T II A M I R E
Il est peu de respects qui ressemblent au vôtre ,
S’il ne sait que trouver des raisons pour un autre ;
Et je préfcrcrois un peu d’emportement ,
Aux plus humbles dcvo ; rs d’un tel accablement. Sertorius.
Il n’en est rien parti capable de me nuire ,
Qu’un soupir échappé ne dût soudain détruire»
Mais la Reine, sensible à de nouveaux désirs,
Entendoit mes raisons, et non pas mes soupirs.
Seigneur, quand un Romain , quand un héros soupire» Nous n’entendons pas bien ce qu’un soupir veut dire i Et je vous serviroisde meilleur truchement.
Si vous vous expliquiez un peu plus clairement.
Je sais qu’en ce climat , que vous nommez barbare % L’amour par un soupir quelquefois se déclare i Mais la gloire * qui fait toutes vos passions ,
Vous met trop au-dessus «le ces impressions:
De tels désirs, trop bas pour lcsgrandscœursdeRomc....
SlRTORIÏS.
Ah ! pour être Romain , je n’cn suis pas moins homme. J’aime, et peut-être plusqu’on n’a jamais aimés Malgré mon âge et moi, mon cœur s’est enflammé.
J’ai cru pouvoir me vaincre , et toute mon adresse , Dans mes plus grartds efforts , m’a fait voir ma foiblesse ;
Ceux de la politique , et ceux de l’amitie ,
M’ont mis en un état à me faire pitié :
J e souvenir m’en tue , et ma vie incertaine Dépend d’un peu d’espoir que j’attends de la Reine ,
Si toutefois. . .
Seigneur , elle a de la bonté;
Maïs je vois son esprit fortement irrité.
Et si vous m’ordonnex de vous parler sans feindre , Vous pouvez espérer, mais vous avez à craindre:
X’y perdez point de tems , et ne négligez rien.
C’est peut-être un dessein mal ferme que le sien...
La voici. Profitez des avis qu’on vous donne ,
Et gardez bien sur-tout qu’elle ne m’en soupçonne*
-•JU.lt." r-
,g SERTORIUS, SCENE IL