‹ Nicole OresmeChapitre 83 sur 321 · ibidem · texte numérisé non relu

ibidem

4. Vuitry» Eludes sur le régime financier de la France, i* s, t. II, p. 33o ; Gunninghara, The growth of english industry, p. 327.

5. C'est ainsi que M. Gh. Benoist interprèle à cet endroit le Traité : « Le prince n'agit en seigneur monnayer que pour éviter les discussions et prévenir les troubles, comme gardien du lien social, comme fondé de pouvoir de la société » (Gh. Benoist, La politique de Charles V, p gS). Gf. aussi Gunninghanj, op. cit..

LA DOCTRINE d'oHESME 211

monetam fabricare et eam congrua impressions signare)[ f). Et ceci même est en opposition absolue avec le droit féodal de monnaie. Remarquons encore, que par une conséquence logique, Oresme, qui reconnaît le droit de frappe au prince, souverain de la communauté, ne l'admet aucunement pour les vassaux de sa terre, en faveur desquels on ne peut plus arguer de la même délégation. Fussent-ils en possession de ce prétendu droit par privilège ancien ou par usage, cela ne l'arrête point du tout : il ne saurait y avoir qu'une monnaie sur le territoire, comme il n'y a qu'une communauté, et toute prétention contraire pourra, dit une addition du texte français, et devra être combattue « par bataille » (2).

II. — Très ferme sur ce premier point, Oresme est beaucoup moins net sur la question de Vémission. Car de ce que le prince seul a le droit de fabriquer la monnaie, et d y mettre au nom de la communauté l'empreinte officielle, il ne s'ensuit pas nécessairement qu'il ait seul ^ le droit d'émission. Dans nos sociétés modernes, où le droit de frappe est réservé à TEtat, en général l'émission reste libre : chaque particulier a le droit de porter à la Monnaie les lingots qu'il possède pour les faire transformer en numéraire, de sorte que c'est l'offre du public qui règle la quantité frappée. Au moyen âge, au contraire, le système couramment adopté, comme nous savons, avait été celui du monopole : seul le prince pouvailémettre la monnaie, quand il voulait, et dans la quantité qu'il lui plaisait; le marché du métal n'influait donc pas nécessairement sur l'émission du numéraire (3).

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