‹ Nicole OresmeChapitre 137 sur 321 · Traictie, c. i5, p. XLV = lat · texte numérisé non relu

Traictie, c. i5, p. XLV = lat

2. Oresme a-t-il ici directement en vue, comme Ta pensé M. Gunningham (The growlh of englishindmtry, p. Sao), Topinion de Tauteur de VOpusculum attribué à saint Thomas, De regimine principum ? Gela ne nous semble pas démontré : Topinion qu'il combat était de son temps très générale.

Ce n'est pas un droit, s'écrïe-t-il, c'est un vol et une rapine, c'est une exaction frauduleuse contre les particuliers. La conclusion en effet s^imposait, dès qu'il refusait à la monnaie le caractère domanial. Puisque la monnaie est reconnue être une chose, être la propriété des particuliers comme un bien quelconque de leur patrimoine, le profit que veut prélever le prince n'est plus qu'un vol, un attentat sur la chose d'autrui. Le lui accorder, sous on ne sait quel prétexte d'utilité publique, ce serait reconnaître qu'il aura demain le pouvoir de « m'ostermarobbe » (i),si l'idée lui vient de prétendre qu'il en a besoin.

« Nulle chose ne se doit laidement oster d'aucun ». Voilà la règle, et nul subterfuge ne doit parvenir à l'éluder. Ni privilège, ni concession ne sauraient être invoqués, vinssent-ils du pape, de l'empereur (2). Car ni le pape, ni l'empereur, affirme catégoriquement Oresme, en répondant à cette forme nouvelle que tendait, comme nous verrons, à prendre de son tehips, le droit monétaire féodal, n'ont pu valablement consentir un privilège de cette nature. Ni l'empereur, parce qu'il n'a pu concéder valablement un droit qu'il ne saurait avoir luimême, ni le pape, parce qu'il donnerait ainsi licence de faire mal « laquelle oncques nul ne le peust desservir davoir » (3).

Contre ce prétendu droit, d'ailleurs, les arguments de toute nature se pressent. Dans la seconde forme du texte latin, Oresme en a accumulé de nouveaux, d'ordre plus théorique.

Tirer profit delà monnaie, observe-t-il, c'est recueillir

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