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CHAPITRE XLIIJ

Voyant Newman déterminé è l'arrêter à tout prix, Nicolas ralentit le pas, et lui permit de le rejoindre.

— Je vais che» Bray, dit Nicolas; je veux le voir, et, s'il y a encore en son cœur les moindres senlimrnts d'humanité et de trndresee paternelle, je suis sûr de les réveiller. — Garde»-vous-eii bien , répondit Newman. — Alors, dit Nicolas, je suivrai ma première impulsion , et j'irai droit rhex Ralph Nickleby. — Mais il sera an lit quand vous nrriverr». — Je l'en arracherai. — Bah ! bah! calmesvous. — Vous êtes le meilleur de mes amis, reprit Nicolas après un moment de silence. J'ai résisté à bien des malheurs; mais, je le déclare, le coup qui frappe cette jeune fille me réduit au désespoir, et je ne sais que faire.

En effet, la situation était embarrassante. Il était impossible de faire usage de ce qu'avait appris Newman dans son placard ; le pacte de Halph et de Gride ne suffisait ni pour faire casier le mariage, ni pour y rendre Bray contraire. Quant au principal motif du mariage,

NICOLAS NICKLBBT.

Arthur G ride l’avait très-obicu riment énoncé, et lei fumées du vio avaient empêché Newman de le comprendre.

— Plus le cas est grave, dit Newman, plus il nous faut de sangfroid et de raison. Ou sont les deux frères? — Ils sont absents pour une affaire pressante, et ne reviendront que dans une semaine. — N'y a-t-il aucun moyen de communiquer avec eux, et de presser le retour de l’un d'eux’, de manière à le faire arriver demain soir? — Aucun. La mer les sépare de nous, et, même avec un vent favorable, il faut pour «lier et revenir trois jours et trois nuits. — Et Irur neveu et le vieux commis? — Ils ne peuvent rien pour nous. On m’a recommandé envers eux le plos profond silence à ce sujet, et je n'ai pas le droit de trahir la confiance qu'on m'a accordée. Uu miracle peut seul empêcher ce monstrueux sacrifice. Le père insiste, la fille consent; ers démons la liennrnl dans leurs filets, la loi, l'argent, la puissance , tout est pour eux. Comment la sauver? — Espères, dit New man en lui frappant sur le dos. Espère» ; remuez ciel et terre, ce sera toujours une consolai ion pour vous de savoir que vous avei fait tous vos efforts.

Nicolas avait besoin d’encouragement , car celle brusque nouvelle l’avait anéanti ; mais le dévouement sincère que lui témoignait Newman lui rendit un peu de fermeté.

— Vous medonnes une Itou twlrçou, dit-il, et j’en profilerai, Newman. Il est une démarche que je puis faire et ttnler, et je m’en occuperai demain. — Laquelle? Que prétrndex-vous faire? menacer Halph? voir le père? — Non; mais la fille. Haisonner avec elle de celte odieuse union, lui montrer l'abimc où elle te précipite, la conjurer de s'arrêter. Peut-être n’utelle point de conseiller, et peut être parviendrai-je à l'impressionner, bien qu’il n'en soit plus temps. — Bravo, bravo! dit Newman. — ht je le déclare, s'écria Nicolas avec l’enllioutiasme d’un houuèlc homme, ma conduite n'est point dirigée p»r des considérations per-omielle* , mais par ma pillé pour elle, par mou horreur pour cet affreux projet; et j'.tgirais de même si j'avais vingt rivaux, et que je fusse le moins favorisé de tous. — Je voua crois; mais où allez-vous mainteuant? — (.lin moi. M'accompagntzvous? — Oui, si vous marchez ; non, si vous courez. — Je ne puis marcher tranquillement ce soir. Il me faut du mouvement de l’agitation. Je vous dirai demain ce que j’aurai fait.

Sans attendre une réponse, il s'éloigna d'un pas rapide, et ic perdit bientôt dans la foule qui encombrait les rues.

