CHAPITRE M
Au lii-u de se rendre chez lui. Ralph se jeta d ms le premier cabriolet qu’il rencontra, et ordouna au cocber de le conduire au bureau de police, OÙ l’on avait déposé M. Squeers.
— Ne maltraitez pas votre bel ami . ne lo poursuivez pas de vos diables de reprivhe*.
Ralph demanda à parler au prisonnier ; et on le mena dans une espèce de salle d'attente , où , en raison de sa position sociale, l’insti tuteur avait obtenu la permission de passer la journée. I-à . à la lueur d'une chandelle enfumée, il aperçut confusément le pédagogue endormi sur un banc, dans un angle obscur, lin verre vide était devant lui sur tine table; et cette circonstance, cet état de somnolence, et une forte odeur de gro*, apprirent au visiteur que M. Squeers avait cherché dans des consola ions liquides l'oubli des» fâcheuse situation.
Il fut assez difficile de le tirerdeson sommeil lourd et léthargique. Il revint lentement à lui, et finit par *c tenir sur son séant. Son visage était jaune, son ne* rouge, sa b«rlie longue cl sa tête enveloppée «l'un mouchoir sale et ensanglanté. || contrinpla quelque temps Ralph en silence et d'un air de réflexion, cl sa douleur s'exhala enfin en ce» termes :
— Et» bien ! ètes-vons satisfait, mon jeune ami? — Qu'avez-vous à la tète? demanda Ralph. — (l'est votre voleur d'enfant qui me l'a cassée; vous arrivez enfin à mon secours? — Pourquoi lie m'avezvous pas envoyé chercher? Comment pouvais-je venir avant «le savoir ce qui vous était arrivé ? — Quel coup pour nu famille ! s’écria M. Squeers d’une voit entrecoupée de boquetB et en levant les yeux au plafond; quel coup pour ma fille, qui est dans l'Ige de la sensibilité! pour mon fils, l’orgueil et l’ornrmenl du village ! Le bi» a nn drs S.|uerrs est souillé, et l*-ur soleil disparait dans les vagues de l'Océan. ■ — Vous avez bu , cl vous u'avez pas encore assez dormi pour recouvrer la raison. — En tout cas, mon compère, je n'ai pas bu à votre santé.
Ralph comprima l'indignation qu’éveillait en lui l’insolence inusitée de l'instituteur , et demanda de nouveau pourquoi il ne l'avait pas envoyé chercher.
— A quoi cela m’aurait-il servi? à faire savoir que je suis votre
complice! On ne me lâchera pas, même moyennant caution, avant que j'aie expliqué ma conduite, et l'on me lient solidement enfermé tandis que vous été» en liberté. — Et vous y serez aussi dans quelques jours, mon brave! dit Ralph avec un enjouement affecté : on ne saurait vous faire de mal. — Sans dou e, pourvu que j'explique comment je me suis trouvé en la bonne compagnie de ce .vieux squelette de Sliderskew, que j'aurais voulu voir morte, enterrée, exhumée, disséquée et pendue avec des fils d’a reliai, dans un musée d'anatomie, avant d’avoir affaire à elle. Voilà ce que m'a dit ce malin ce magistrat a tète |ioudrée : Prisonnier, comme on vous a trouvé avec celte femme, comme vous étiez nanti de cet acte , que vous l’asdir-x frauduleusement à détruire les autres, et que vous ne rendez pas un compte satisfaisant de votre conduite, je vais vous faire détenir pendant la durée de l’cnquète , et je n'accepterai point de caution pour vous. Ainsi s'est exprimé le juge; mais je pxiès lui répondre victorieusement eu lui présentant mu carte : Je suis, monsieur, le Wackford Squeers ici nommé, homme d’une haute moralité, sur lequel il vous est loisible de vous procurer les renseignements les plus favorables; ce n’est pas moi qui ai tort dans cette affaire; j'ignorais la portée de mes aciions; j'étais tout hoiineaieiit employé par un ami, mon ami Ralph ftickleby, de Golden square; envoyrz-le chercher, mon ieur, et demandez-lui des ex p' ica lions, lui seul < st coupable. — Quel était cet acte.' demanda Ralph éludant provi-oire meut la question soulevcee. — Eh! c’élail celui que vous cherchiez, un testament en faveur de Madeleine je ne sais qui. — Oui avait fait ce
testament? de quand élait il daté? de combien l'wantageait-il ?
