CHAPITRE XIII
mande de vivre en paix avec nos semblables, de nous aimer les uns les autres, el , à ce prix , iLnous promet d*être au milieu de nous. Aussi, ce qu'avant tout, moi qui suis son ministre, je réclame de toi, ce que j^exige avant de bâtir dans ta capitale une maison de Dieu, c'est que tu fasses régner la paix dans tes États, afin que toujours nous y soyons respectés.
— Mais Allah et Tshuku , interrompit le roi , ne défendent point la guerre.
— Écoute, lui dis-je alors. Nous possédons, ô roi , des richesses qui peuvent faire ton bonheur et celui de ton peuple. Jage de notre pouvoir : avec nos vaisseaux nous fendons Teau des fleuves plus vite que ton cheval, en galopant, ne franchit Tespace; nous pouvons ainsi t'apporter de riches et belles étoffes pour te vêtir, des armes excellentes pour chasser les animaux dont tu te nourris et te défendre contre les bêtes féroces; du sel^ qui t*est indispensable; du fer, du cuivre. Nous sommes à même de te construire des demeures où jamais Teau ne pénètre, où tu seras à Tabri du soleil et de Touragan; tout ce que tu peux souhaiter, nous te le pouvons donner
— Eh bien, fit le roi, amène-moi tout cela, et je te donnerai en échange des ivoires, de For et des huiles de palme que les hommes blancs recherchent tant.
— Oui, répliqnai-je , nous somme»^ tout disposés à Cacheter les produits de ton pays; mais avant que d'y venir, il nous faut, ô roi, la certitude de n'être point pilles ni molestés par tes sujets ou par tes voisins. Comment Taurions-nous, alors qu'ici nous ne sommes témoins que de rapines et de massacres? Si véritablement tu souhaites commercer avec nous, eh bien, commence par mettre un terme à ces guerres incessantes.
— Je ne le puis!
— Tu es le maître !
— Mon père eût fait la guerre comme moi.
— Il nous eût écoutés!
— Impossible! il me faut d'abord exterminer mes ennemis.
— Alors , dit M. Ashcroft , nous nous en irons , et pour ne plus revenir.
— Et, continua Tévêque, ton père, du fond de sa tombe, apprendra que son fils a rendu impossible raccomplissement de ma promesse.
— £t, dis-je enfin, nous irons offrir à d'autres nos trésors... Adieu, roi Kpanaki!
— Attends, homme blanc, fit-il. Attends encore. Je veux assembler mon conseil, et lui proposer de faire la paix. «
J'observais attentivement la physionomie des chefs groupés autour du roi, et, un instant, il me parut qu'eux aussi ils opinaient pour la fin des hos-
Itâi^^irfÉ^..-