— Il est violent parfois se dit Newman, et cependant j’aime ses emportements. Je lui ai dit d'espérer ! Il a pour adversaires Ilalph et Gride réunis, et il espérerait ! Oh ! oh !

Ce fut par un sourire mélancolique que Newman Noggs termina ce monologue, et ce fut ru secouant tristement la tète et avre un air pensif qu’il retourna dans son grenier; il était trop inquiet pour songer à la taverne.

Le même jour, miss Morleena Kenwigs avait reçu une invitation de se rendre le lendemain , par un bateau it vapeur, dans l'île du PAtc-d’Anguilles , à Twickenham , pour y manger des crevettes et y danser en plein air aux accords d'un orchestre ambulant. Le bateau à vapeur avait été retenu pir un maître de danse très-répandu, et ses nombreux élèves lui avaient témoigné leur reconnaissance en achetant eux- mêmes, et en faisant acheter par leurs amis, de petits billets bleuclair, qui donnaient le droit de se joindre à ('expédition chorégraphique. Une voisine avait offert un billet à miss Morleena en l'invitant à accompagner ses filles, et madame Kenwigs, jalouse de soutenir le nom de su famille, travaillait encore à la toilette de Morleena quand Newman Noggs rentra chex lui.

Occupée de plisser des collerettes . de repasser des robes et de s’évanouir par intervalles , madame Kenwigs n'avait pas remarqué que les tresses de cheveux de miss Morleena étaient, en quelque sorte, montées en graine , rt qu'il fallait toute l'habileté du coiffeur pour reconstruire l'édifice de cette coilfure sans rivales. Celte découverte mit la bonne mère au désespoir, car le coiffeur demeurait trois rues plus loin ; il était dangereux de laissa Morleena y aller seule, quand même c'eut été convenable, ce dont madame Kenwigs doutait. M. Kenwigs était sorti, et personne n’était là pour la conduire.

Madame Kenwigs désolée commença p r battre** fille.

— Ingrate enfant, s'éeria-t-cllc , pourquoi ne m’avoir pas dit que vos cheveux poussaient? — Ce n’est pas ma faute, ma mère. — Ne me parles pas, vilaine! Si je vous laissais allrr seule chez le coiffeur, je sais que vous iriez clin Laura Chopkins ‘c’était la fille aînée de la voisine), et que vous lui diriez tout ce que vous allez mettre demain. Ou ne peut vous péril re de vue uuseul instant.

Madame Kenwigs déplorait en ces termes la perversité de sa fille, quand les pas de Newman Noggs sc firent entendre. Madame Kenwigs essuya ses larmes, courut après lui sur l'escalier, et le SUppli* de nu ner Morleena «bez le coiffeur. Newman y consentit volontiers; et pi* u de minutes après, ils étaient sur le chemin de la boutique.

Le coiffeur était eu même temps barbier; sou établissement était des plus beaux, et les bustes en cire étalés aux carreaux étaient l’admiration de tout le voisinage. Quelque-, daines prétendaient que l'un des bu>tes était le portrait du jeune coiffeur, auquel il ressemblait en effet par ses cheveux luisants, séparés au milieu et tombant en boucles épaisses sur les côtés. Mais d’autres dames mieux informées, tout

en rendant justice ans charme* du coiffeur, affirmaient que le buste en question était un type idéal de la beauté masculine, type qu’on trouvait peut-être réalisé quelqurfois chex les anges et les militaires, mais qui s'incarnait rarement pour réjouir 1rs yeux des mortels.

Le coiffeur repassait son rasoir pour raser un vieux client ; mais comme il savait que miss Morleena avait trois soeurs douée» chacune de deux tresses de cheveux, il abandonna son client aux soins du garçon, par lequel les dame* n'aimaient pas h être servie* h cause de son Âge mûr et de son obésité.

En ce momeut un gros charbonnier se présenta U pipe h la bouche, et, se passant la main sur le menton, demanda quand ou pourrait le raser.

Le garçon, auquel cette question était adressée, regarda le patron d’un air équivoque, et le patron regard* le charbonnier d'un air de mépris.