(l'était uu lestimeut en sa faveur, voilà tout ce que je sais , et c'est plus que vous n’en auriez su , si vous avirz reçu un coup de souffl. 1 sur la tête; c’est grâce a vos précautions qu'on s’en est emparé. Si vous me l'aviez laisse brûler moi-méme, si vous vous étiez hé à moi, cet acte eût été uu monceau de cendre, au lieu d'être dans la poche de ms redingote. — liatfu snr tons les points !.. — Ah ! s'écria hqueer», que le grog et sa blessure faisaient di.aguer , que ne suis-je
Catherine de». ni in.ul.itti>- Fr.ii.k Cticcr * h!c
au délirieux village de DothrliojS , près de Greta-l'.ridge (Yorkshire)', où les jeunes gens sont nourris, habillés, fournis de livres et d'argent pour leurs menus plaisirs, instruits dans toutes lis langues mortes et vivantes, les mathématiques, l’orthographe, la géométrie, l’astronomie, la trigonométrie’... que ne suis-je dans cette école, tenue par M. Wackford Squeers, S, q, u, deuxe, r, s, Squeers, nom propre, substantif masculin, éducateur de la jeunesse!...
Cet accès de délire avait fourni à Ralph l'occasion de recouvrer sa présence d'esprit . et il songea à la nécessité de dissiper autant que possible les craintes de l'instituteur, et de lui persuader que le plus sûr pour lui était de garder le silence.
— Je vous répète . on ne saurait vous faire de mai. Vous demanderez des indemnités pour avoir été arrêté injustement, et votre détention même vous profitera. Nous inventerons une histoire au<x
NICOLAS 1VICKLEBY.
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bien combinée pour vous tirer d'un pas vingt fois plus difficile; et si l’on exige pour vous une caution de mille livres, vous les au res. Tout ce que vous avez à faire, c’est de cacher la vérité; vous u’aves . pas ce soir toute votre raison, mais vous devez le sentir facilement. |
Squrers le regarda avec malice en penchant la tête de côté, comme nu virus corbeau.
— Ah I voilà tout ce que j’ai à faire. Eh bien! sachez que je ne I veux point qu’on forge des histoires pour moi. Si l'enquête ra’est ; défavorable, vous scre* compromis avec moi : je uie suis laissé entrai net 1 par vous, parce que votre malveillance pouvait nuire à mes 1 sucer* comme instituteur, et que vos bons offices m’étaient utiles. Si tout s’arrange bien, tant mieux; mais, si tout va uial, je dirai tout ce que je jugerai convenable à ma justification , et je ne prendrai l'avis de personne ; mon influence morale sur mes élèves est sapée dans ses fondements; j'ai perpétuellement sous les yeux l’image de nm fille, de ma frrmne et de mon fils, et je n’écoulerai que mes devoirs de père et d'époux.
Ces déclamations auraient uns doute amené une discussion orageuse si la voilure n’était arrivée avec un homme chargé d’escorter M. Squeera; il planta avec dignité son chapeau sur le bandeau qui enveloppait sa tête, mit une main dans sa poche, et se laissa emmener par son gardien.
— Tout ivre qu’il est, pensa Ralph, je vois que cet homme sederlare contre moi. Hier encore il m’obéissait servilement, et aujourd'hui ils sont tous frappés de stupeur; mais n'importe, je ue céderai pas un pouce de -terrain.
De retour chez lui, il fut charmé qu’une indisposition de m cuisinière lui fournit un prétexte pour la congédier, et demeura seul avec set pensées. Il u'avait ni bu ni nmugé depuis la veille , et avait fait une marche longue et continue. Il se sentait malade et baratté; mai* il ne put prendre -qu’un verre d’eau. Après avoir essayé inutilement de se reposer ou de réfléchir, il sentit que l’eunui et la fatigue absorbaient toiles ses facultés.
