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En Italie, comme Tobserve L. Cibrario {Economie poUt, au

roemenl graves, et les pratiques monëtaires fondées sur le droit du prince se sont soldées incontestablement par des désastres économiques inadmissibles. La raison est que la conception monétaire fonctionne maintenant hors de son cadre, que les conditions économiques sont changées du tout au tout, en même temps que, par une coïncidence malencontreuse, les princes malavisés se mettent à abuser des opérations sur le numéraire avec une fréquence jusque-là inconnue (i).

Les conditions économiques ont, disons-nous, changé du tout au tout. La société du xiv^ siècle est organisée, sur des bases qui ne sont pas celles du haut moyen âge ; le régime d'économie restreinte et de Naturalivirthschafty qui a été celui des siècles précédents, fait place à un régime d'économie commerciale et de large expansion (2).

C'est cette date en effet,findu xin« et commencement du xiv^*, que l'activité économique, brisant le cadre étroit de la seigneurie, se répand au dehors, et se donne presque aussitôt un large champ d^action dans le royaume et hors du royaume. A cette date commencent à se dessi-

M. A, Introduction, p. xvii), Tcxtension du coramerce inspira de meilleure heure des idées nouvelles. Faut-il y voir la cause originaire de la construction remarquable de Bartole, dont nous aurons bientôt occasion de parler ?

I. M. Espinas lui-môme, à un mot près, que nous croyons historiquement inadmissible, serait d'accord avec nous sur ce point : c Un moment vint où les doctrines antiéconomiques (?) perdirent de leur vertu, parce que l'état social, pour lequel elles étaient faites, avait changé. Il fallut alors qu'elles se transformassent elles-mêmes, opération d'autant plus difficile qu'elles étaient devenues des préceptes » (//. des doct. économiq.^ p. 91},

1, Lamprecht, Etudes sur Fêtai économique de la France, irad. Marignan, p. 1^5 ; Cf. d'Avenel, : H ist, économique de la propriété', 1,65.

ner de grands Etats européens: à la place de la poussière de seigneuries qui forme l'Europe chrétienne du x* siècle, un nombre restreint de grandes monarchies s'élève/ entre lesquelles presque aussitôt un actif courant d'affaires s'établit. A l'intérieur de ces Etats mieuxipolicés, dans la tranquillité et la sécurité plus grandes, dans la prospérité nouvelle des villes, une industrie naît, qui bientôt, produisant plus qu'il ne faut pour alimenter le marché local, cherche au dçhors des débouchés (i). La fin du XIII® siècle voit ainsi naître en même temps le commerce, commerce interseigneurial d'abord, puis commerce international, pour lequel de grands centres se créent, où affluent les marchands des contrées voisines en premier lieu, bientôt ceux des pays plus lointains. La France, qui est entrée assez tard dans le mouvement, s'y trouve engagée résolument au début du xiv* siècle.

Mais par là même, par suite de cette renaissance du commerce, bientôt du crédit et des banques, le rôle de la Dionnaie se trouve d'un coup démesurément amplifié. Les transactions de cette circulation nouvelle, qui exige des déplacements lointains, ne se font plus en nature, mais en argent. De simple mesure locale, d'instrument dans le cadre étroit de la seigneurie, la monnaie se trouve promue, dans le commerce élargi, au rôle d'objet direct des transactions, de marchandise, d'objet de change (2); elle commence en même temps, jouant le rôle nouveau de- capital, à être emmagasinée pour elle-même, à

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