‹ Nicolas NicklebyChapitre 46 sur 52 · CHAPITRÉ L · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ L

Ralph était assis dans la chambre solitaire où il avait coutume de prendre ses repas. Il avait devant lui un déjeuner auquel H n'avait pas tombé, et sa inon're était négligemment posée sur la table; ï'he rc à laquelle il sortait habituellement était passée depuis longtemps, et pourtant il restait la tète dan* la main e: le» yeux bim'és vers la terre. Il 1rs leva tout à coup, et regarda précipitamment autour de lui comme un homme qui s'évtillc eu sursaut, et ne reconnaît pas immédiatement le lien où il se trouve. •

— Q l’est- ce donc qui pèse ainsi sur moi? je ne me suis jamais écouté, et je ne devrais pat être malade. Mais que peut faire un homme qui ne dort pas? I.e* nuits se succèdent, et je n’ai point de repos; les mêmes fij lires «télexées reviennent constamment troubler mou sommeil.

Eu r> piuss.int la table, comme si la vue «Us aliments lui eât inspiré du dégoût, il trouva sous tes doigts sa montre, dont les aiguilles marquaient près «le midi,

C'ed étrange? midi, et lYoggs n’est pas encore ici Di»* quelle tavern es'-il fourré? J«? donnerai» quelque argent, après la perte que j«* viens «le f ire, pour qu'il es 1 commis quelque crime qui le fit condamner à la déporta ion , et me di'barrass.it de lui; car c'est un traître, je le jure ; je u’aî px» de preuves, mai» j’en suis convaincs.

Après une demi-heure d’attente, il dépèeSa sa cuirinière au logement de Newman ; elle revint annoucer qu'il n'était pis rentré de la nuit, et qu'on ne savait où il était.

— Mais, monsieur, ajouta-t-elle, il y a en bas quelqu'un qui désire vous parler. — Je vous ai dit «|ue je ne voulais voir personne. — Il prétend que c'est pour une affaire importante. El j’ai cru que ce pouvait être pour... — Pourquoi , au nom du diable I dit Ralph préci pii a m meut. — Mon Dieu, monsieur! pour vous donner de* nouvelles de Newman, parce que j’ai vu que vous en étiez inquiet. — Que j’en étais inquiet, murmura Ralph, tout le monde m'épie maintenant. Uù est celte personne ? Que lui avez-vou* dit? — Elle e»l dans le petit bureau. Je lui ai dit que vous éliex occupé, mais que je m’occuperais de » commission. — Kb bien? je la verrai. Ailes k votre cuisine , et n’eu sortez pas.

Quand ta femme fut partie, Ralph descendit dans le bureau de Newman, s'arrêta quelques instants la main sur la clef de la porte, et se trouva en face de M. Charles Cbeerylde. De tous les hommes vivant», c'était celui qu'en toute circonstance il eut désiré le moins rrneontrer. Mais aujourd’hui qu'il le connaissait pour le protecteur de Nicolas, il eût préféré voir uu spectre. Toutefois, cette rcncoulre produisit sur lui uu effet favorable. Elle réveilla ses facultés endormies. ralluma ses pussions, remi t k ses lèvres leur sourire railleur, et eu fit extérieuremi'ut ce Ralph Nickleby dont tant de gens avaient de si bon«*rt raisons pour se roavenir.

— iloui’ voici, monsieur, une faveur inattendue. — Et assez mal accueillie , répou lit M. Charles. — Ou prétend, monsieur, que vous êtes la vérité même, et eu tout ; car vous «files vrai maintenant, et je ne vous contredirai pas. — Franchement, n on-icur... — Franchement, monsieur, interrompit Ralph, je désire que celte conférence soit courte. Je devine le sujet dont vous voulez me parler, et je ne vous écouterai pas; vous aimez la franchise, en voilà. Nous suivons deux chemins différents, prenez le vôtre et Uissrz-iooi marcher en paix «lans lr mien. — En paix! répéta doucement Je frère de Charles en le regardant avec plut de coinpasrion que de colère. — Je présume, monsieur, que vous n** comptez pas rester chez moi contre ma volonté ou faire impression sur un homme qui est déterminé k ne pu vous entendre. — Monsieur Nickleby, reprit Charles avec uou moins de douceur, mais avec fermeté , je viens ici pour la première fois et malgré moi, et vous detei croire que je ne m'y sens pas k mou aise; vous ne devinez pas le sujet qui m'amène, autrement votre manière j d’être serait ili fié rente*. Voulez-vous que je continue? — Comme il ; vous plaira; vous avez des auditeurs très-attentifs, des mur», un pupitre et deux tabouret» , von» n'aurez p*s k craindre d’être interrompu. Poursuivez, emparez-vous de ma maison; et quand je ren- | trerai de ma promenade, vous aurez peut-être la complaisance de me i la rendre.

