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LA DOCTBINE D^ORESME 199
valeur ne devront jamais être artificielles, jamais subordonnées à la cupidité ou au caprice des princes : la monnaie est une chose qui doit rester a estable » — qui « veult et doit plus demeurer en equalite » ( r).
Lechoix fait des métaux précieux comme monnaie a permis dans la suite un nouveau et définitif perfectionnement. La monnaie primitive restait toujours une marchandise comme une autre, déterminée seulement par sa quantité et par sonpoids. Il fallait, à chaque fois, la peser et l'essayer (Necdum erat in eâ aliqua impressio, vel ymago, sed una portio aeris vel argenti dabatur pro penâvelcibo,quaequidem meusurabatur ad pondus » (2). La preuve en est, remarque ingénieusement Oresme, que les noms mêmes de nos monnaies ont été originairement des noms de poids et de mesure « sicome sont sicle et sont livre, denier, maille et plusieurs autres, lesquels recite Cassiodore à ce propos, et dit que telz noms qui signifient nombre et poix furent imposez et attribuez à monnoye par très grant et excellent mistere, et qu'ilz contiennent et représentent et figurent grans secretz de nature » (3).
Pourtant cette obligation de recourir perpétuellement à la balâince et à l'essai du métal était en pratique singulièrement gênante,«ennuyabie et empeschable chose», (taediosum erat ita crebro ad trutinam recurrere) (4). Elle dut le paraître de plus en plus, avec le développement croissant du commerce. On imagina donc « affin que les gens fussent hors du labeur de mesurer et peser la mon-
1 . Elhiq.,1. V, c. 11, Texte, f° L, v** ; Tr., c. 19, p. ni = fr. LVII.