SECTION III LE PROFIT DES MONNAJES
Relirerau prince le droit de fixer le cours des espèces, lui retirer le droit de muer, c'est lui dénier en fin de compte tout droit de tirer un gain quelconque, un « profit ou émolument » de sa monnaie, « car la principale et finale cause, pour laquelle le prince veult avoir la puissance de muer les raonnoies, nest autre chose que pour y avoir et prendre gaing et émolument a son proffit » (i).
Oresme Tentend bien ainsi, d'ailleurs. Il n'admet en aucune façon que la monnaie soit pour le prince une source de profits. A la frappe, comme nous savons, il lui mesure tout juste un seigneuriage qui couvre les frais de la fabrication, « et non pins ». S'il reste un excédent ipinime, il souffre, non sans hésitation, semble-t-il, qu'on le lui abandonne ; mais il insiste pour que la communauté prenne garde à ce que cet excédent ne dépasse, au préjudice d'elle-même, de justes et étroites limites, et à ce que surtout il ne prenne jamais le caractère périodique d'une pensio sur la monnaie.
Quant au prétendu droit domanial de a prendre gaing, émolument profit et revenue, tel et autant comme il lui plaist » que proclamaient si fièrement les Ordonnances, Oresme s'insurge très énergiquement contre cet abus (2).