‹ Nicole OresmeChapitre 72 sur 321 · Tr., c. 2, p. 95 = fr. XI · texte numérisé non relu

Tr., c. 2, p. 95 = fr. XI

196 LA DOCTRINE d'oRESME

quement. et sans trop de coût (i), la masse primilîve), tout cela répond parfaitement aux 2** et 3* conditions^ et leur permet de se plier commodément à toutes les exigences du commerce.

Beaucoup d'autres objets répondraient en réalité à quelques-unes des conditions précitées, qui pourtant ne les réunissent point toutes {non omnis res pretiosa apta est ut fiât numisma (2). Les pierres précieuses, le verre, les épices, Oresme le remarque avec raison, ont une « préciosité » plus grande quelquefois, et en ce sens condenseraient mieux la valeur. Mais on est loin de les rencontrer en quantité suffisante, ou bien ils se corrompent rapidement, ou bien la fragmentation anéantit presque leur valeur; ils ne se prêtent point non plus à recevoir l'empreinte nécessaire (3) et pour toutes ces raisons ils sont loin de convenir aussi bien aux besoins de l'échange.

Pourtant, Oresme Ta bien vu aussi, les métaux précieux ne sont pas non plus sans, défaut. Ils répondent surtout d'une façon fort imparfaite à la dernière des conditions posées, celle de garder dans le temps une valeur inïmuable. Sans doute leur remarquable propriété de conservation, leur durée quasi indéfinie, sont des qualités qu'on ne saurait trop apprécier; pourtant « il est de monnoie aucunefois comme des autres choses, car elle n'est pas toujours equale » (4). De même que les autres

1 . • Que tel instrument fust apte et convenable a traictier » (Tr., c. 2, p. II).

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