Tr., c. 4, p. 99= fr. XVIIl
2. Tr.,c. 19, p. I21 =fr. LVll;c. 8, p. io3 = fr. XXVI. Cf. Ethiq., 1. V, c. II, Texte. « Toutefois la monnoie veullet doit plus demeurer en equalite » (f<> L, v®).
LA DOCTRINE D^OaESMË 196
plus haute conséquence dans la pratique. Car de celte conception nouvelle dans les qualités du numéraire, de celle exigence nouvelle dans le choix de la matière monnayable, il ne sortira rien moins que la condamnation de toute l'ancienne pratique domaniale.
Toutes les qualités ainsi requises se rencontrent, remarque Oresme, dans un certain nombre de matières que Tusage a de longtemps fait adopter comme monnaie. Oresme a vu parfaitement, il a exprimé non moins heureusement, les raisons qui ont fait préférer à d'autres l'emploi des métaux précieux. Le choix qui en fut fait, remarque-t-il justement, n'a point été absolument, comme Aristote voudrait nous le faire croire, le résultat d'une convention arbitraire : ce choix s'imposait aux hommes en quelque sorte, par les avantages particuliers qu'il offrait. « Et aussy est-il aucune matière, qui est de sa nature plus propre à faire monnoie que une autre »(i).
L'or et l'argent en effet, répondent merveilleusement à la première des conditions que nous avons exigées. « Hœc enim metalla sunt ad monetam aptissima » (2). Précieux et rares, sans être pour cela introuvables (3), ils ont par eux-mêmes une valeur considérable, valeur condensée sous un petit volume, et par suite conviennent fort bien aux transports lointains (faciliter manibus allrectabile... et leviter portabile). — D'autre part, leur remarquable homogénéité, la facilité de les obtenir à un degré de pureté presque absolue, la propriété qu'ils offrent d'être presque indéfiniment divisibles en gardant leur valeur proportionnelle, (parce que, avec les parcelles, si petites soient-elles, on peut refaire idenli-