SCENE PREMIERE
PRUSIAS > ARSINOÉ, ARASTE.
IPaites venir le Prince, Araspe. .i
( Araspe sort. )
Et vous , Madame ,
Retenez des soupirs dont vous me percez Paine.
Quel besoin d’accabler mon coeur de vos douleurs , Quand vous y pouvez tout sans le secours des pleurs ? Quel besoin que ces pleurs prennent votre défense i Douté-jc de son crime, ou de votre innocence ?
Et reconnoissez-vous que tout ce qu’il m’a dit Par quelque impression ébranle mon esprit ?
ARSINOÉ
Ah! Seigneur, est-il rien qui répare l’injure Que fait à l’innocence un moment d’imposture ?
Et peut-on voir mensonge assez tôt avorté ,
Pour rendre à la vertu toute sa "pureté ?
11 en reste toujours quelque indigne mémoire ,
Qui porte une souillure à la . plus haute gloire. Combien dans votre Cour est-il de médisant !
Combien le Prince a-t-il d’aveugles partisans ,
Qui, sachant une fois qu’on m’a calomniée.
Croiront que votre amour m’a seul justifiée 1 Et si la moindre tache en demeure à mon nom ,
Si le moindre du peuple en conserve un soupçon , Suis-je digne de vous ? et de telles alarmes Touchent-elles tiop peu pour mériter mes larmes ?
Ah ! c’est trop de scrupule , et trop mal présumes D’un mari qui vous aime , et qui vous doit aimer. Ea gloire est plus solide apres la calomnie ,
Et brille d’autant mieux qu’elle s’en vit ternie.... Mais voici Nicomcdc , et je veux qu’aujourd’hui....