Il était près de dix heures, lorsqu’il entendit frappera la porte. I?m: voix qu’il crut reconnaître répéta à plusieurs ri prises qu’il y avait de la lumière à sa fenêtre ; il descendit, et se trouva en face de Tint Linkinwaler.
— Monsieur Nickleby. on a de terribles nouvelles à vous communiquer. et l’on m'en «oie vous prier de venir de suite.— -Ou? — Clin nous , où vous êtes venu ce malin. J'ai une voiture. — i'ourquoi irais-je chez vous? — Ne me le demandez pas; mais suivez-moi , de grâce. — Pour une seconde édition de la scène de ce matin? — Non, non; c’est pour vous faire part d'affreux événements qui x'ous intéressent. et qui peuvent avoir quelque influence sur vos déterminations. Suivez-moi, au nom du ciel !
Halph vit que Tint Linkinwater était très-agité, et, surmontant une répugnance qu’il eût écoutée en toute autre occasion, il alla prendre son chapeau, et revint en silence se placer dans la voiture.
Les deux frères l’atteudainit , et leur maintien et celui du vieux commis exprimaient tant de compassion pour lui, qu’il en fut comme terrifié.
— Qu’avex-vous à me dire ? balbutia-t-il.
La chambre où ils se trouvaient était grande , mal éclairée, et une lourde drap- rie en masq-init la fenêtre cintrée. Il crut distinguer derrière celte draperie la figure d’un homme qui cherchait à *e dérober à ses regards.
— Qui est là? dit-il. — Celui, répondit Charles Cfceeryble, qui nous a appris il y » deux heures la nouvelle qui nous a décidés» vous envoyer chercher. Nous le verrez dans un instant. — Encore des énigmes! ,
En se tourn ant du côté des deux frères, il avait U fenêtre derrière bii; mais, gêné par h présence du mystérieux personnage , il se retourna ii plusieurs reprises, et finit par se placer eu face de la fenèire. en alléguant pour excuse que la lumière lui faisait mal.
Les «leux frères conférèrent ensemble un moment, et après les avoir regardés deux ou trois fois :
— Enfin , dit Ralph, qifavez-vous a me dire? Vous ne m’avez pa% dérangé inutilement? Est-ce que ma nièce est morte ? — \ otre nièce Se porte très-bien, répliqua Charles Cbeeryble; mais c’est un décès que nous avons à vous annoncer. — Serait-ce celui de son frère ? Oh! non ! je uc le présume pas; ce serait une trop heureuse nouvelle. — Honte sur vous, hum me endurci et dénaturé! s’écria Edvîn avec chaleur; préparez-vous à apprendre une nouvelle qui vous ferait frissonner si vous aviez le moindre senlimeut humain. Faut-il vous dire qu’il s'agit d'un malheureux enfant etranger à ce* joie» de l'enfance qui nous eu font garder la mémoire comme celle d'un heureux longe? Faut-il vous dire qu’il s'agit «l'une créature aimante et inoffensive, qui ne vous avait jamais fait de mal , mais qui, sacrifiée
i votre bsinc pour voire neveu, a été en butte à vos persécutions? , Faut-il vous dire qu'après une vie courte d’année* mais longue du , souffrances, il est allé conter au ciel sa déplorable histoire . où vous avez joué un rôle dont vous répondrez un jour? — Je vouz pardonne tout le reste en faveur de ce que vous m’apprenez là, s’écria Ralph avec impétuosité. Je suis votre débiteur pour la vie. Il est moill qui | doue triomphe maintenant? C’est donc U celte terrible nouvelle que '
vous étiez pressé de me communiquer? Ah ! vous avez eu raison de m'envoyer chercher. J’aurais fait cent milles à pied , dans la boue et dans 1rs ténèbres, pour être instruit à cette heure de cet événement.
Dans cet accès de joie sauvage. Ralph put remarquer encore sur le* figures des deux frères une indéfinissable expression de pitié mêlée i l’horreur qu'ils éprouvaient.
