‹ Nicole OresmeChapitre 189 sur 321 · La Politique d'Aristote, 1. IV, c. 7, fo CXXXII, r · texte numérisé non relu

La Politique d'Aristote, 1. IV, c. 7, fo CXXXII, r

3. La Politique d'Aristote, 1. IV, c. 6, fo GXXX ; c. 7, £• CXXXI.

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que Ion ne deust laisser pour obvier aux périls du bien public ».

Le roi amoureux de science, le savant impatient d'action, étaient faits pour s'entendre et se compléter. L'œuvre du savant sera grande et indispensable. Puisque la science du gouvernement, « telle qu'elle convient à tout seigneur naturel » est tout écrite dans Arislote, il faut que le roi et ses conseillers puissent la lire et l'étudier. Mais le latin dans lequel sont écrites les œuvres politiques est « moult fort à entendre » (i). Le roi, qui certainement « entend bien compétamment son latin » s'aperçoit vite que nombre de choses lui en échappent, « pour la force des termes subtilz (2) ». Il sait aussi que plusieurs parmi ses conseillers ne Font pas « si en usage comme la langue françoise ». De là évidemment est née ridée d'en faire des traductions, que le roi comme son conseil pourront plus facilement entendre que le texte, qui seront même en un sens utilisables pour l'avenir, car le roi en fait expliquer les « forts mots » (3) qui pourraient embarrasser les lecteurs, et il y fait « mettre nouveaulxexemples.. par quoi ise pourront esmouvoir en vertu ses hoirs, qui par aventure n'entendroient le lalin » (4).

C'est ainsi de l'exprès commandement du roi —

1. Les Ethiques d'Arislote, Le prologue du translateur (ed, cit., f° II).

2. Christine de Pisan, Le livre des faiz et bonnes mœurs, !« p. c. VI, el Ill« p.. ch. XII (ed. a^, p. 26). Cf. Raoul de Presle, trad. du Policralique, préface (dans Ms. Sorbonne 526).

3. V. la Table des « forts roots » de Politiques, à la fin de chaque chapitre ou à la fin de Touvrage, suivant les Mss. Des extraits de cette sorte de glossaire français ont été publiés par M. Meu* nier. Essai, pp 161 sq.

4. Christine de P'isan, Le livre des faiz et bonnes mœurs, 1II« part., ch. XI, p. 242. — Cf. Z/^ chemin de longue étude, Ms. V\\ 1 188, P>8i,

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Oresme nous le répète à plusieurs endroits (i) — que fut entreprise la traduction considérable de toute l'œuvre politique d'Aristote, « des Ethiqu(^s, des Politiques et des Yconomiques », et c*est à Oresme, comme le plus en vue des « philosophes politiques » de la cour, que fut réservée, dans la grande entreprise de traductions, l'interprétation de toute cette part de Tœuvre du Maftre. Le toi qui récompensa comme nous savons, fort généreusement la « peine et labeur » du traducteur (2), s*y intéressait au point qu'il avait voulu que le doyen de Rouen « délaissât toutes ses autres œuvres et besognes quelconques » (3) pour y travailler. Il avait si grande hâte de voir terminer le travail, que nous le voyons, dans ses mandements, écrire de sa propre main à Jehan d'Orléans de compter de suite et sans délai, « quelque chevanceque vous en deviez faire » deux cents francs d'or qui ont été promise Oresme (4), intervenir d'autres fois auprès des chanoines de Rouen, pour leur demander, à titre de faveur personnelle, de conserver à leur doyen, malgré qu'il ne puisse actuellement résider, la maison canoniale qu'ils lui avaient réservée à Rouen (r)),afin qu'il pût para-

I. Le prologue des Ethiques commence avec quelque solemnité : c En la confiance de laide Nostre Seigneur Jhesu Crist, du comandenient de très noble et 1res excellent prince Charles Quint de ce nom, par la grâce de Dieu roy de France, Je Nichole Oresme, etc. » (infrà. Appendice D, p. 20).

