pas. Pourquoi m'interroger? Vous l'ave» vu; voua le connaisse» uns doute? — Oui, reprit Ralph ; c'est un vagabond, un fainéant, un déporté libéré , un scélérat qu’on a lAché la corde au cou, un escroc qui a osé me tendre des piégea. La première fois qu'il vous arrêtera , livrci-le à la police , comme ayant tenté d’escroquer de l'argent par des mensonges et des menaces. Après quelque temps de prison, je parie qu’il ira chercher d'autres gens è duper. — J'entends. — Faites cela, et je vous récompenserai. Maintenant, voua pouvex vou* retirer.
Newman se bâta de profiter de la permission , et alla méditer dans son bureau jusqu'au soir. La nuit venue, il courut se mettre en embuscade auprès de la pompe pour y attendre Nicolas; car Newman était fier h ta manière, et ne pouvait te résoudre , avec ses humbles vêtements, à se présenter aux frères Cheeryble comme ami de leur protégé.
Il était à son poste depuis quelques minutes, lorsque Nicolas arriva.
— Je suis charmé de von* voir, dit-il ; je songeais è vous tout à l'heure. — Et mot à vous, répondit Newman. Je n'ai pu m'empècher de venir ce soir ; je crois que je suis sur le point de découvrir quelque chose. — Quoi donc? dit Nicolas souriant de cette singulière communication. — Je l'ignore, dit Newman; c'est un secret qui concerne votre oncle, mais que je n’ai pas encore pu dévoiler, quoique j'aie de forts soupçons dont ii est actuellement inutile de vous faire part pour ne pas vous exposer à des désappointements. — Moil s'écria Nicolas. — > oui-même. J’ai idée que ce «cret voui intéresse. J'ai déterré un homme qui en sait plus qu'il n'en veut dire , et il a déjà lancé quelques mois pour m'intriguer ; mais il faut agir avec la plus grande circonspection, le vieux renard nous guette.
Nicolas essaya inutilement d’en savoir davantage. Seulement Newman lui expliqua comment, surpris par Ralph avec l'inconnu, il avait dérouté le susdit Ralph par une fausse naïveté.
Nicolas, qui connaissait les penchants qu'attestait suffisamment le mx de son ami, conduisit Newman dans une taverne écartée, et, en passant en revue les événements qui avaient signalé leurs relations , ils parlèrent des amours de Nicolas.
— Ça me rappelle, dit New man, que vous ne m’avex jamais dit le nom de la jeune personne. — Madeleine, dit Nicolas. — Madeleine, cria Newman. Quelle Madeleine? Son autre nom... son autre nom? — liray, dit Nicolas étonné. — C’est elle! s’écria Newman. Ficheuae aventure! Pouvex-vous rester aussi tranquille et laisser cet infâme mariage s'accomplir sans essayer de la sauver? — Quel mariage ? que voulesvoua dire ? êtes-vous fou? — Etes-vous aveugle, sourd, muet, inanimé? dit Newman. Savet-vout que dans un jour, grAce à votre oncle Halph, elle va épouser un homme aussi méchant que lui , et pire s'il est possible? savez-vous que dans un jour on va la sacrifier à un misérable voué au diable depuis sa naissance? — Prenrs garde à ce qne vous dites, répliqua Nicolas. — Pourquoi ne m'avex-vous pas dit son nom ?nous aurions eu au moins le temps de la réflexion!
Il ne fut p.i s facile d'obtenir des renseignements de Newman. Dès que Nicolas eut eutendu le funeste récit, pAle et tremblant de tout ses membres il s’élança hors de la maison.
— Arrêtex-le! cria Newman courant à sa poursuite. Il va faire un coup de tête ; il va tuer quelqu'un ! Arrêiez-le ! Au voleur ! au voleur !