F L A VIE
J’en doute , et rarement une flamme si forte Souffre qu’à notre gré ses ardeurs.,..
Que t’importe f
I^isse-m’en le hasard, et, sans dissimuler.
Dis de quelle manière il a su lui parler.
ÏLAVlï.
N’imputez donc qu’à vous si votre ame inquiété En ressent, malgré moi, quelque gêne secrete.
Othon à la Princesse a fait un compliment ,
Plus en homme de Cour qu’en véritable amant.
Son éloquence accortc , enchaînant avec grâce L’excuse du silence à celle de l’audace ,
En termes trop choisis accusoit le respect D’avoir tant retardé cet hommage suspect.
Scs gestes concertés , ses regards de mesure ,
N’y laissoient aucun mot aller à l’aventure -,
On ne voyoit que pompe en tout ce qu’il peignoit : Jusques dans ses soupirs la justesse régnoit.
Et suivoit pas à pas un effort de mémoire.
Qu’il étoit plus aisé d’admirer que de croire.
Camille sembloit même assez de cet avis :
Elle aurait mieux goûté des discours moins suivis.
Je l’ai vu dans scs yeux, mais cette défiance
A voit avec son cœur trop peu d’intelligence.
De ccs justes soupçons ses souhaits indignés ,
Les ont tout aussi-tc.t détruits ou dédaignés :
Elle a voulu tout croire ; et quelque retenue Qu’ait su garder l’amour dont elle est prévenue. On a vu par ce peu qu’il laissoit échapper ,
Qu’elle prenoit plaisir à se laisser tromper ,
Et que si quclqucfo : s l’horreur de la contrainte Forçoit le triste Otl.on à soupirer sans feinte. Soudain l’avidité de régner sur son cœur Iinputoit à l’amour ces soupirs de douleur.
Et sa réponse , enfin }
Elle a paru civile ;
Mais la civilité n’est qu’amour en Camille ,
Comme en Othon l’amour n’est que civilité.
F.t n’a-t-elle rien dit de sa légéreté ?
Hicn de la foi qu’il semble avoir si mal gardée ?
Elle a su rejetter cette fâcheuse idée ,
Et n’a pas témoigné qu’elle sût seulement Qu’on l’eût vu pour vos yeux soupiter un moment. P L A U T I N E.
Mais qu’a-t-ellc promis ?