En disant ce» mots, il boutonna son habit cl prit son chapeau. Le viens négociant le suivit dans l'allée, et essaya de lui parler; mais Ralph le repoussa avec impulimce. — R** un mot, vous dis-je; tout vertueux que vous êtes, vous u'ête» pas un ange, pour paraître chez i 1rs gens contre leur gré, et les prêcher ni ilgre eux. — Je ne suis pas u u ange, Dieu le sait; uûs il est une vertu qu’il est donné aux hommes comme aux anges d’exercer quelquefois, c’est la miséricorde. — Je n’eu montre k personne, et je n’en demande pas. Ne m'implorez pas, monsieur, pour celui qui a abusé de voire puérile crédulité; mais qu'il u'*U<mlc de moi que du mal , — Croyez-vous qu’il doive vous implorer? s’écria Charles avec chaleur; c’est vous plutôt qui axe» besoin de sa miséricorde. Si vous ne voulez pas m’écouler quand vous le pouviz. écoutet-moi quand vous le devez, et prenez des mesure» pour que cette entrevue soit la dernière entre nous.

Voire neveu rit un noble jeune homme, monsieur. Ce que vous êtes, je ne le dirai pas; mais ce que vou-. avez fait, je le sais. Si vous éprouvez quelques embarras 'dans l'affaire dont vous vous occupez actuellement , venez nous trouver, mon frère et moi, et nous vous donnerons des éclaircissements; mais venez vite, ou autrement il serait trop tard. Je n’oubuerai jamais que je venais accomplir ici une mission de miséricorde-

A ces mots, le vieui négociant mit son chapeau à larges bords, et sortit. Kalpb le suivit des yeux, et dit avec une sourire de mépris :

— Ce vieillard est devenu fou.

Cependant il était évident que plus Ualpli réfléchissait , plus ses alarmes augmentaient. Après avoir attendu [Newman jusqu'à une heure assez avancée de l'après-midi, il courut chez Snawley, sans se rcudre compte de l'intention qui l'y conduisait.

■ — Votre mari est-il chez lui ? dit-il a la femme, qui se présenta à la porte. — Non, répondit-elle brusquement; il n'y est pas, et je crois qu'il est absent pour longtemps. — Savez-vous qui je suis? — Ah! oui, je vous connais très-bien, trop bien peut-être, et lui aussi.

— Dites-lui qu’en traversant la rue je l'ai vu derrière le rideau, à la fenêtre du premier, cl que je vnii lui parler dalla ires, entendezvous? — J'entends, répondit madame Snawley ; mai* vous u'entrerez pas, vous lui avez déjà trop parlé d'affaires. Je lui ai toujours démontré le danger d'avoir des rapports avec vous. C'est vous ou le maître d’école, rappelez-vous-le bien, qui avez fabriqué la fause lettre; mais Snawley n'en est nullement coupable. — Relents votre langue, vieille Jézabel, dit Ralph en jetant autour de lui des regards craintifs. — Je sais quand H faut me taire et quand il faut parler , monsieur N'ickltby. Frênes garde que certaines personnes ne soient moins discrètes que moi. — Voulez-vous aller dire à votre mari qu'il faut que je le voie ? dit Ralph en lui serrant le bras avec force. — Non, répondit madame Snawley en se dégageant avec violence. — Vous me bravez donc ? — Uui.

Ralph leva un moment le bras comme pour la frapper, mais il s’eu abstînt, et s'éloigna en murmurant des menaces.