1, C(..suprà, chap. préliminaire, p. 86.

3. Mandement du 21 mai (i5;f2) eu Tabbaye de Chaaliz, dans L. Delisle, Mandements de Charles F, n** 889, p. 458.

4. Ibidem. Cf. Mandement du 5i août 1374» «^ Vincennes (L. Delisle, Mandements de Charles V, n^ 1061, p. 552).

5. Lettres au chapitre de Rouen, datées du 11 novembre 13^2, au bois de Vincennes, Ref}. capiiulaires de Notre-Dame de Rouen (Arch. S. -Inférieure, G. 21 18). Cf. une délibération du chapitre du 28 août iTtyi : t Fuit concessum domine decano, tam ad suam

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chever en tranquillité ses deux livres de Politiques et Yconomiques^ « lesquelx, dit le roi, nous sont de présent très nécessaires, et pour cause. »

Une fois en possession de Tœuvre d'Aristote, il semble qu'il en ait fait son livre de chevet. L'exem plaire des Ethi^ ques luxueusement copié en iSyô par Raoulet d'Orléans portait, seul des volumes de sa Bibliothèque du Louvre, sa signature autographe (i). Et Christine de Pisan , comme l'auteur du Songe du Vergiet, qui connaisse^ient bien leur prince, nous le montrent « chascun jour faisant lire devant lui d'éthiques et de yconomiques... pour y savoir que appartient au gouvernement de tout seigneur naturel >» (2). Evidemment il croyait de bonne foi, lui et son entourage, être en possession désormais de la vérité politique, qui allait lui permettre de gouverner son royaume a selon raison et philosophie naturelles ».

Ce qu'il y â de plus singulier, c'est que ce projet extraordinaire a reçu au moins un commencement d'exécution. M. Siméon Luce a relevé en ces dernières années le

requestam qaain ad requeslam Régis, quod percipiat fnictus et distributiones suas, usque ad perfectionem libri Politicorum, quod scribit pro praedicto domino rege, nonobstante quod idem dorainus decanus non veniat in capilulo, alioquin nec ad ecclesiam 0 (Reg. capitul. de i565 à i373, aux Arch. Seine-Inférieure, G. 2ii5).

î. Inventaire de Jean le Bègue, de 1411, à la mite de V inventaire de G. Mallet : « Ilem un livre nommé Kthiques, couvert de soie ' blanche et vert à queue... et est signé Charles ». Ce précieux Ms. est aujourd'hui conservé au Muséum Meermann-Westreianum à la Haye, et sur la dernière page, dit M. Delisle, quelques traces de la signature de Charles V sont encore visibles, malgré le grattage à laquelle elle a été soumise. (L. Delisle : Mélange de paléo^ graphie, Paris 1880 in-8<>, p. 265).

2. Le Songe du Vergier, l. I, c. 122 (dans Libertez de TEgUse gallicane, éd. 1781, ï^, t. II, p. i54)-

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curieux essai d^inlroduction du principe aristotélicien de l'élection, en iSGg et en iSyi, dans la désignation du chancelier de France ( i ). Une étude comparée attentive — peut-être un jour pourrons-nous la tenter — des idées politiques exposées par Oresme sous les textes du philosophe, et de la politique générale du roi, montrerait certainement (nous en avons relevé quelques exemples typiques) d'autres circonstances où la Politique d'Aristote a conduit la politique de Charles V (2). Ce que nous voulons retenir pour le moment, c'est que par sa position d'interprète autorisé d'Aristote, Oresme se trouvait être auprès du roi plus qu'un conseiller écouté, une sorte de représentant de la pensée du Maître. Et cette situation privilégiée n'était pas, semble-t-il, sans soulever de vives colères dans le monde des légistes, habituels conseillers de la royauté. L'auteur du Songe du Vergier s'est fait, en une page singulièrem^t piquante, l'interprète du dépit malveillant que ressentaient de cette intrusion dans la politique des « artiens » et des « philosophes moraux », les anciens conseillers juristes nourris dans la pratique directe des affaires. Car c'est

1 . S. Lu ce, L'élection au scrutin de deux chanceliers de France sous Charles V, dans Revue historique, XVI, 95. — M. Daresle avait déjà observé que toute cette littérature d'État est intimement liée h la politique du règne {Hist. de France, II, 352).

