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Tract,, c. 10, p. io5 =« fr. XXX

254 LA CRITIQUE DE LA COiNCEPTION FÉODALE

qu'une mutation de ce genre puisse avoir une cause légitime; par exemple, si Textraction de l'un des métaux vient à varier considérablement en plus ou en moins, la différence qui en résulte nécessairement dans leur valeur relative devra se traduire pratiquement dans la matière monnayée par une variation correspondante (i). Mais le plus souvent il n'en est rien, et la variation du rapport des métaux précieux n'est que le résultat d'une manœuvre financière assez malhonnête, qu'Oresme nous découvre ici, en la stigmatisant. Le prince fi^e à un taux inférieur à sa valeur réelle, ad parouin pretium, la valeur de Tor par exemple ; il rachète à prix d'argent sur le marché les espèces ainsi décriées ; et quand il en a amassé un stock assez considérable pour être maître du marché, il en hausse à nouveau la valeur, et ne le cède aux particuliers ' que pour un prix beaucoup plus considérable en argent. Il pratique là un véritable accaparement du métal précieux, qu'Oresme compare assez justement à la vaste opération sur les grains dont nous entretient la Bible dans l'histoire de Joseph chez le Pharaon (2). '

e) Mutation in figura (3)

Est-ce une véritable mutation ? Oui, au sens large où Oresme entend le mot ; mais ce n'est pas une altération

1. € Ut si forsan notabiliter minus inveniretur de auro quam ante, tune oporteret quod esset carius in comparatione ad argentura, et quod mutaretur in precio et valore... Verumtamen isla proportio débet sequi naturalem habitudinem auri ad argenlum in preoiositate, quamnon licel voluntarie transmutare, nec potest juste variari, nisi propter causa m realem, et variationem ex parte ipsius materiae • (Tract., Ibidem),

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