Il alla droit à la Tète de Maure ; mais on n'y avait nas vu M. Squcers depuis dis jours. Troublé de mille craintes , Ralph se détermina à aller trouver l'instituteur dans la maison de Feg Slider»kcw. Instruit, par de minutieuses descriptions, de la situation de la chambre, il monta, et frappa doucement à la porte.

Après avoir frappé une douzaine de fois, Ralph, ne pouvant croire, contre son grc, qu'il n'y eût per»onne, se dit que Squcers devait être endormi, et s’imagina même l'entendre respirer. Même quand il fut bien convaincu qu’il était absent, il l'attendit patiemment, pensant qu'il était sorti pour une commission, et qu’il rentrerait bientôt.

Bien des pas se firent entendre sur l'escalier, et quelques-uns parurent à Ralph si semblables à ceux de Squcers, qu'il se leva souvent, se tenant prêt à lui adresser la parole dès qu'il sertit arrivé en haut; mais toutes les personnes qui montèrent s’arrêtèrent dans diverses cb-iiubrcs des étages inférieurs, et à chaque désappointement nouveau Ralph si* trouva plus abattu.

Enfin il descendit, et demanda à l’un des locataires s'il savait on était M. Squeer*. qu'il désigna par un nom dont ils étaient convenus, Ce locataire l’adressa à un autre, et ce dernier à un troisième. Il apprit que la nuit précédente Squeer* était sorti précipitamment avec deux hommes, qui bientôt après étaient revenus chercher la vieille femme logée sur le même carré ; du reste , on ne pouvait expliquer la cause de ces a lées et venues.

Ge récit fit croire à Ralph que Peg Sliderskew avril peut-être été arrêtée pour vol, et que Squcers, trouvé chez elle, avait pu être considéré comme complice. S'il en était ainsi, le fait devait être connu tf« Gridr. Gc fut donc vers la demeure de ce dernier qu'il dirigea s es pas; il en trouva le* fenêtres fermées , les rideaux étaient tirés a^ec soin, la mahon était triste, mais c’était son aspect ordinaire.

Ralph frappa doucement d'abord , puis avec force , mais personne ne vint, il écrivit quelques mots au crayon , et les glissa sous la porte. Au moment où il se retirait, il entendit le bruit d’une fenêtre à tabatière qu’on ouvrit avec précaution; il leva les yeuz et distingua la figure de Gride, qui , de la fenêtre du grenier, regardait par-dessus l'entablement de la maison. En apercevant Ralph, Gride se retira à la bile; mais Ralpb l'avait reconnu, et lui cria de descendre. \ cet appel , Gride montra encore se* traits fortement accusés et se» rares cheveux blanc»; et comme aucune autre partie de son corps n'était visible, ou eut dit une tète coupée plantée sur le mur.

— Silence 1 éloignez-vous! éloignez-vous! — Descendez. — Al- Irz-vous-en , ne parlez pas, ne frappez pas, n'appeUz pas l'attention sur cette maison. — Je frapperai de manière à faire venir en armes tou* les voisins, si vous ue rue dues pas pourquoi vous êtes là-haut.

— Je ue puis vous entendre , vous me compromettez, allez-vous-en.

Il retira la tète, et Ralph l’entendit fermer la fenêtre avec autant

de soin qu'il en avait mis à l'ouvrir.

D'ou vient qu’ils nie fuient tous comme un lépreux, ces hommes qui ont léché la poussière de mes pied»? est-ce que la nuit approcherait pour moi ? A tout prix je saurai ce qui en est. Je auis plus ferme et plus maître de moi que jamais.

Üaus le premier transport de sa rage, il avait songé à battre à là

tôt

porte de Gride, jusqu’à ce que Gride se décidât à ouvrir; mais, changeant d’avis, il se dirigea vers la Cité, et entra citez les frères Cheeryhle. Il était entre cinq et siz heures de l’après-midi, et ’J’im Linkinwaler était seul au comptoir.

— Je m’appelle Nicklehy, dit Ralpb. — Je le sais, répondit Tim l’examinant avec se» lunettes. — Quel est celui de la maison qui e*t venu me voir ce matin? — M. Charles. — Dites-lui que je veux le voir. — Vous verre* nou - seulement M. Charles, mais encore M. Edwin.

Tim descendit agilement de son tabouret, et bientôt après revint accompagné des deux frères.

