‹ Nicomede tragedie de P. CorneilleChapitre 61 sur 116 · T II A M I R E · texte numérisé non relu

T II A M I R E

Il est peu de respects qui ressemblent au vôtre ,

S’il ne sait que trouver des raisons pour un autre ;

Et je préfcrcrois un peu d’emportement ,

Aux plus humbles dcvo ; rs d’un tel accablement. Sertorius.

Il n’en est rien parti capable de me nuire ,

Qu’un soupir échappé ne dût soudain détruire»

Mais la Reine, sensible à de nouveaux désirs,

Entendoit mes raisons, et non pas mes soupirs.

Seigneur, quand un Romain , quand un héros soupire» Nous n’entendons pas bien ce qu’un soupir veut dire i Et je vous serviroisde meilleur truchement.

Si vous vous expliquiez un peu plus clairement.

Je sais qu’en ce climat , que vous nommez barbare % L’amour par un soupir quelquefois se déclare i Mais la gloire * qui fait toutes vos passions ,

Vous met trop au-dessus «le ces impressions:

De tels désirs, trop bas pour lcsgrandscœursdeRomc....

SlRTORIÏS.

Ah ! pour être Romain , je n’cn suis pas moins homme. J’aime, et peut-être plusqu’on n’a jamais aimés Malgré mon âge et moi, mon cœur s’est enflammé.

J’ai cru pouvoir me vaincre , et toute mon adresse , Dans mes plus grartds efforts , m’a fait voir ma foiblesse ;

Ceux de la politique , et ceux de l’amitie ,

M’ont mis en un état à me faire pitié :

J e souvenir m’en tue , et ma vie incertaine Dépend d’un peu d’espoir que j’attends de la Reine ,

Si toutefois. . .

Seigneur , elle a de la bonté;

Maïs je vois son esprit fortement irrité.

Et si vous m’ordonnex de vous parler sans feindre , Vous pouvez espérer, mais vous avez à craindre:

X’y perdez point de tems , et ne négligez rien.

C’est peut-être un dessein mal ferme que le sien...

La voici. Profitez des avis qu’on vous donne ,

Et gardez bien sur-tout qu’elle ne m’en soupçonne*

-•JU.lt." r-

,g SERTORIUS, SCENE IL

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