— Et c'eade l'homme qui est caché là que vou» tenez cette nouvelle? et il s'imagine m'en voir accablé! ah! ah! ah! Mai» qu’il sache donc que je vivrai eucore longtemps pour peser sur lui comme ua cauchemar; mai* sachez donc que vous ne le connaissez pas encore, et que vous maudirez le jour où vous l'avis accueil i. — Y ou* me prenez pour votre neveu, dit une voix creuse. Il vaudrait mieux pour vous que ce fût lui.
La figure se montra lenU-meut , et Rulph reconnut, non pat Nicolas, mais Rrooker,
Ralph n’avait jamais redouté cet homme , mais on le vit pilir et trembler.
— Que vient faire ici ce misérable? reprit-il d’une voix étouffée; savez-vous que c’est un voleur, un repris de justice? — Qu’il soit ce qu’il voudra! s’écrièrent les deux frères; mais écoutez ce qu'il a à nous dire. — L’eufant dont ces messieurs ont parlé... — Cet enfaul! répéta Halph le* yeux hagards. — L'enfant que j’ai vu étendu sur son lit, et qui est maintenant dans la tombe... — Qui est luainli uaut daus la tombe... répéta Ralph comme un homme qui parle haut en rêvant-
Rrooker leva les jeux, et joignit les mains.
— Cet enfant était voire fils unique, j’en atteste le ciel.
Ralph, la figure bouleversée, regarda fixement Rrooker, mais il ue
prononça pas une parole.
— .Messieurs, poursuivit Rrooker, je ne cherche pas à m’excuser. Si je vous dis que j’ai été aigri par les mauvais traitements, c’est parce que c’est une circonstance essentielle de mon récit, et non pour pallier mon crime.
Il s'arrêta comme pour rappeler ses souvenirs.
— Il y a environ vingt-cinq ans, messieurs, parmi ceux qui faisaient des affaires avec cet homme, il y avait un homme, rude buveur, grand chasseur de renards, qui avait dissipé sa fortune, et gaspillait celle de sa soeur. Tous deux étaient orphelins; elle demeurait avec lui, et tenait sa nnison. Ralph allait souvent les voir et passer plusieurs jours à leur habitation du l^ir«*ster»hire. La demoiselle n’était pas jeune, mais elle était belle et riche, et Ralph finit par l'épouser. L’amour du gain qui lui avait fait contracter ce mariage l’engagea à le tenir secret; car une clause du testament de leur père stipulait que si la acrur se mariait s ns le consentement dt* son frère, les biens passeraient à une autre branche de la famille. Le frère ne voulait accorder son consentement qu’en échange d'une somme considérable, M. Nickb'by refusait de la donner, et il décida sa femme à attendre la mort «le son frère pour rendre leur mariage public.
Cependant ils curent un fils. On le mit en nourrice dans un village éloigné, et sa mère ne le vit q«i'une ou deux fois à la dérobée. Quant z son père, tourmenté de la soif de l’or, attendant chaque jour la mort de ton beau-frère malade, il n'alla jamais voir l’enfant , afin de ue pas éveiller les soupçons.
La femme de .M. Nickleby le pressait de faire connaître leur union, et il a’y refusait toujour*. Elle habitait une maison de campagne isolée. Ralph demeurait à Londres, cl se livrait à se* spéculation*. De violentes querelles , de mutuelles récriminations rendaient les deux époux odieux l'on à l’autre, et au moment où la mort du frère allait mettre un terme à leurs discussion* la femme disparut avre un amant.
Rrooker s'interrompit; mais les deux frères lui firent signe de continuer, car Ralph n'avait pas fait un mouvement.
— Ce fut alors que Ralph m’iustruisit lui-même de ces circonstances. Elles n'étaient plus secrètes alors , et ni le frère ni d’autres ne les ignoraient; il me les communiqua, non pour cette raison, mais parce qu'il avait besoin de moi. Il poursuivit les fugitif*; on prétendit que c'était pour profiler du déshonneur de sa femme; mais c’était plutôt, je crois, pour se venger avec éclat; car l'amour de la vengeance domine peut-êlie en lui celui de» richesses. Il ne put les atteindre; et elle mourut peu de temps après. Je ne sais s'il commença it croire qu'il pourrait aimer son fils, mais il me chargea de le lui amener.