— Je veux vous parler à vous seul, à vous qui m'avez rendu visite ce matin. — Je n'ai de secreis ni pour mou frère Edwin ni pour Tim Linkinualer. — J'en ai, moi. — Monsieur Nicklehy, le sujet dont mon frère Charles détirait vous entretenir ce malin est déjà parfaitement connu de nous trois et de plusieurs autres, et malheureusement il le sera bientôt d'un plus grand nombre de personnes. Ce matin, il voulait causer seul avec vous; mais à présent tant de délicatesse serait déplacée, et nous conférerons avec vous tous trois, et pas autrement. — Eb bien ! messieurs, vous sembler avoir un talent particulier pour vous exprimer en énigmes, et je suppose qu’eu homme prudent, et jaloux de gagner vos bonnes griccs , votre commis a étudié cel art. Farlex donc 'ensemble , messieurs; j’aurai de T indulgence. — De l'indulgence ! s'écria Tim l.inkinwater, dont U figure devint pourpre; il aura de l'indulgence pour nous , de l’indulgeuce pour Checryblc frères! l'entendez-vous? — Contenez-vous, dirent à la fois Charles et Edwin.

Tim éloufTa de son mieux son indignation, et le trop-plein s'en échappa sous forme d'une espèce de rire convulsif, soupape de sûreté de sa fureur concentrée.

— Puisque personne ne me dit de m'asseoir, je prendrai un siège sans permission, car je auis las de marcher. Kl maintenant, messieurs, je demande à savoir, et j'en ai le droit, quelles raisons justifient le ton que vous avez pris avec moi, cl voire intervention dans met aiTdires ?

Ceci fut dit avec tant de sang-froid et de résolution , que, si l'on n'eût été au fait, on eût supposé que Ralph était réellement un homme faussement accusé. Il demeura les bras croisés, plus pile et plus défait que de coutume, mais entièrement calme, beaucoup plus calme que les deux frères et l'exaspéré Linkinwaler.

— Très-bien, monsieur, dit Charles. Voulez-vous sonner, Edwin? — Arrêtez un moment, mon cher Charles. Il faut d'abord inviter M. Nicklehy à garder le silence jusqu'à ce qu’il ait entendu ce que nous avons à dire. — Vous avez raison.

Ralpb sourit sans répondre, en sonnant , et Newman N'oggs parut. Dès ce moment le courage de Ralph l’abandonna.

— Voici un be-u commencement, dit-il amèrement, vont êtes d’honnêtes g. ns , francs et loyaux J’ai toujours apprécié le mérite réel des caractères comme les vôtres. Comploter avec un être comme celui-ci, qui vendrait son âme , s'il en avait une , pour uu verre de vin, et dont chaque parole est un memonge!.... Quel homme est en sûreté, si l’on prête loir il la* à de pareilles déclarations?

Tim essaya inutilement d’empêcher Newman de répondre.

— Holà, vieux Nicklehy ! qu'entendez-vous par cette expression : un être comme celui-ci? Si je suis disposé à vendre mon âme pour un verre de vin , pourquoi ne me suis-je pas fait voleur avec ou sans effraction , plutôt que d'être votre valet cl votre cheval de charge? Si chacune de mes paroles est un mensonge, pourquoi n’ai-je pas été votre confident et votre favori? Ali I vous me traites de menteur! Vous ai-je jamais flatté? ai-je jamais fait le chien couchant devant vous ? dites-lemoi. Je vous ai servi fidèlement, j’ai travaillé plus qu’un autre, parce j'étais pauvre ; je suis resté chez vous parce que j étais seul avec vous, et que vous n'aviez pas d’autres employés (tour être témoins de mon abaissement. Vous seul saviez que j’étais ruiné et que j'avais été plus heureux jadis, et qu’avec une meilleure conduite et le secourt de mes amis, et entre autres de votre frère, j’aurais pu me relever si je n'étais pas tombé entre les mains de fripons comme vous. — Doucement , dit Tim. — Laissez- moi le confondre. Vous parles de comploter ? Qui a comploté ave c des instituteurs d’Yorksbire, et a envoyé son commis dehors pour ne pas être épié, oubliant que trop de précautions lui inspireraient des soupçons? Qui a comploté avec un père égoïste pour l'engager à vendre sa hile au vieil Arthur Gride? Qui a comploté avec le vieil Arthur Gride dans uu petit bureau oti i/ y avait un placard ?

