‹ Nicolas PoussinChapitre 5 sur 20 · PREMIÈRE PÉRIODE ROMAINE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PÉRIODE ROMAINE

Rome, Poussin devait connaître une nouvelle et longue période de privations proche parfois de la misère. Cependant, il arrivait muni d’une excellente recommandation, celle du cavalier Marino, amphigourique poète que notre Normand avait habilement

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séduit à la fin de son dernier séjour à Paris. Grâce à cette protection, il pénètre chez le cardinal Barberini, magnifique prélat-diplomate qui continuait la tradition des cardinaux de la Renaissance. Barberini ne s’intéressera que plus tard à notre peintre, mais dans sa maison il prend contact avec les intellectuels de Rome, se lie surtout à l'étrange seigneur Cassanio del Pozzo ; c'était un de ces bienheureux qui jouissaient comme d'une prébende céleste de revenus ecclésiastiques affluant sans travail et tout simplement dans leurs poches. Avec cet argent, il faisait des razzias d'œuvres d’art, prenait goût aux différents artistes romains; beaucoup avaient ses faveurs, qu'ils fussent médiocres ou excellents : le « guidon » Vouet tout autant que le /a presto Pierre de Cortone ou ces grands artistes, le Dominiquin et Duquesnoy. Toutefois, Poussin semble avoir joui de ses préférences. Très peu de temps après avoir fait sa connaissance, Barberini et del Pozzo quittent Rome, envoyés en ambassade ; Poussin se trouve de nouveau sans protecteurs ni argent. Il est alors contraint de peindre deux « batailles » pour 14 écus les deux et un Prophète pour 8 francs. Vers cette époque, probablement, il entre en relation avec F. Duquesnoy, sculpteur de grand talent ; ils logent ensemble, travaillent beaucoup, mais vivent à grand’peine. . Une autre connaissance fort utile pour féconder l’art de Nico- . las fut celle du Dominiquin ; il est probable que Poussin travaille dans son atelier, lui demande des conseils en matière . de perspective. Mais l'argent était toujours aussi rare. Dès son retour (1626), del Pozzo reçoit de notre artiste une lettre fort digne, le suppliant de lui accorder un secours : «la plupart du temps je suis malade, encore que je n’ai nul moyen de vivre que le travail de mes mains ». Cassanio envoie 40 écus et obtient une commande du cardinal Barberini : la Mort de Germanicus (1627) ; suit une autre commande, celle-ci pour la basilique de Saint-Pierre : le Martyre de saint Érasme. En 1630, Poussin se marie ; il était tombé gravement malade;

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