Ici Rrooker fit un effort, et il continua d’une voix affaiblit*.
— Ralph m’avait traité avec barbarie; je le lui ai rappelé il y a peu de temps, quand je l'ai rencontré «Un» lljdo-l’urk. Je le haï*»nit. J’amenai l'enfant chez lui, et je lui donnai pour logement une chambre du dernier étage sur le devant. Il avait été néglige et e fus obligé d’appeler un médecin, qui ortlouna de le changer d’air. Lue idée me vint; je formai le projet d«* faire passer l'enfant pour mort , tant pour me veugerque |*our vendre uu jour à sou père le secret desou existence. Rulph était abseutpour six semaines, à son retour je lui dis que l'enfant avait ce»»é de vivre; et, soit qu'il eût quelque affection naturelle, soii qu’il eût formé des projets que celle pcrie renversait, il en fut affligé, cl, en voyant va douleur, je m’applaudis d'avoir exécuté mon plan.
J'avais entendu parler des pensions d’Yorksbire. Je mis l'enfant, sou* le nom de Smifcc, dans celle d’un nommé Squeer*, et je payai
pour lui vingt livres par an pendant six ans. Après avoir quitté le service de son pire , avec lequel je tue brouillai , je fus chassé de ce pays, cl mon exil dura huit années. A inon retour j’allai en Yorksbire, je me glissai la miil dans le village, je m’informai de l’école, et je découvris que l'enfout que j'y avais placé s'était enfui avec tiu jeune homme du nom même de Nickleby.
Je cherchai son père à Londres, je lui fis des ouvertures , j'essayai d'en ob'euir quelque argent; mais il ine repou»sa avec des menaces. Je m’adressai à son commis, lui prouvai que j’avais de bonnes raisons pour désirer un entretien avec Ralph, et ce fut moi qui lui déclarai que l’enfant n’était pas le fils de l'homme qui le réclamait.
J'appris parle commis la maladie et le départ de Smike. J’entrepris le voyage du Devons!, ire pour me rappeler à son souvenir, et nie servir au besoin de son témoignage. Je l’abordai à ('improviste; mais, avant qu'il me fût possible de lui parler, il me reconnut. Il n’avait que trop de motifs pour se souvenir de moi , le pauvre enfaut! et moi. au premier coup d'œil, j’aurais juré que c'était lui, quand même je l'aurais rencontré aux Grandes - Indes ; sa figure triste et chétive était à peine changée.
Après quelques jours d'indécision , j’allai trouver le jeune homme aux soins duquel il étiiit confié. Smike était mort , mais je sus qu'il avait souvent parlé de moi, du soir oit je l'avais laissé à la pension, et de la chambre déserte au dernier étage qui est encore aujourd'hui dans la maison de Ualph. Voila mon histoire; je demande à être confronté avec l'instituteur, et je prouverai la vérité de ces assertions.
— - 'Malheureux ! dirent les deux frères, quelle réparation pouvezvous offrir? — Aucune, messieurs, aucune! je suis vieui de soucis et d'année*; ces aveux ne peuvent qu'appeler sur nia tête de nouveaux malheurs; mais j’avais pris mon parti. J'ai < onlrihué à la puuilion d'un homme qui. sans le savoir, a clé le bourreau de sou propre fils, et moi même, je suis prêt à subir mon châtiment, en celle vie et dans l'autre.
Il avait à peine fini de parler quand la lampe, placée sur la laide près de l’endroit ou Ralph était assis, fut brusquement jetée à terre, et la chambre se trouva plongée dans une obscurité complète ; il y eut un peu de désordre avant qu'on pût ravoir de la lumière, et lorsqu’on en rapporta. Ralph avait disparu.
MM. Glieeryble et Tint l’attendirent un instant; mais voyant qu’il t e revenait pas, ils se demandèrent Vils devaient l'envoyer chercher. Ils s’y décidèrent quoique l’heure fut avancée, car ils ne suvaicut quel parti prendre à l'égard de Urooker.