N'L COL ASS MPIOIUESIS AE
nature, aux grandes forêts tristes et sereines où son âme pourra se réfléchir enfin calmement dans les claires fontaines. De fait, les tableaux qui nous ont occupé jusqu'ici montrent un sentiment qui semble comme prisonnier de lui-même; l'ennui ou l'indifférence sentimentale s’y rencontrent souvent sous le couvert d’une prestigieuse plastique et d’une lutte acharnée pour une plastique plus haute encore que fera exploser cette glèbe. On peut remarquer que les œuvres où il aboutit le mieux, avant cette délivrance, sont, outre certaines bacchanales, le Triomphe de Flore et surtout l'Empire de Flore, chants montrant l’union de sa passion pour les dieux de la nature, au sol, aux fleurs, aux forêts ; nous avons vu que l'Empire de Flore était surtout une sensation d’ivresse printanière parmi les fleurs et les sources. Que ce terrestre, fils de laboureur, qui créa des corps minéraux et végétaux, qui, avec Breughel le vieux et Millet, sentit peut-être le mieux la vérité des corps paysans, qui introduisit sans cesse dans ses peintures religieuses ou autres les habitants des blés et des bois, qui aima profondément les poètes de la nature, se soit senti libéré quand il se retira dans les vastes horizons des plaines et des forêts, il n’y a là rien d'étonnant ; son unité existe enfin comme dans toute œuvre parfaite. Et quand, plus tard, au seuil de la mort, nous le verrons créer dans Apollon et Daphné une chaîne de corps qui semble du pauvre gibier mort, comme rejeté par les entrailles de la nature qui les surplombe et les domine de toutes parts, nous aurons bien la dernière expression de cet homme dont le génie créateur semble naître non seulement de lui-même, mais de l'au-delà, être un jaillissement de la terre.
On comprendra peut-être mieux maintenant pourquoi ses. harmonies colorées sont si sombres et puissantes, l'audace de ses valeurs parfois si violentes qu’elles semblent phosphorescentes, ses couleurs florales ou infuses de mica.