‹ Niger et Bénué: voyage dans l'Afrique centraleChapitre 107 sur 145 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

ditd*un coin du paradis terrestre I Pour les antilopes qui y détalent à fond de train, pour les buffles, pour les singes, c'en est littéralement un. Aussi y abondent-ils, de même que les tourterelles et les oiseaux de tous genres. La nature y a. libéralement pourvu à leurs besoins. Au centre du plateau sourd une eau limpide qui forme abreuvoir et glisse en murmurant à travers les herbes qu'elle arrose. Cest dans cet Éden que jadis s'élevait le village de Lokojà, dont çà et là j'observai des restes.

Lorsque je descendis du mont Pattèh, le soleil déclinait à l'horizon. L'évèque du Niger m'attendait. Tout dans sa demeure respire l'austérité et la simplicité : c'est un ermitage dont il est le cénobite. Mais son hospitalité n'en est que plus charmante et plus précieuse, et je n'aurais pas échangé son modeste diner contre le festin le plus copieux.

Après le repas, nous causâmes. A mon tour, j'interrogeai le digne vieillard. Je brûlais du désir de connaître les étranges péripéties par où avait passé ce noir enfant de l'Afrique, avant de parvenir à la dignité d'évèque chrétien. Sa vie est comme un roman, toute pleine de souffrances, de luttes, de joies et de courageux eflforts, et sûrement on ne me reprochera pas de l'avoir brièvement retracée ici.

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