PERPENNA, AUFIDE, SERTORIUS
Perpenna, à Aufide.
ÜJ^ieux , qui peut faire ainsi disparoître la Reine? AUFIDE à Perpenna ,
Lui-meme a quelque chose en l’amc qui le gêne , Seigneur ; et notre abord le rend tout interdit.
Sertorius.
De Pompée en ces lieux savez-vous ce qu’on dit ? L’avez-vous mis fort loin au-delà de la porte?
Perpenna.
Comme assez près des murs il avoitson escorte.
Je me suis dispensé de le mettre plus loin.
Mais de votre secours , Seigneur, j’ai grand besoin ; Tout son visage montre une fierté si haute. . . . Sertorius.
Nous n’avons rien conclu; mais ce n’est pas ma faute. Et vous savez. . .
Perpenna.
Je sais qu’en de pareils débats,...
Sertorius.
Je n’ai point cru devoir mettre les armes bas ;
Il n’est pas encor tems.
Perpenna.
Continuez, Je grâce,
21 n’est pas encor tems que l’amitié sc lasse.
tragédie; <fr
SERTOUÏS.
Votre intérêt m’arrête autant comme le mien :
Si je m’en trouvois mal , vous ne seriez pas bien. Perpenna.
De vrai , sans votre appui je serois fort à plaindre ; Mais je ne vois pour vous aucun sujet de craindre. Sertorius.
Je serois le premier dont on seroit jaloux *,
Mais er suite le sort pourroit tomber sur vous.
Le Tyran , après moi , vous craint plus qu'aucun autre. Et ma tête abattue cbranleroit la vôtre.
Nous ferons bien tous deux d’attendre plus d’un an. Perpenna.
Que parlez-vous , Seigneur , de tête et de Tyran ? Sertorius.
Je parle de Sylla ; vous le devez connoître.
Perpenna.
Et je parlois des feux que la Reine a fait naître.
Nos esprits étoient donc également distraits :
Tout le mien s’attachoit aux périls de la paix;
Et je vous demandois quel bruit fait par la ville De Pompée et de moi l’entretien inütSé ii;t Vous le saurez , Aufide !
A ne rien déguiser.
Seigneur , ceux de sà suite en ont su mal user ;
J’en crains parmi le peuple un insolent murmure.
Us ont dit que Sylla quitte sa dictature ,
Que vous seul refusez les douceurs de la paix»