‹ Nicole OresmeChapitre 65 sur 321 · Tr. : Prologuey p. 92 — fr. II · texte numérisé non relu

Tr. : Prologuey p. 92 — fr. II

186 LA DOCTRINE d'oRESME

numéraire. La monnaie est-elle une chose naturelle, ou bien est-elle d'invention humaine? Et dans ce cas, par qui et dans quel but a-l-elle été inventée ? Ces deux questions connexes d'origine et de fin, de cause efficiente, dirions-nous, et de cause finale, vont donner à Oresme la base expérimentale de sa construction théorique.

Donc, Oresme recherche Torigine de la monnaie. Sans doute, il remonte pour delà un peu haut peut-être, quand pour établir l'antiquité de rechange, il le rattache à la dispersion des fils d'Adam (i). Mais en réalité, sauf cette biblique réminiscence, il a observé avec beaucoup de justesse les deux causes qui dès le début de la civilisation, l'ont rendu nécessaire : d'une part l'inégale répartition des produits n^iureh{una reffio superhabnndavit in unoj et déficit in alio) (2) et bientôt d'autre part l'application de là division du travail. Par l'introduction de cette loi économique en effet, il arrive nécessairement, comme Oresme l'observe, que dans une même société civile, certains individus ont en abondance justementles produits qui manquent aux autres ; le pâtre a des brebis plus qu'il ne lui en faut, et il manque de pain ; et l'agriculteur inversement (3). Les hommes ont donc été naturellement amenés à échanger leurs produits, et à se faire « aide les ungs aux autres par comutacion de richesses naturelles » (4j.

, L'échange primitif, c'est en effet le troc des produits naturels, forme inférieure à laquelle en sont restés encore, comme le rappelle Oresme dans la gloses des Ethiques^

i. Tr.:c. 1, p. 93-fr. Vm.

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