Ëndemann, Studieîi, 11^ p. i
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Lehrer des Oresmius) (i)y c'est Buridan, et le prototype, à peine démarqué,, du Traité, ce sont ses Questions sur les Ethiques. La question XVII du livre V est le modèle où Oresmc a trouvé toute faite sa théorie des mutations, théorie qu'il s'est contenté de reproduire, en empruntant toutes les idées, quelquefois jusqu'aux termes mêmes (2).
L'accusation est très sérieuse évidemment. Sans doute, M. Kaulla n'a pas, quoi qu'il puisse croire, découvert absolument Buridan, ni même le lien qui rattache cet auteur à la doctrine monétaire d'Oresme. Déjà, en 1869, M. Jourdain^, dans son Mémoire que nous avons eu occasion fréquemment de citer, avait inséré de longs passages des Questions j et il avait relevé expressément à ce moment la similitude des idées avec le Traité d'Ovesme, chez qui il reconnaissait d'ailleurs « en progrès sensible, largement développées, et revêtues cette fois d'une forme systématique, les idées principales énoncées par Buridan » (3). Et depuis, MM. Brantz, Espinas, ont aussi à plusieurs reprises signalé l'antériorité de Buridan, et l'emprunt qu'a dû lui faire la doctrine du Traité (4).
M. Kaulla, évidemment, a apporté dans la question une argumentation plus précise. Il s'est attaché à rapprocher l'un de l'autre, à opposer en quelque sorte verba oerbis la question XVII du livre V des Ethiques et le Traité
1 . Kaulla, Der Lehrer des Oresmius, dans Zeitschrift fur die gesamte Staatswissenschaft, LX (1904), p. 455-462.
*i, Jourdain, /oc. cit., p. 26-3 1. (Il cite uniquement la question XI sur le livre I"*" des Politiques).
3. Buridan, in Politic. 1. I, Q. XI {ed, cit., fol. XV, ro). Il convient de joindre encore la question i3 du livre I®"", detiswns ; la question 21 du livre 111, utmm in pecunia consistent divitiae (ibid., fol. XIX, fol. XLV).
4. Brantz, Théories écon., p. i3-i4, 179-180 ; Espinas, Hist. desdoctr. écon , p. 08- 1^9.
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d*Oresme, et cette confrontation l'a mené à des constatations qu'il juge décisives.
Dans Tun et l'autre texte en effet M. Kaulla relève des similitudes plus qu'ordinaires. Les idées les plus typiques d'Oresme sur la nature de chose du. numéraire, sur son rôle dans la circulation, l'exigence de l'identité de valeur entre le lingot et la monnaie frappée, l'interdiction générale des mutations, l'idée même du droit de la communauté et l'admission de la mutation « propter commune bellum », toutes ces conceptions si caractéristiques du Traité se retrouvent dans la question XVII (i). Dans la forme, le parallèle est plus éloquent encore peut-être ; quand on rapproche, comme l'a fait M. Kaulla, la page de Buridan sur les causes de l'introduction du numéraire (2), ou le développement sur les conditions d'une bonne monnaie et les raisons qui ont fait choisir l'or et l'argent, des passages correspondants du Traité (Z), on aperçoit autre chose qu'une similitude de doctrine : il y a entre les deux ouvrages des rencontres de mots, des phrases entières communes, qui ne peuvent s'expliquer autrement que par l'emprunt direct. Et encore M. Kaulla n'a faitle rapprochement qu'avec les Questions sur les Ethiques. S'il eût eu l'idée de comparer au Traité les Questions sur les Politiques du même Buridan, sa démonstration serait apparue bien plus éclatante encore, car là, dans la question XI du livre I", c'est toute la