2. V., par exemple, sur la nécessité de séparer les fonctions d'administrateur et de comptable (La Politiq. d'Aristote, 1. IV, c. 12, f^ 19, po), à rapprocher des Ordonnances des i3 novembre 1372, A. 3 et 4» 6 décembre 1373, A. 4 et*5 (Ord. V, 537). — De même sur la valeur en France de«? lois romaines (La Politiq., 1. V, c. 25, r<* 203-207) ; sur le séjour des Papes à Avignon (ibid., 1. III, c. 2. f<> 72, vo). — Sur la question alors très agitée entre les interprètes du droit romain de la monarchie universelle, et du droit de l'empereur sur tous les royaumes chrétiens {ibid.j 1. 7, c. 10, P33 à 40), etc., etc.

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Oresme sûrement qui est visé, de la façon ia plus transparente, dans ce passage, c'est lui le « philosophe moral qui scet bien les principes au général de toutes lois et de toutes constitutions, qui scet tous les livres dethiques, deyconomiques, et de politiques et qui appelle les juristes idiots politiques », c'est lui que l'auteur dépité du Songe voudrait voir renvoyer à ses spéculations, et laisser la pratique et gouvernement aux juristes « afin que chascun se teinst en ses terres ». Car, dit-il pour terminer, « les termes et les metes des philosophes est de baillier les principes du gouvernement du peuple, sans en avoir la pratique ni l'exercice ; mais les juristes si en ont la pratique et l'exercice, comme il a esté dict et touchie » (i).

I. Ms. Fr., 7o58, f^gS, v» (cité par P. Paris, Les Mss. fr. de la B%bl,y II, 325). Le passage est assez intéressant pour être rapporté en entier :

c Doncques le principal propos et eslude d'un roy doit estre de bien gouverner son peuple par le conseil des sages, par lesquels je entens principalraent des juristes, c'est assavoir qui sont expers en droit canon et en .droit civil, et es coutumes et constitucions et loix royaulx. Par le conseil desquels doit estre le peuple gouverné et non par les arcienSj jaçoit ce qu'ils aient les principes du gouvernement du peuple, c'est assavoir es livres de éthique:!, yœnomiques, et de poiiiiques. Mais ils ont ces principes et ceste science en gênerai, et il n'en ont pas la praticque ; ne aussi ne le sauroient mettre a efïect... Un philosophe naturel sait bien les principes de médecine, et dire les causes generalment et universalment, mais pourtant il ne sauroit pas guérir un . malade, car il n'en a pas la pralioque. Semblablement, un philosophe moral scet bien les principes en gênerai de toutes lois et de toutes constitutions ; mais pourtant il ne sauroit descendre ne jugier des cas particuliers ; car ce apartient à un juriste ou bon coustumier, qui a le praticque et l'expérience des cas particuliers. Je dy doncque ainsi que le roy ne commect pas volontiers le gouvernement de sa personne au plus sage philosophe naturel

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Cette influence considérable qu'Oresme possédait dans les conseils du roi, et qui soulevait si fort les colères de Tauteur du Songe, évidemment il a dû l'exercer avant tout sur la politique monétaire. La réforme monétaire était Tune de celles auxquelles xVrislote tenait le plus, et c'est « selon les raisons d'Aristote » on le sait, qu'à été composé le Traité.