' — Est-ce que vous croyez qu'on va vous râler, mon brave? —

Pourquoi pas? — Nou* ne rasons pas des gens de votre espèce.

Mai* je vous ai vu la semaine dernière raser un garçon boulanger.

Oui, mais il est nécessaire d'établir quelque part une ligne de démarcation , et iioqs ne descendons pu* au-decous des boulangers; car, dans le cas contraire, nos praiiques nous abandonneraient, et nous pourrions fermer boutique. Adressez vous ailleurs, s'il vous plaît.

Le charbonnier fit la grimace , jeta les yeux autour de la boutique comme pour déprécier les pots de pommade rt autre* marchandise* , Ôta sa pipe de sa bouche, siffla, la remit, et s’éloigna.

Le vieux monsieur qu’on était en train de raser ne parut faire aucune attention à cet ii rident; car, la face «lu côté du mur, il était plongé dans une rêverie douloureuse sans doute, à ta juger par les soupir* qu'il poussait de temps en temps. Quant à Newman, il demeura absorbé par la lecture du journal jusqu'à ce qu’un petit cci perçant de Moilcrna lui fit lever les yeux et il reconnut, comme elle, dans le vieux monsieur, M. Lillyvick le collecteur.

Les traits de M. I.illyvi k étaient bien (buigé*. Si jamais un vieillard s'était fait un devoir de paraître en public fraîchement et proprement rasé, c’était certainement M. Lillyvick. Si jamais collecteur avait eu un maintien de collecteur, et un air de «ligaité solennelle c’était, sans aucun doute, M. Lillyvick. Et maintenant, hélas! il avait uue barbe de plus de huit jours, et un jabot chiffonné qui rampait sur sa poitrine, au lieu de sc dresser hardiment. Sa tournure annonçait tant de cbagrio, tant d’abattement, tant de honte, tant d'hu mil ration, que si l'on avait pu concentrer en un seul corps les Ames de quarante propriétaires prives d'eau faute de payement de la taxe, ce seul corps aurait exprimé de moins douloureuses émotions.

Newman Noggs l’aborda, et M. Lillyvick chercha à dissimuler un gémissement par une toux; mai* ce fut peine inutile.

— Qu’avex-vous? dit Newman Noggs. — Ce que j'»i, monsieur! sécria Lillyvick. J’ai vidé le calice, monsieur, et il ne m'en reste que la lie!

Ce discours, dont Newman attribua le style à des rémin i scène®» dramatiques, n'éuit pas «ss<z explicite, et Newman allait réitérer sa question quand M. Lillyvick l'en empêcha.

— Attendez que je sois rasé, s'écria-t-il. J'aurai fini avant Morleeana ; voi.à Morleena , n’est-ce pas? — Oui. — Les Kenwigs ont un autre enfant, n’est-ce pas?— Oui. — Est-ce un beau garçon? — Mais il n’est pas trop laid. — Susannc Kenwigs avait coutume de dire que, si jamais elle avait un autre enfant, elle espérait qu'il me ressemble-* rail ; me ressemblr-t-il?

C'était une question embarrassante, et Newman se contenta de répondre que probablement, avec le temps, l'enfaut ressemblerait à M. LiUyvick.

— Je serai charmé de voir quelqu'un qui me ressemble avant de mourir. — Vous avet encore le temjis de spitger à la mort. — Attendez que je sois rasé, reprit M. Lillyvick d’uue voix solennelle, et, se remettant entre les main* d'un garçon , il cessa de parler.

