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LA LITTÉRATURE ET LA DOCTRINE MONETAIRE AVANT ORESME

Sur ce premier point, les travaux de M. Endemann et de l'école historique ont abouti à un résultat qu'on peut considérer comme définitivement acquis ; il y a avant Oresme une littérature monétaire déjà compacte, et les premiers parrains du Traité avaient eu le tort de le méconnaître. Mais sur le caractère même de cette littérature, les historiens ne sont point d'accord : M. Jourdain, qui l'avait aperçue le premier, la croyait uniquement dérivée de l'influence des idées d'Aristote (i) ; M. Brantz est encore de cet avis, tandis que pour M. Endemann, pour M. Espinas, le mouvement est avant tout dû

I. Jourdain, loc. cit., p. 26; Brantz, Théories éœn., p. 2 ; Contra Espinas, //. doctr, écon., p. 87.

à Pécule canonique, l'inspiration première est avant tout théolo^ique et l'introduction accidentelle des œuvres d'Aristote à la fin du xiii^ siècle n'est venue, comme dit ce dernier, « que greffer des notions nouvelles sur un mouvement déjà commencé » (r).

En réalité, les uns et les autres ont raison, en ce sens que la littérature monétaire antérieure à Oresme n'est point une ; elle est par son origine, complexe et par sa tendance, multiforme. La question monétaire a été agitée â la fois et séparément dans les divers groupes des doctes, et parce qu'il y a au moyen âge trois grandes tendances qui se partagent la pensée, qu'il y a trois grandes sources de science humaine, les canons, la loi romaine et Aristote, la littérature monétaire elle aussi se partage entre trois groupements qui agissent séparément, et qui, parce qu'ils reçoivent de principes distincts leurs notions fondamentales et leur direction, sont arrivés à produire sur le problème un triple courant doctrinal : doctrine monétaire des canonistes, doctrine des romanistes, doctrine de l'école d'Aristote.

§ 1 . - XiOS canonistes

La littérature des canonistes sur la question monétaire ne se présente point à la place où l'on rencontre d'ordinaire leurs théories économiques, et c'est peut-être à cette particularité qu'elle a dû d'échapper aux savantes recherches de M. Jourdain et de beaucoup des historiens modernes des doctrines, accoutumés à chercher au traité de Pœnitentiâ (Décret de Gratien C.XXXIII q.3). les développements économiques de Técole canonique.

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