Les preuves deviennent ici particulièrement nettes. La version française du Traité, qui est la forme dernière de l'œuvre, porte formellement, comme nous savons, dans la Conclusion du Translateur^ la preuve qu'elle a été entreprise pour le prince lui-même (i) ; les termes assez familiers dans lesquels Oresme lui dédie son œuvre, paraissent même faire allusion, dès celte date, à une collaboration antérieure du prince et du philosophe dans l'œuvre de réformation. Le Traité, en tout cas, est une œuvre de tendances pratiques. De plus en plus, dans la suite des remaniements, l'auteur s'inquiète davantage de l'application directe, la tendance s'accuse plus franche vers l'action immédiate. Les questions de mutation par la communauté, de rédemption du prince prisonnier, qui apparaissent dans la nouvelle rédaction, sont

qui soit, aussi ne devroit-il pas commettre le gouvernement de son peuple à un philosophe moral, posé encore que il sceust tous les livres de éthiques, de t/conomiques et de politicques, ja(;oit ce que aulcuns arciens présument tant de soy ; car il leur est bien advis que len leur fait grand tort quand le monde nest gouverné par eulx et par leur conseil, et appellent les juristes ydiots politiques. A tout honneur et révérence des artistes, expérience est maîtresse de toutes choses ; chascun voit par expérience lesquels sont plus ydiots, les juristes ou les artistes, quant a bien conseiller le gouvernement du peuple et quant a bien juger. Je vouldroye donc que chascun se teinst en ses termes ».

I. Traiclie, La conclusion du Translateur, éd. Wolowski, p. LXXXVI,

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des faits actuels, pour lesquels l'auteur trace le plan de la politique à suivre immédiatement.

'Les dates que nous avons pu déterminer pour les divers remaniements du Traité viennent à propos confirmer ces premières inductions. Celle que les anciens historiens avaient fixée et que les historiens des doctrines avaient jusqu'ici généralement acceptée, rendait bien invraisemblable l'influence utile de l'œuvre sur la politiroyale. Mais si le Traité a été composé dès i355, s'il a été remanié successivement aux périodes critiques de l'histoire monétaire de i355 à i36o, s'il a été, comme nous croyons l'avoir établi, arrêté dans sa forme définitive avant la fin de i36o, alors c'est lui qui vérilablemetit précède la réforme monétaire, et l'évolution de la doctrine peut avoir vraiment inspiré et g'uidé l'évolution de la politique royale.

C'est dans les faits d'ailleurs, c'est dans l'histoire de la réforme monétaire en ses moments successifs, que nous devons chercher la trace plus palpable, à chaque instant renouvelée, de l'influence du Traité.

Deux grandes périodes sont à distinguer dans cette histoire : dans la premièri», de la fin de i355 aux derniers jours de i36o, les idées qu'Oresme préconise sont celles des partis d'opposition, elles sont appliquées à regret, imposées au roi Jean ou au dauphin par les Etats et la bourgeoisie mutinée, elles sont poursuivies sans persévérance et abandonnées dès que le pouvoir le peut. Nous aurons donc à y relever, de temps en temps, des mesures conformes aux principes posés par Oresme, nous relèverons même des modifications dans la politique monétaire correspondante l'évolution parallèle de sa doctrine; mais ces périodes de faveur seront coupées de longs intervalles, et de longs retours aux errements anciens, pendant lesquels les idées du traité sont totalement abandonnées.

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Dans la seconde période, au contraire, des derniers jours de i36o à la fin du règne, et au delà pendant quelques années dans le règne de Charles VI, le gouvernement royal est converti, semble-t-il, sincèrement à la réforme ; l'application s'en poursuit sérieusement et persévéramment, avec un loyal désir d'aboutir; on peut, durant de longues années, suivre dans le détail l'application des moindres principes du Traité. On peut, par la longueur de l'expérience poursuivie, en discerner les cfiFels et en apprécier le fort et le faible.

Ces deux périodes d'ailleurs, et cette marche ascendante de l'influence du Traité, se trahissent d'une façon curieuse dans un genre de documents où Ton peut lire en quelque sorte, au jour le jour, le progrès des idées d'Oresme dans la politique royale. Nous voulons parler des préambules des Ordonnances royales.