C'était une mauière d'agir si remarquable que Morleena, au risque de se faire griller l'oreille, n’avait pu se défendre d'avaucer la télé une vingtaine de fois durant le précédent colloque; mais M. Lillyvick semblait chercher à éviter les regards de sa niée. Quand il tut rasé, il se leva, attendit que Morleena fût coiffée, prit le bras de Newman, et sortit avec lui et Morleena. Il demeura quelque temps sans parler, et Newman, que peu de gens égalaient en Ucjturuité, ne fit aucune tentative pour roqipre le silence. Ils étaient près de la maison de* Kenwigs quand M. Lillyvick prit la parole :

— Les Kenwigs Ont ils été bien affectés de cette nouvelle? — De quelle nouvelle? — De celle de. . — Votre mariage? — Hélas! oui’, reprit M. Lillyvick avec un gémissement qu’il ne chercha pas à déguiser. — Ma mère a bien pleuré, interrompit Morleena, nuis elle s'est consolée; mou père a clé au désespoir, mais il a repris courage depuis. J’ai moi-méme été très-malade, mais je vais mieux maintenant. — Moileena, dit le collecteur après uu iusiaut d’hésitation., voudries-vous embrasser votre grand-oncle Liliyvick, s il vous le demandait? — Avec pliisir, mon oncle, reprit miss .Morleena avec une énergie égale à celle de tous ses parents réunis; quant a madame Lillyvick, jamais je ne la regarderai comme ma taule.

Aussitôt M. Lillyvick serra miss Morleeua contre son cœur; et, se

os

trouvant à la porte de M. Kenwigs, il entra dam le salon, au milieu duquel il déposa la jeune fille. Monsieur et madame kenwigs étaient à souper; à la vne du parjure, madame kenvrig* devint pile, et son . mari se leva majestueusement.

— kenwigs, dit le collectenr, donnons-nous 1a main. — Monsieur, répondit le tourneur en ivoire, il y eut un temps où j'aurais été fier d'échanger une poignée de main avec vous; il y eut un temps oit voire visite eût éveillé dans le sein de ma famille les sentiments les plus doux et les plus naturels; mais aujourd'hui, je me demaude en vous voyant que sont devenus votre honneur, votre rectitude, votre humanité P — Susanne Kenwigs, ne me direi-vou* rien? reprit M. Lilly vick en se tournant humblement vers sa nièce. — Vous l'avex fait cruellement soulTrir, monsieur, s’écria kenwigs : pour qu'elle maintienne son nourrisson en bonne santé , pour qu’elle supporte U douleur que lui cauie votre conduite, ce n'est pas trop de quatre ebopines de bière par jour. — Je suis charmé, dit doucement le pauvre collecteur, que l'enfant se porte bien.

C'était loucher les kenwigs par leur point sensible. La femme fondit en larme;, et le mari parut vivement ému.

— Quand j’atiendais cet enfant, dit-il douloureusement, je me disais : Si r’e*t un garçon, comme je j’espère, et comme le souhaite son oncle Lillyvick, nous lui donnerons le nom que son oncle voudra, Pierre, Alexandre, Pompée ou Diogène, n'imporle lequel; et maintenant, lorsque je regarde ce pauvre innocent, qui ne se sert de ses petits liras que pour déchirer son petit bonnet, lorsque je le vois suspendu au sein de sa mère, et que je songe à l'abandon de son onde Lilljwick, j'éprouve une inexprimable soif de vengeance, et il me semble que ce malheureux eufanl me crie de détester son parent dénaturé I

Madame kenwigs voulut parler; mais à mesure que ses paroles essayaient de sortir, elles se noyaient dans l'impétueux torrent de ses larmes.

— Mou oncle, dit elle enfin, puis-je songer sans frémir que vous vous êtes détourné de moi, de mes enfants, et de kenwigs, qui est l’auteur de leur existence? Vous jadis si bienveillant, vous dont le petit Lillyvick, notre «iné, reçut le nom au pied de l'autel... — Ce n'est pas votre argr-nt que nous demandions, s'écria M. Kenwigs, nous n'y avons jamais songé. — Non, reprit madame kenwigs, je le méprise.

— Et moi aussi! — Mon cœur a été déchiré, dit madame Kenwigs; je vous le |urdonne, mon oncle, mais n 'espères pas que je la reçoive jamais, c’est au-dessus de mes forces.

Ici les émotions de madame Kenwigs devinrent si violentes que son mari fut obligé de lui administrer de la corue de cerf à l'intérieur et du vioaigre à l’extérieur.

