‹ Nicole OresmeChapitre 234 sur 321 · Ord. 3nov · texte numérisé non relu

Ord. 3nov

2. Ord. 22 arril 13t)5 (IV, 545). Avant la mutation de i365, on avait frappé des blancs au titre de 3 d. {Mandement 27 juillet 1364 j IV, 468).

5. Si, à partir de i365, on frappa, comme on peut le voir dane les tables, plus souvent et en plus grande quantité des pièces d'un alliage inférieur, notamment des mailles, ce fut, semble-t-il, à la demande générale de la consommation. Les ordonnances rappellent souvent la « grant nécessité et defiault en nostre peuple de petite et menue monnoie, tant pour cause de aumosne, comme autrement » {Ord. 10 mai 1363, III, 638; 10 ttov. 1365, IV, 398, etc.). On faisait quelquefois des émissions spéciales de petites pièces (c pour les aumosnes de menue monnoie du roy » {Ord. 12 sept. 1373^ V, 641)- 1-*^ tradition de ces frappes spéciales pour Taumônerie se perpétua longtemps. Voy. Ord. 27 avril 1412 (X, 5) et A. de Barthélémy, Essai sur la monnaie parisis, dans Mém. Soc. H. de Paris, II, 168.

suivi par Oresme, monnaie droite, monnaie stable, avait été loyalement visé, et en fait largement atteint ; plus il apparaît que toute la réforme monétaire reproduisait et calquait minutieusement les principes exposés au Traité. Quand on avait, en i36o établi le système monétaire, on l'avait fait sur tous points en suivant les préceptes et sur les bases mêmes qu*Oresme avait posées : en établissant une échelle régulière de pièces, en donnant comme il le demandait à la monnaie la valeur du métal, en frappant les pièces hautes dans le métal pur, en excluant complètement le billon fiduciaire, en ajustant rationnellement, et suivant le rapport par lui-même fixé, les deux métaux précieux. Et celte réforme une fois faite, on avait, comme il le voulait, et comme il l'avait tant réclamé, gardé scrupuleusement la stabilité du système établi. Une seule fois, dans les conditions mêmes où il admettait qu'une mutation pouvait devenir nécessaire, on avait^ in casu neces^ sitatis^ à cause de la hausse réelle des métaux, mué les espèces établies; et cette seule mutation, qu'on avait dû faire en 1365^ on l'avait conduite justement dans les limites et suivant les règles qu'il avait expressément dégagées au Traité, en excluant les mutations de titre et de valeur légale, en excluant les mutations composées, qu'il avait spécialement prohibées, en ne recourant qu'à la mutation du poids, la plus honnête, comme il l'estimait, parce que la plus loyale et la plus m apercevante ». Partout et en tout, dans cette réforme, dans l'application des principes comme dans l'exception, c'est rimitation fidèle du Traité que nous retrouvons, c^st la mise en pratique directe de ses idées que nous rencontrons. Est-il si téméraire maintenant de croire, à l'influence directe, d'affirmer, comme nous Tavons dû faire iiès Tabord, que la politique du roi n'a été que l'application et la mise en œuvre de la doctrine de l'Economiste ?

Page 1