Tract., c. 24, p. 122 = fr. LXXIV
2. Traiclie, c. 24, p. LXXIV = lat. laS (le texte latin est légèrement divergent, pour la quotité du prélèvement permis). •
LA CRITIQUE DE LA CONCEPTION FÉODALE 28î^
luy, ains ceulx en ont la pluspart, desquelz la négociacion est ville et meslee de toute fraude et decepcion, comme dit est. Et aultre, quant le prince ne donne point a congnoistre au peuple le temps et la manière qu'il entend faire en la monnoye, les aucuns, par cautelles ou par aroys, scavent ceste haulse secrètement, et lors ils achètent marchandises pour la foible monnoie les aucuns, et puis après la revendent pour forte ; et ainsi soudainement sont faiz riches, et gaignent trop tost et indeûemenl. contre le naturel cours légitime de marchandise » (i).
Le prince en « profitât » -il réellement, qu'il conviendrait de renoncer à ce profit, pour les inconvénients qui en résultent. Inconvénients d'ordre économique, comme nous avons vu, puisque le gain de monnaie est une façon de « peccuniative infinie» (2), qui va toujours croissant, jusqu'à ce qu'elle mène à l'accaparement par le prince de toute la richesse du royaume. Inconvénients d'ordre politique, puisque tel profit est « abusive exaction et tyrannique », qui révolte les sujets et peut mener le royaume à perdition. C'est donc réellement servir le prince en son intérêt bien entendu, c'est non pas le « dépaupérer » mais lui rendre un utile service, que de lui conseiller de renoncer à un gain malhonnête et illégitime, qui lui ferait perdre Taffection et la loyauté de ses sujets, quoique puissent prétendre « aucuns menteurs, flateurs et faulsaires, traîtres à la chose publique dont aucunes fois viennent granz inconve-
niens » (3).