Malgré l’empire de Ralph sur lui-même, il n’aurait pu réprimer en ce moment on léger tressaillement, quand même il eût été certain d’éire décapité l'instant d'après.

— Ah ! ab I vous me comprenez, n'esl-ce pas ? Pensez-vous que je n’aurais pas été plus méchant que vous-même si j'étais demeuré à voire service tans chercher à contrecarrer vos odieux projets, tans être utile à ceux que vous maltraitiez? Pensez-vous que, si je n’avais pas eu l’espoir de déjouer vos trames , je ne vous aurais pas assommé depuis longtemps ? et je 1'uurais fait, je vous en avertis, sans les représentations de ces messieurs. Quand je suis venu les trouver, je leur ai dit que j’avaia besoin de leur secours pour vous démasquer,

cl il fat saisi d’une telle panique , h l’idée de déposer contre elle, qu’il s'enferma chez lui, et refusa de communiquer avec qui que ce fût.

On lin' conseil; on arriva à conclure que Squeen, imlrumeni de (»rnie et de Ralph, cherchait a recouvrer certaine» pièces qu'il était dangereux de produire, et dont quelque*- unes expliqueraient uni doute les propos que Newman avait entendu tenir au sujet de Madeleine.

Il fut décidé qu’on s'assurerait de la personne de Peg Sliderskew, et même de celle de Squeen, si l’on trouvait contre lui des char^rt suffisante». Ko conséquence, on obtint un mandat de perquisition, et l'on se mit en embuscade. Lonque la lumière fui éteinte dan» U chambre de Squeen, et que l'heure fut arrivée où l'on savait qu’il visitait ordinairement l’eg Slidersk- w, Frank Chceryble et Newman se glissèrent dans l'escalier, et se préparèrent àdonu.r le signal a l'agent de police.

l-e lecteur sait ce qui se passa dans la mansarde. Squeen. étourdi du coup qu'il avait reçu, trouvé en possession d’un acte 'olé. fut arreté avec Peg Sliderskew. Aussitôt on courut ches S.iawley; on lui apprit, sans lui dire pourquoi, que Squeer» était en prison et, après avoir extorqué une promesse de grâce, Snawley déclara que l’iinloire de In naissance de Smike avait été fabriquée par IUlph Nickleby.

louant à M. Squeen , il avait subi le matin même un interrogatoire dev.mt un juge d'instruction; et comme il ue pouvait expliquer ui la possession de l’acte volé, ni ses rapports avec Peg Sliderskew, le juge avait ordonné de le détenir préventivement.

(Quelque impression que ces détails e ssent produite sur Ralpli, il ne la Iniss.: point percer, et demeura les yeux baissés et Is bourbe couverte de sa main, (^nand le récit fut terminé , il leva précipitamment la tête, connue pour parler; mais, sur un mouvement de i lia ries Checryble, il reprit sa première altitude.

— Je vous ai dit ce matin que je venais accomplir une mission de miséricorde; vous savez mieux que moi la part que vou» -vu prise à ce faux et les révélations que vous avez à craindre de votre complice actuellement déteuu. La justice doit avoir son cours; les auteur»

A celte question, émise avec une rare inflexibilité , Charles ré» pondit en disant que, pour expliquer le» motifs qui les faisaient agir, il fallait apprendre à IUlph les accusations dirigée» contre lui , ci commcut ou s’en était procuré de* preuve» irrécusables ; et Edwin . Tim I.inkiiiw.iler et Newman Nogg» entamèrent une conversation qui établit les faits suivants :

Une permune, qui ne voulait pas se montrer, avait solennellement affirmé a N. w inau que Saiike n'était pas Je fils de Suawlcy, et qu’elle était prèle a le jurer en cas de be»oin. Soupçonnant donc IVii»tence d’une conspiration , Newman et ses amis supposèrent naturellement que IUlph et Squeer* ru étaient les auli urs. N'ayant point de preuve*. ou consulta uu avocat éclairé, qui couseilla de résister lentement à toutes tentatives faite* pour enlever le jeune homme, d'embarrasser Suawlcy en l'amenant à »e contredire, et de lui arracher un aveu formel; nui» le rusé Suawlcy avait déjoué toute* leurs mamruvres, jusqu’à ce que les circonstance lui imputassent l'obligation de dénouer ses complices.

