‹ Nicole OresmeChapitre 122 sur 321 · Tract., Ibidem, Cf. Wolowski, Introduction, p xliv · texte numérisé non relu

Tract., Ibidem, Cf. Wolowski, Introduction, p xliv

royale; ils le font clandestinement passer à l'étranger. Ainsi Ter et l'argent disparaissent du royaume et, malgré toutes les précautions prises, gagnent les pays où Fon en donne un plus haut prix (i). Car, écrit Oresme, les hommes s'efforcent naturellement de porter leurs monnaies aux lieux où ils savent qu'elles auront le plus haut cours [Homines enim conantur suam monetam poP" tare ad loca^ iibi eam credunt magis oalere) (a). Et de là, pour le pays où l'on fait « empirances», s^ensuit fatalement Une dangereuse diminution de la matière monnayable.

Oresme a-t-il deviné ici la loi de Gresham, et a-t-il voulu dire expressément que les mutations de monnaies amènent fatalement la substitution de la mauvaise monnaie à la bonne dans la circulation? M. Wolowski l'a cru (3), et bien d'autres après lui en ont fait à Oresme un titre tout particulier de gloire. Nous voudrions pour lui que cette gloire fût méritée : malheureusement cela nous semble des plus discutables. A relire en effet très attentivement ce passage, il nous est impossible d'y apercevoir autre chose que ceci : les métaux précieux (non pas précisément la monnaie, mais tout aussi bien et plutôt même la matière non monnayée) se raréfient dans lé pays où l'on fait des mutations, parce qu'ils passent à l'étranger, où ils sont payés plus cher qu'aux monnaies royales : « Rursum aurum et argentum propter taies mutationes minorantur in regno : quia non obstante

i . « Rursum aurum et argentum propter taies mutationes minorantur in regno, qua non obstante custodia, deferunlur ad extra, ubi cariu« locantur » (Tract. ^ c. 20, p. i23 = fr. LlX.

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