Ces préambules sont des documents précieux et ils ont été peut-être trop souvent négligés. « Ils contiennent, comme on Fa dit tout récemment dans une formule excellente (i), des enseignements précieux pourl'histoire et la philosophie de l'histoire, en nous faisant connaître les rapports que les princes entretenaient avec la nation, le soin qu'ils avaient de l'opinion publique, ainsi que les raisons, les doctrines, et les sentiments par lesquels ils essaient de justifier leurs décisions ». Nous pouvons ajouter qu'au point de vue de l'histoire économique tout particulièrement ils offrent cet intérêt singulier, de nous faire connaître, souvent mieux que les œuvres doctrinales contemporaines, les principes qui ont guidé la politique économique des princes. Sans doute, pour les

I. Babeau, Les préambules des Ordonnances royales et V opinion publique^ dans Séances et travaux de TAcadéraie des sciences amorales et polilicjiies. Comptes rendus, i8c)6, p. ^9^.

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utiliser, y a-l-il lieu de procéder à un travail préalable de critique; ils sont trop souvent chargés d'une phraséologie traditionnelle et vague, dont il ne faut pas toujours prendre au pied de la lettre les expressions ; mais' aussi, par instants, et sous certains princes particulièrement, on y rencontre des accents qui ne trompent pas, des mots, des idées qui détonent sur la monotonie des formules traditionnelles, qui éclairent toute une évolution de la politique gouvernementale. Les préambules de Charles V sont, à cet égard, d'un intérêt plus grand que bien d'autres; leur style se détache delà forme raide et administrative, il se fait, comme on a remarqué, familier, presque bavard. Il semble par moments que le roi y prenne plaisir à s'eptre tenir avec son peuple, à rendre compte à ses sujets de ses raisons d*agir, « comme un bon père de famille, dit un de ses historiens, prend des arrangements avec ses enfants ».

Au point de vue qui nous occupe particulièrement, les préambules des Ordonnances et des Mandements monétaires de cette période trahissent une évolution des plus sensibles dans les idées et les principes directeurs de la politique monétaire, évolution dont les divers moments correspondent bien nettement aux deux périodes caractérisées dont nous avons distingué l'opposition.

Sous le règne du roi Jean, à l'époque des grandes perturbations financières, les formules des préambules sont on ne peutplus déterminantes: le droit domanial de monnaie s'y affirme, comme nous avons déjà eu occasion de le dire, avec une netteté et une franchise sans égales. « Comme à nous seul, de nostre droit royal appartient faire telles monnoiesqueil nous plaist, et de leur donner pris» (i)...

I. Ordonn. 26 juillet 1356y préambule {Ord, III, 71) ; 30 octobre 1358 {Ord, m, 266), etc.

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— « Gomme pour la délivrance de mon dit Seigneur qui sera brièvement se Dieu plaist, nous ne pouvons bonnement finer, se ce n'est pas le prouffij, et émolument de nos •dites monnaies » (i). — A partir des Etats de i355, avec les tentatives d'une politique financière nouvelle, le langage change déjà. Des idées nouvelles apparaissent : la considération du « prouffit et bien commun de tout le peuple », la notion d'un droit de la communauté sur 1^ réglementation des espèces, le sentiment des « innumerables maux et griefs domages » que les peuples ont soufferts par les mutations (2). Mais l'évolution reste encore imprécise, l'hésitation qui est toujours dans les conseils se trahit dans le style ; les formules varient suivant les inspirations du moment, tantôt inspirées de la réforme, tantôt, comme dans TOrdonnance du 3o octobre i358, violemment réintroductrices du droit domanial (3). La réaction alors est dans les idées et dans les formules, comme elle est dans la politique financière elle-même.

De i36o à i38o au contraire, pendant toute la fin du règne du roi Jean et le règne personnel de Charles V, les idées nouvelles, les maximes du Traité, apparaissent et se développent dans les préambules avec une constante régularité. Depuis rOrdonnance du 5 décembre i36o, dont le préambule porte sur les mutations et leurs déplorables conséquences une condamnation dont les termes rappel-

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