NOM OEASEUR O'US SIN
entièrement après 1640. Heureusement, car on sent bien qu’il est d'emprunt ; les vrais bleus du Normand sont des bleus pâles comme infus d’argent ou des bleus d’outremer très variés, très français et souvent fort audacieux, que l’on retrouve chez Jean Fouquet.
La Prise de Jérusalem par Titus (musée de Vienne) montre Poussin essayant d’équilibrer une composition sur plusieurs plans, sans, probablement, le secours d’une œuvre d'autrui. Il y parvient à peu près, mais avec quelle peine ! Au premier plan, un vaincu maintenu par un guerrier est bien là pour marquer cet espace, on le sent beaucoup trop ; comme dans le Payrnasse, il y a un vide regrettable au centre de la composition ; l’action violente est désordonnée, d’un mouvement pémible, factice. Toutefois, ce tableau indique un désir de rompre des difficultés qui n’avait osé s'exprimer dans les deux scènes de même genre, précédemment étudiées : Vicioire de Josué sur les Amalécites et Victoire de Josué sur les Amorrhéens.
A cette même époque (1627-1628) naît un chef-d'œuvre : le Massacre des Innocents (Chantilly). Ici également, l'influence vénitienne est très importante dans la couleur ; très chaude d'ensemble elle évoque celle de la Mort de Germanicus ; même disposition générale : la teinte ocre vert du sol monte en un ocre chaud, qui devient un beau ton brun doré dans la jambe gauche du guerrier. Cette jambe est en vérité dorée par le reflet du sol, reflet stylisé, exalté à l’extrême. Cette teinte passe au blond rouge dans la poitrine de l’homme, se refroidit sur le bras de la femme en un blond vert livide et, toujours comme dans la Mort de Germanicus, devient un ocre vert dans les architectures du fond; elle redescend chamois derrière le groupe central. Hormis cette gamme, un bleu vert très chaud et vénitien n’ayant une correspondance que dans le ciel, met sa teinte violente et différente parmi cette symphonie d’ocres. La Mort de Germanicus et le Massacre des Innocents sont, peut-être, les seules œuvres du maître dont l’ensemble des