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L. Gibrario, U économie politique au M. A

CONCEPTION FÉODALE bk LA MONNAIB 16^

entreprise... se par nostre demaine des monnoiés n'y estoit bonnement pourveu » (i).

Par suite, les altérations^ les mutations des monnaies, se succèdent^ non plus, comme aux premiers siècles, à intervalles éloignés, deux ou trois fois dans un règne ; mais annuellement, mensuellement. On a compté une dizaine de mutations sous Philippe le Bel, on en peut trouver 24 sous Philippe de Valois en treize années, 71 sous le roi Jean en 9 ans, dont 22 dans Tespace de quelques mois. L'aloi des espèces descend ou se relève dans des proportions vertigineuses; le titre des gros tournois qui était de 12 deniers sous saint Louis^ est descendu à 9 deniers sous Philippe le Bel ; il varie de 12 a 10 et 8 deniers sous Philippe de Valois, il tombe jusqu'à 3 deniers et au-dessous sous le roi Jean. En quinxe jours, sous ce dernier prince, le prix de la livre déduit des espèces d'argent, passe de 8 fr. 63 à i fr. 73 (2). C'est la folie du système.

Folie cette fois infiniment dommageable, et infiniment pernicieuse. Car maintenant que la monnaie est vrai-^ ment marchandise, qu'elle sert directement aux paiements, maintenant qu'il y a un commerce, un change, des paiements à terme, il faudrait une monnaie droite, une monnaie stable pour que les transactions pussent s'accomplir en justiëe ; et avec les altérations et les mutations désordonnées des princes, naturellement des troubles inouïs se produisent.

Alors, en effet, se produisent vraiment tous les inconvénients que signalent les historiens et les économistes, et dont le tableau ne saurait probablement être poussé

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