‹ Nicole OresmeChapitre 116 sur 321 · ïvdiCt,f Ibidem · texte numérisé non relu

ïvdiCt,f Ibidem

5. Tract., c. ç^, De mutatione monetae in figura, p. io5 = fr. XXVlll).

de monnaie (i). C'est, avons-noas <Jit, une refonte des espèces, si elle porte sur Tensemble du système monétaire ; c'est simplement l'apparition d'une monnaie nouvelle, si on se contente de changer l'empreinte de quelques pièces. Elle ne doit guère être en tout cas, et quoiqu'en pense Oresme, dangereuse; les habitudes du commerce peuvent être troublées quelque temps par l'apparition de types monétaires inconnus dans les transactions ; la circulation elle-même ne saurait être essentiellement viciée, si du moins, comme il le suppose, la mutation reste simple (2), puisque par hypothèse, les pièces nouvelles conservent même poids, même titre, et même cours que les anciennes.

Quel peut alors être l'intérêt de Topération ? Oresme. n'en aperçoit pas d'autre qu'une vanité mal placée chez le prince, qui veut mettre son nom sur les monnaies, en y effaçant celui de ses prédécesseurs. Il y aura cependant aussi dans bien des cas un intérêt plus matériel, les frappes nombreuses fournissant autant d'occasions de réitérer la perception du droit de seigneuriage. En ce sens, la mutation in figura peut devenir vraiment vexatoire et coûteuse pour la communauté ; elle n'atteindra jamais seule, pourtant, le danger des autres procédés.

i. Il distingue pourtant deux cas. Si le prince conserve son cours aux anciennes espèces, il n'y a pa» mutation (non est proprie mtUalio), Si au contraire, les anciennes espèces sont dé»-.riées, il y a proprement mutation (Tract., ibidem, p. 104 = fr. XXVIII).

2. a Nec est magna vis si hoc fiât, dum tamen non implicetur cum lioc alia mutatio » (Tract., ibidem).

2o6 LA CRITIQUE DE LA CONCEPTION FÉODALE

f) Mutations composées des monnaies (i)

Aussi bien est-ce seulement en théorie que les procédés simples se rencontrent isolés ; dans la pratique, ils sont constamment associés entre eux en des combinaisons très variées. Oresme n'en dit que quelques mots, d'ailleurs; il renonce avec raison à suivre dans les multiples formes où s'est exercée l'imagination fertile des monnayers la variété des exactions royales ; il se contente de remarquer que les inconvénients des modes simples seront naturellement accrus et multipliés par leur association : ;Va/n, si ex mutationibus simplicibus indebite fqctis tôt abusiones seqiiuntar^ siciit dictum est ante^ multo majores et pejores seqnerentur ex matatione composita (2).

§ S. — Inoonvénlents des mutations

Sous quelque forme qu'elles se présentent en effet, les mutations auront cet effet commun de mener aux conséquences les plus désastreuses. Ces conséquences des mutations, Oresme, dans le Traité^ les analyse d'abord sous chaque espèce particulière de mutations. Mais en réalité elles sont, quelque soit le procédé employé, la plupart du temps identiques, et Oresme lui-même Ta si bien senti, qu'après avoir détaillé ainsi, dans chaque chapitre les inconvénients particuliers de chaque mutation, il a repris et condensé ensuite en quelques pages (ch. XX-XXI) toute son argumentation.

A part cette défectuosité du plan, qui plus d'une fois l'a entraîné à des redites, il faut reconnaître que l'étude

* 1, Tract., c. 14, De mulatione composita monetaruniy p. ii3 = fr. XLlIl.

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