VIT
Achat de livres. Lettre à la sœur d’Abel. Solitude et gène.
Keilhau était sur le point d'obtenir une position à l'Université, comme «lecteur » de géologie. Il s'était donc mis en route en prenant pour revenir par le Havre et par la voie de mer. Trois jours après son départ de Paris (qui eut lieu le 16 octobre), il s'embarqua, avec les objets qu'il rapportait du Tyrol et de l'Italie, pour Arendal, ville maritime située sur la côle méridionale de la Norvège. De là, il devait continuer sa route sur Christiania.
Abel profita naturellement de la «bonne occasion » pour renouveler ses envois en Norvège, si commodes par la voie de mer. À son arrivée à Trieste, il en avait déjà fait un premier. Maintenant que son ami partait, il expédia bon nombre de livres de mathématiques et les adressa à Holmboe, exprimant le désir de partage avec lui «le contenu du grand coffre rouge, avec son inventorium ». Nous avons vu, en effet, qu'il nourrissait depuis longtemps un projet d'achat de livres, mais qu'il était obligé de chercher quelqu'un qui partageât avec lui une dépense trop forte pour ses moyens. C'était sur Holmboe qu'il comptait principalement alors.
Il avait acheté, disait-il, ce qu'il croyait qu'on ne possédait pas en Norvège. Au printemps il comptait envoyer le surplus.
Parmi ces livres, on remarque le cinquième tome de la Mécanique céleste. Ge tome était destiné à Hansteen, qui s'était déjà procuré les quatre premiers.
«La Mécanique céleste est donc finie! » dit Abel. « Gelui qui a écrit un pareil livre peut faire avec plaisir un retour sur sa vie scientifique. »
Legendre avait imprimé un remaniement de ses Exercices.