Quand Newman Nogg» eut averti ses amis q ie Squeer* avait eu un entretien secret avec IUlph, on lit auivre l'instituteur. Mais, comme ce dernier vivait relire, et ne communiquait plus ni avec Italpb ui avec Sna wley, on eut cessé d'épier ses démarche», si par hasard New man ne l’avait aperçu un soir dau» la rue avec l'usurier. Il les suivit, et les vil ,à sa grande surprise, entrer en diverses maisons, où il y avait de» logement* à louer, et parcourir de» taverne» tenues par des gens mal famés, dont plu.ieur* connaissaient IUlph et Squeer». Il prit des renseignements , et découvrit qu'il* cherchaient une vieille feuiuie, dout le signalement s'accordait parUilcnienl avec celui de Pcg Siiderskew.

On S'attacha aux pa* de M. Squeer* avec nn redoublement de vigilance. Un agent de police s'installa dan* une maison située en face de celle de l'instituteur et de Peg Sliderskew, et reconnut bieutôt que ce* deux penoniiagc* avaient entre eux de fréquentes entrevues.

Dans cet état de chose* . on eut recours à Arthur Gride. Dans sa douleur, il avait divulgué le vol de papier» dout il éuil victime, mais il se refusait absolument a faire arrêter sa vieille femme de charge ;

Cinq minute* après, Tim et la petit»- Ix Creevy eausiient ensemble avec autant d'aisance que s'ils axaient eu vingt ans de mariage.

de cette odieuse trame contre un pauvre enfant inoftrnsif doivent être rigoureusement poursuivis, et il n’est ni en mon pouvoir, ni au pouvoir de mon frère Edwin, de vous sauver des conséquences d un procès criminel. Tout ce que nous pouvions faire, c’était de voui avertir à temps , et de vou» mettre k même de vous dérober aux poursuites. Nous n'aurions pas voulu voir un vieillard comme vous dé*b«uoré et châtié par uu proche parent; nous n’aurions pas voulu le voir oublier comme vous tous les liens du sang. Nous vou* conjurons donc de quitter Londres... Edwin, joignez vos instances aux mienne».

( et vous aussi , Tim Linkinwater , quoique vous affeclies un air d'm- I sensibilité... Nous vous en prions, monsieur Kalpb, cherches uu

pour accomplir ma lic.be, pour soutenir le bon droit, et que j'irais ensuite vous parler dans votre chambre, fuee à face et en homme de curiir. Eux seuls m’en ont empêché.

Après celte conclusion, Nrxvinan, huletanl et hors de lui , pu -sa sans transition à un état de rôdeur et d'immobilité.

Ralph le contempla un instant, sgi]* U inuin, battit la terre de son pied, et murmura d'une voix éoufféc :

— l'oirtulvi z, messieurs, poursuive*. J'ai de la patience, vous le voyi'i. ; mai* il y a dis lois , et je ne serai pas condamné suit» preuves. — Nous en ..von*, répondit Charles. Le nommé Snuwley a fait hier au soir des «veux. — I. qu’otil de commun avec mes affaires le nommé Sn.iuhy et ses aveux?

Le juge d instruction.

NICOLAS flICKLF.RY.

refuge loin île celte ville, dan* un lieu où voua serez à l'abri drs recherches, cl où vous aurei le temps d'ripier vos fautes et de vo s réformer. — Et vous croyez, répondit Ralph en se levant avec un sourire «anionique , et vous croyez me terrasser aussi aisément ? vous croyez que des plans habilement concertés , des témoins subornés, de mielleux discours auront le pouvoir de in'ébranler ? Merci de m'avoir dévoilé vos intrn ions; je suis prêt maintenant à les combaltre. Vous ne me connaissez p.»s : rappelés -vous que je méprise vos belle» phrases et vos mensonges , que je vous brave, que je vous défie de me nuire.

A ces mots, il sortit brusquement.

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