Newman, demeuré spectateur muet de ce colloque, essaya alors de [ la calmer par ses observations , et M. Lillyvick dit d'une voix éteinte :

— Je ne demanderai jamais à personne de recevoir ma... il est inutile de la nommer. Il y a eu hier huit jours qu’elle s'est enfuie avec un capitaine.

Lrs deux époux tressaillirent.

— Oui, répéta M. Lillyvick, la perfide s'est laissé enlever par un capitaine, par un ivrogne dont personne n'aurait dû craindre la ri- ; Vanté, (le fut dans cette c.iambre que je vis pour la première fois Henriette l'elowker, c’est dans cette chambre que je renonce à elle pour jamais.

Cette déclaration changea complètement la face des choses; la femme se jeta au cou du vieux gentleman, en se reprochant amèrement sa dureté, et le mari lui jura » son tour une amitié éternelle. Madame kenwigs fut saisie d’horreur en songeant quelle avait pu nourrir dans sou sein un serpent, une couleuvre, une vipère, un crocodile aussi méprisable qu' Henriette Pelowker. M. Kenwigs déclara qu'il fallait qu’elle eût été bien perverse pour ne pas être corrigée par l'exemple des vertus de madame k'enwigs. Celle-ci se rappela avoir souvent répété à son mari qu'elle n’était pas satisfaite de la conduite d'Henriette, et s’élonua d'avoir pu s’aveugler un seul instant sur le compte d'une pareille créature M. Kenwigs se bouvint d’avoir eu dos soupçons; mais il n'était nullement étonné de l'aveuglement de sa femme, attendu qu’elle était pleine de chasteté, de | franchise et d'innocence, et Henriette de fausseté , de bassesse et de perfidie. Enfin les deux époux s’écrièrent que tout était pour le mieux, et conjurèrent le bon collecteur de ne pas s'abandonner a une douleur inutile, mais de chercher des consolations dans la société de ses parents, dont les bras et les cœurs lui étaient o-iverls.

— Par affection pour vous, Susanne kenwig», dit monsieur Lillyvirk, et nou par désir de me venger d'elle, car elle n’en vaut pas la peine . je placerai aur la tète de vos enfants, payable à l'époque de leur mariage ou de leur majorité, l’argent que je voulais leur laisser par testament. L’acte sera dressé dès demain, et M. Noggs sera l’an des témoins. Il entend ma promesse, et il en verra l’exécution.

Accablée de tant de générosité, la famille kenwigs se mit à sangloter; et le bruit des sanglots ayant réveillé les enfants couchés dam la chambre voisine, M. Kenwigs s'y précipita , les apporta deux pac deux entre ses bras, les jeta en bonnets de nuit et en chemises aux pieds de M. Lillyvick, et leùr enjoignit de le remercier et de le bénir

— Et maintenant, dit monsieur Lillyvick après cette scène attendrissante , donnri-moi à souper. Je suis arrivé ce matin, et j'ai erré toute la journée sans pouvoir me résoudre à vous rendre visite. Je ne lui refusais rien, je lai laissais faire toutes ses volontés, et voilà comment elle m’a récompensé! elle m’emporte douse petites cuillèrrt et vingt quatre livres... Ah! quand je ferai mes tournées de collecteur, je crois que je ne frapperai plus avec la même vigueur aux portes drs contribuables!... mais enfin n'en parlons plus. Ces petites cuillères avaient de la valeur... mais n’importe; oublions nos malheurs.

Grâce à un bon souper, à une bonne pipe, à une demi-doutaine de verres de punch, le collecteur sc montra bientôt résigné à son sort, et même presque satisfait d'être débarrassé de sa femme.

— Quand je vois cet homme, dit M. kenwigs, de retour vers le toit qu’il embellit de sa présence, je sens qu'il est «usai irréprochable. aussi grand dans la vie privée que dans ses fonctions publiques, et les voix de mes enfants, dont il a assuré l'existence, semblent me murmurer doucemru! que le ciel applaudit à notre réunion.

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